26 juillet 2017 (M)

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Mathieu – 23

Je me réveille à l'instant. Je suis le seul d'ailleurs. Il n'y a aucun bruit dans ces appartements. Pas même Bastien qui est pourtant si matinal. Ils dorment tous. Les hommes de ma vie dorment. C'est très bien ainsi, j'ai besoin d'être un peu seul. Andy est à ma droite, Nathan de l'autre côté. Ils n'ont pas du tout la même expression, le premier est plutôt reposé, le second semble tourmenté. Je me glisse le long du lit pour ne déranger aucun des deux.

Je porte seulement mon boxer tricolore, jetant un œil alternatif au miroir et à la fenêtre. Je vois Montréal. Je vois deux hommes endormis dans mon lit. Je vois deux êtres aimants qui ne demandent que d'être à moi. Je vois le bonheur qui m'attend. Je veux leurs lèvres, je veux leurs corps. Je m'accroupie pour mieux les regarder. Ils sont beaux. Ils sont à moi. Ils sont pour moi.

J'avance doucement hors de la chambre pour retrouver cet immense salon puis, assez naturellement, la cuisine. Je me prépare un brunch. Suffisamment pour que chacun puisse y goûter. Des œufs, du bacon, différents jus, des yaourts, des toasts, et tout ce qui semble flatter mon estomac ce matin. Je récupère au passage mes écouteurs et plante dans mes oreilles du rock. Une voix légèrement enraillée, c'est ce dont j'ai besoin ce matin et c'est aussi l'illustration de ce que je suis.

Alors je commence légèrement à bouger au rythme de la batterie, n'entendant évidemment pas le bacon qui commence à griller, ou même les œufs peu à peu cuits. Ma faim n'est clairement pas aussi immense que je ne le pensais, et mes trois dormeurs auront sans doute de quoi se rassasier. Je compose une assiette rapide et m'en vais sur la terrasse, toujours en boxer. Il n'y a pas de voisins. Et quand bien même y en aurait-il que je m'en foutrais. Je souris en pensant à ce mot. Si Bastien était là il me dirait que je suis impoli.

Perdu dans un monde complètement parallèle, j'avale mon toast qui mêle bacon, beurre et confiture quand je sens des lèvres sur ma joue. Je les reconnais avant même que leur propriétaire ne retire un des écouteurs pour me glisser à l'oreille :

« Bonjour, mon master adoré...

— Salut Bastien, bien dormi ?

— Oui Suprême.

— Non Bastien, pas ce matin.

— Qu'est-ce que tu as ?

— Je garde ma réserve pour ce soir, rigolai-je.

— Nathan t'a épuisé cette nuit, se moque-t-il.

— Ils ne m'ont même pas épuisé ! rétorquai-je.

— Ne me dis pas que... s'arrête-t-il.

— Je ne peux te dire sans que tu ne finisses Bastien... Sois rationnel je te prie...

— Tu as ramené quelqu'un ?

— Oui, de San Diego ! Je parle d'Andy, idiot.

— C'est bien plus sérieux que je ne l'imaginais alors... dit-il doucement.

— Tu ne vas pas me refaire une crise de jalousie j'espère ?! m'époumonai-je.

— Bien sûr que non. Je sais juste ce que cela signifie.

— Tu lis dans mes pensées alors, souris-je en attrapant mes lunettes de soleil.

— Oui, ce soir va être mémorable » termine-t-il avant de me laisser non sans un baiser volé.

Suprême Mathieu - S.M. (B&B)Des histoires addictives. Découvrez maintenant