31 juillet 2017 (M)

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Mathieu – 35

Arthur et moi avons longuement parlé hier, et je ne suis parti que tard le soir de New-York. Son concierge m'avait réservé un hôtel proche de l'aéroport. Je suis donc allongé dans un lit froid, l'esprit complètement obstrué par la légère tension qui explique ma présence ici mais surtout par les échanges avec Arthur.

Il n'a évidemment pas cru quand je lui ai parlé de simple peur pour expliquer les je t'aime non consentis. On a abordé la manière dont il cherche à séduire ses conquêtes, ainsi que mes propres relations, et de l'ambigüité perpétuelle qui y règne. Il ne l'a pas souligné, mais je sais qu'il a parfaitement compris la dissonance qui m'habite, entre angoisse de la solitude et sa recherche.

Il est dix heures et demie, et je dois quitter la chambre. Je commande un taxi et lui demande de me conduire chez Andy. J'ai accès à son emploi du temps, je sais qu'il ne doit pas être au studio ce matin. Il m'a envoyé un message hier mais je n'ai même pas pris le temps de le lire, parce que j'ai surtout envie de le voir. Et je l'attendrai devant chez lui s'il n'est pas là.

Je retrouve cette villa superbe, dans laquelle j'ai commencé à le connaître. Mes deux valises en main, je pose mon index sur l'interrupteur du carillon. Contre toute attente, je ne vois rien dans la maison, mais plutôt ce superbe garçon, torse nu au regard de la chaleur, s'approcher du portail sans regarder dans ma direction. Il a des lunettes de soleil opaques, un chapeau un peu vieillot. Il me plaît bien.

Au moment de lever la tête, je sens en moi une pointe d'angoisse arriver. Il s'arrête brusquement et, tout en retirant ses lunettes, réduit à néant l'espace entre nous en sautant par-dessus sa propre barrière. Il est sur moi, et notamment ses lèvres sur les miennes. Et je dois l'admettre, je sens quelque chose de particulier dans mon corps. Comme si les flux sanguins venaient soudainement de s'inverser.

« Mais que fais-tu ici Mathieu ? C'est une superbe surprise !

— De manière impolie je ne t'ai pas prévenu, mais je voulais garder un peu de mystère, souris-je.

— Je suis très heureux que tu sois là, tu sais, entre, je t'en prie, dit-il en saisissant un de mes bagages mais surtout mon bras.

— Merci ».

C'est la seule chose que je parviens à dire à cet instant. Il faut dire que la situation est quelque peu particulière. Sa réaction me réconforte. Il aurait pu être agacé après tout. Au contraire, il me traîne au pas de course dans la villa et dépose mes affaires dans l'entrée. Il prend possession de ma veste sans me laisser le choix et tire ma chemise pour que je vienne m'asseoir avec lui.

A peine assis le voici de nouveau debout pour aller chercher des boissons :

« Tu restes manger j'espère ? Et puis tu as tes affaires, donc tu restes chez moi, d'accord ? Tu as un avion ? Quand ? Je peux décaler mes rendez-vous aussi, pour être avec toi, déblatère-t-il à toute vitesse.

— Si tu veux, deux fois. Et non, deux fois. Mais le deuxième non est de pure politesse. J'ai envie que tu restes avec moi ».

Suprême Mathieu - S.M. (B&B)Des histoires addictives. Découvrez maintenant