27 août 2017 (S*)

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Suprême – xlviii

Andy est là, essoufflé, à même le sol. Pendant plus de deux heures, lui comme moi nous sommes déchaînés, tels des fauves en cage. Rarement une séance de domination avait été aussi forte, puissante, intense. Andy a su tout endurer, réclamant que j'augmente encore et encore l'intensité de mon contrôle sur lui.

Du simple harnais, dans un premier temps, à une véritable et complète privation de certains de ses sens, du ligotage à la cire chaude, il m'a fait face. Son regard n'a strictement jamais quitté le mien. Ses yeux transperçaient tout mon être, m'implorant d'agir, encore et encore, à chaque fois avec plus d'intensité.

Je vois les marques rouges se multiplier et, pourtant, le silence dans lequel nous baignions entre deux coups se prolonge. Son corps, si attrayant, si parfait, délicatement marqué, est un trésor pour moi. Il m'assure qu'il n'a pas besoin de soins ou de massages. Il assume chaque demande, chaque envie.

Avec lui, j'ai l'impression de puiser au plus profond de moi-même des ressources encore inconnues. Notre relation est en train de faire exploser de l'intérieur tous nos retranchements, toutes nos barrières, toutes nos craintes. Il s'était promis de me réconcilier avec la domination – protection, le voici vainqueur.

Je ne pensais pas qu'il aurait aussi rapidement trouvé son sous-espace, après tant de temps passé sans soumission. Je n'imaginais pas que j'aurais pu de nouveau jouir de son plaisir et de sa douleur. Andy ne gémit pas sous mes coups, sous mon emprise. Non, son érection s'amplifie, se décuple, sa jouissance est abondante.

Andy se relève et me regarde. Il se rapproche et vient contre moi. Ses bras m'enserrent de plus en plus, à tel point que je peux sentir son cœur accélérer. Chaque pulsation est à fleur de peau, et se transmet dans mon corps. Nous vivons intensément en même temps. Dans un mélange de fatigue et de satisfaction inconsidérable.

« Tu... Comment vas-tu ? s'enquiert-il tout doucement.

— Extase. Juste l'extase.

— Tu as aimé ?

— Je suis heureux, Andy. Tellement heureux.

— Tu m'aimes ? »

Aussitôt, ses bras me lâchent. Aussitôt, je le rattrape et le replace dans la même position. Tu ne dois pas avoir peur Andy. Tu ne dois plus avoir peur de mes propres sentiments. Ni des tiens. J'aimerais tellement pouvoir te le dire avec autant de simplicité et de clarté. Mais c'est tellement plus facile dans mon esprit.

« Oui. Oui Andy ».

C'est tout ce que j'arrive à dire, à prononcer. Je saurai bientôt dire plus. Tout dire. J'en suis sûr. Tout me le démontre. Notamment le visage juvénile qui affiche devant moi une mine des plus réjouies. Parce qu'il sait qu'aujourd'hui, quand je pense je t'aime, à défaut de le dire, c'est bien à lui seul que je pense, et non plus à Stéphane au-travers de lui.

Suprême Mathieu - S.M. (B&B)Des histoires addictives. Découvrez maintenant