31 août 2017 (S)

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Suprême - XLIX

Il est déjà tard dans la nuit quand nous sortons de mon club. Je devrais quasiment dire notre, tant Andy s'investit dans l'administration et la coordination de mes entreprises. Même s'il n'a pas abandonné la pornographie, et je n'aurais jamais voulu qu'il la quitte uniquement parce que nous sommes ensemble, il se prend de plus en plus de temps pour lui et pour les projets proches de l'agence.

La soirée a été très bonne, j'ai repris le dessus sur les démons qui me hantaient et je sens bien, à la fois dans mon comportement et dans le regard des membres, que j'ai changé, probablement en mieux. Du moins je l'espère. Il y a toujours, partout, chez tout le monde, une possibilité de grandir.

Comme d'habitude, nous sortons de mon bureau et, ainsi, retrouvons la porte dérobée sur le côté du bâtiment. Ma voiture nous y attend et nous conduira au plus vite chez moi, chez nous. Il est temps, je ne supporte plus la chemise qui me colle à la peau à cause de la transpiration, et peut-être de l'excitation.

Je pousse la porte qui nous sépare de l'extérieur et respire enfin un air plus frais, même si le froid est tout relatif en cette fin de mois d'août. Andy me suit, non sans poser ses mains parfois sur mes épaules, souvent en bas de mon dos, ponctuellement sur l'une de mes deux fesses, et ce sans rien dire.

Mais la voiture n'est pas là. J'imagine que nous avons du faire erreur sur la porte, ou bien Bastien n'a peut-être pas eu le temps de prévenir le chauffeur et ce dernier se révèle être en retard. Tandis que j'allais rentrer de nouveau pour rejoindre mon bras droit, j'entends quelques crissements de pneus.

Le voici, il fallait simplement savoir patienter. La voiture s'avance et s'arrête quelques mètres après nous, comme si le chauffeur nous avait manqué. Ce n'est pas une portière qui s'ouvre. Du moins pas la bonne. Ce n'est pas le chauffeur qui descend. C'est la portière arrière qui vient se fracasser contre le mur.

« Il était temps que nous nous retrouvions, Mathieu, tu ne crois pas ? Je vois que tu as changé de gigolo. C'est fou combien tu peux te lasser. Tu les entreposes dans ta cave les autres, au cas où celui-ci te claquerait dans les doigts ? »

Je n'ai pas le temps de répondre qu'aussitôt cet ignoble individu sort de l'intérieur de sa veste son revolver. Combien je regrette de ne pas avoir le mien à cet instant précis. Andy se rapproche de moi, comme pour me rassurer, mais aussitôt :

« N'essaie pas de bouger, petit con. Je me fous de toi, j'ai presque de la pitié. Lui par contre, il m'intéresse.

- Tu ne m'appelais pas lui, au début, Max.

- Non, je t'appelais chéri, comme un con. Et puis tu as rencontré ton cher Stéphane. A partir de là, je n'ai plus compté pour toi.

- On était déjà séparés...

- Et tu as refusé que je revienne quand cet idiot s'est tué. J'étais tellement heureux quand je l'ai appris, de ta propre bouche...

- Ose redire ça ! »

Je me suis précipité sur lui. Ma bague a marqué sa joue de mes initiales. Et le coup est parti.

Suprême Mathieu - S.M. (B&B)Des histoires addictives. Découvrez maintenant