28 juillet 2017 - suite (S)

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Suprême – xxvi

Après ces quelques mots qui me semblent tellement évidents maintenant qu'ils sont prononcés, Nathan et moi nous sommes serrés si tendrement que j'ai eu l'impression que je venais de balayer toute forme de domination chez moi. C'est un sentiment étrange que de se sentir fondre, sans pour autant perdre son identité.

C'est Nathan lui-même qui a réveillé Suprême en moi, en commençant à chuchoter quelques mots précis, quelques pensées subversives, quelques idées tout à fait intéressantes. Nous avons alors versé relativement rapidement dans une session intimiste de domination, sans que nous ne soyons amenés à agir sexuellement. Ni l'un ni l'autre n'avons été jusqu'à l'orgasme. Du moins, pas dans le sens commun. Tandis que Nathan demeure nu sur le lit, et que je suis installé sur le fauteuil, je romps le silence :

« Toi aussi tu es beau quand tu es pensif.

— Parce que je n'arrive pas à réaliser que tu m'as dit que tu m'aimes.

— C'est réel, je te rassure, rigolai-je.

— J'ai hâte de partir à New-York.

— Je vais demander à Bastien de rentrer à Paris et à Andy de rejoindre San Diego.

— Pourquoi ?

— J'ai envie d'être seul avec toi.

— On peut l'être avec eux, du moins avec eux à New-York.

— Je ne le souhaite pas.

— D'accord, c'est tel que tu l'entends, me regarde-t-il tendrement.

— Il faut simplement que je leur dise, si possible avec tact.

— Il vaudrait mieux que je m'en occupe dans ce cas, se moque-t-il.

— Fais attention ou je pars avec eux plutôt qu'avec toi, lui dis-je avec un clin d'œil.

— Tu n'oserais pas » lance-t-il en se jetant sur moi pour me faire basculer.

Nous rigolons, nous nous amusons comme des enfants. Après avoir déposé un baiser sur son front, j'envoie un message à Bastien pour qu'Andy et lui nous rejoignent. Ce qu'ils font en quelques minutes, nous permettant de nous installer tous les quatre autour de la table basse.

« J'ai décidé de faire un court séjour à New-York avec Nathan. Nous allons donc partir assez tôt. Je serai à Paris lundi, je te rassure Bastien. Et je compte revenir très rapidement à San Diego pour que l'on commence à réfléchir à l'identité HS – SM, si tu es d'accord Andy.

— Avec tact, chuchote Nathan en levant les yeux au ciel.

— C'est une excellente idée, tu y trouveras peut-être de l'inspiration et de nouveaux mannequins, s'exclame Bastien. Je vous réserve des billets pour ce soir !

— Si tu veux, ai-je à peine le temps de lui hurler avant que les portes de l'ascenseur ne se referment.

— J'ai hâte que tu reviennes à San Diego, Mathieu. Toi aussi Nathan, dit doucement Andy, visiblement mélancolique.

— Nous avons besoin de nous retrouver un peu, Andy, mais je te promets qu'on te rejoindra rapidement, que tu viendras à Paris aussi, précise Nathan en s'approchant.

— Andy, regarde-moi. Il y a de la place pour toi, partout, même avec nous. Mais si nous voulons construire quelque chose ensemble, il faut que Nathan et moi soyons déjà solides, ajoutai-je.

— Je comprends très bien, ne vous inquiétez pas. Vous allez juste me manquer. Tu vas me manquer Mathieu » termine Andy.

Alors, évidemment, je le rejoins, tiens sa tête entre mes mains et l'embrasse. Rejoint par Nathan quelques secondes après.

Suprême Mathieu - S.M. (B&B)Des histoires addictives. Découvrez maintenant