21 juillet 2017 - suite (S)

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Suprême – iv

Maintenant que Dorian dort, je parviens à me détendre sur mon lit. Et repense à la soirée de notre rencontre.

J'étais resté, je crois, une ou deux heures à regarder tous ces hommes, indifféremment doms ou soumis, s'amuser. Dans mes soirées, les codes sont brisés. J'aime laisser des parcelles de liberté. Evidemment, les soumis ne se mettent pas soudainement à dominer, et réciproquement. Même si je dois avouer que j'ai déjà imaginé une telle situation.

Mais pendant ce temps, leur seul maître, c'est Moi. Et pendant ce temps, ils ne font que profiter des différents DJs que je paie grassement, des danseurs ou encore des boissons. L'on pourrait presque croire que ce club n'a rien de spécial, si ce n'est son luxe. Mis à part leur tatouage, y compris sur les doms, peu de choses le différencient des bars SM habituels. Si habituels est un mot compatible avec SM.

Ce qui marque mes clubs, c'est leur population. Ils n'expérimentent pas le SM comme une variante de leur vie sexuelle. Non, c'est leur vie. Une vie normale la plupart du temps : l'on peut être dominateur ou soumis sans que la société ne s'en aperçoive. Au-delà de cela, mon milieu se distingue par leur appartenance. Oui, ils doivent porter allégeance à Suprême, c'est un fait. Ce pourrait être un gang. Non, c'est juste Moi.

Enfin, chez moi, le respect prime. Tout le monde est le bienvenu. Du banquier qui m'a connu dans la salle de marché à l'artisan qui rentre d'un chantier. D'une directrice commerciale à la fonctionnaire. Toutes et tous savent que le collier de soumis est interdit ici, seul le tatouage est nécessaire. Ils ne seront jamais repérés le reste du temps. Chez moi, ils se défont de leur argent, de leur prestige, de leur masque social. Nous sommes réunis par ce qui nous est cher.

Et gare à celle ou celui qui deviendrait insistant avec mon personnel ou des membres. Non seulement il serait jeté dans la rue dans le plus simple appareil, mais Bastien se serait occupé de son cas juste avant. Aussi soumis puisse-t-il être avec moi, c'est un Master redoutable. Peu, d'ailleurs, parviennent à m'arracher le titre de master.

Ce soir-là, aucun incident. J'avais fait signe à Bastien que je partais, la musique fut coupée, les membres s'arrêtèrent de danser, de boire, de chanter, de parler. Ils ne bougèrent pas, ils n'avaient pas à le faire. Je me levais, fis signe à Dorian de se mettre à quatre pattes et avançai au cœur de la foule. Mon manteau traînait et à chaque coup de sceptre au sol, les membres baissaient les yeux. Une sorte de rituel.

Dans mon bureau, Bastien m'apporta ma bouteille de vin blanc et me laissa seul avec Dorian. Il attendait, en position de soumis, regardant mes chaussures. Je pressai alors un bouton situé sous une étagère et une collection complète de sextoys se révéla sous nos yeux. Dorian osa lever la tête, qu'il baissa aussitôt que le sceptre s'abattit sur lui.

« Je ne t'ai pas encore autorisé.

— Pardon, Suprême.

— Choisis-en deux, sers-t-en et fais-moi la surprise ».

La nuit fut courte mais plaisante. 

Suprême Mathieu - S.M. (B&B)Des histoires addictives. Découvrez maintenant