15 septembre 2017 (M)

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Mathieu – 50

Andy dort encore. Je regarde son visage à peine dévoilé par la couverture. Il y a quelque chose d'angélique chez lui. Quelque chose de rassurant. Je lui ai tellement fait endurer. C'est indigne de lui. Notre rencontre, la présence de Nathan, mon passé remontant à la surface, mes hésitations, l'agression...

Après une rapide vérification avec le médecin, j'ai décidé de partir en voyage avec lui. Je voulais que nous prenions le temps de nous retrouver. C'était indispensable. Le soleil qui baigne notre chambre d'hôtel est australien, tandis que des reflets de l'Opéra de Sydney viennent lui donner une couleur particulière.

Je regarde cet homme, paisiblement endormi, reposé, confiant. Je le regarde et je l'envie, parce qu'il sait se détendre, se défaire de la pression, profiter de ce que nous vivons ensemble. Son âme d'enfant transparaît à chaque sortie dans la rue, tandis que nous découvrons une culture que j'imaginais plus proche de la nôtre.

Il m'aime, il me l'a redit hier soir. Et avant-hier aussi. Chaque jour qui passe, j'entends ce ronronnement romantique. A chaque fois, je ne peux m'empêcher d'embrasser son nez puis ses lèvres avant de lui répondre que moi aussi. Je suis assurément dépendant de lui, dépendant de son odeur, de la douceur de sa peau, de la rondeur de son fessier, de la tendresse dont il fait preuve, de la couleur de ses yeux.

Je ne peux m'empêcher, malgré l'heure encore précoce, de venir poser mes doigts sur ses joues, dans ses cheveux. Je ne voudrais pas le réveiller pourtant, j'aime tant que le sommeil prend possession de lui. C'est le seul dont je ne serais pas jaloux, parce qu'il me le rend encore plus beau, plus virevoltant, plus énergique.

Malgré moi, un ongle vient se heurter à son nez et le fait frémir. Je vois sa tension oculaire évoluer, et ses paupières commencent à bouger. Je l'ai réveillé. Je m'en veux. Mais pas trop longtemps. Parce qu'ainsi il est de nouveau à moi. Parce qu'ainsi, nous allons pouvoir faire l'amour.

Et comme si Andy lisait dans mes pensées, ses mains viennent caresser les parties les plus sensibles de mon corps. Evidemment, forcément, je ne manque pas de réagir. Mais je ne bouge pas. Non, c'est mon homme qui prend possession de mon corps, qui me caresse, qui joue avec mes membres, qui dirige. Il s'installe sur moi, et décide. Moi aussi, je suis à lui.

Dans ces moments-là, je perds complètement pied. Je perds tout sens du temps, de l'espace, de la notion même de séparation, d'écart, de différence. Dans ces moments-là, Andy et moi ne sommes plus qu'une seule énergie fusionnée, une seule âme amalgamée, un seul corps aux plaisirs connectés.

Nos peaux ne sont plus des barrières, ce sont des terrains de jeu sur lesquels nous laissons aller nos envies, nos pulsions, nos désirs, notre amour. Je n'y croyais plus. Je ne pensais pas que ne serait-ce une fois je pourrais de nouveau vivre. Ne serait-ce que pour cela, je lui serai éternellement reconnaissant. Et rien que pour cela, seulement pour cela, je pourrais remettre en jeu tout ce que j'ai, tout ce que je suis, tout ce que je fais. Uniquement pour que ces yeux-là continuent de se poser sur moi.

Suprême Mathieu - S.M. (B&B)Des histoires addictives. Découvrez maintenant