Chapitre 50 : Rosalie fait passer un 7e coloc clandestin

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Hélas pour Kingsley, les jours suivant ne furent pas suffisants à Aymee pour se calmer. Même sur le quai du Poudlard Express, elle ne lui fit qu'un vaste geste de la main avant de disparaître dans le wagon le plus proche. Aymee fit glisser la porte du compartiment plus fort qu'elle ne l'avait voulu et la vitre éclata en morceaux. Elle jura en grec avant de sortir sa baguette.

- Reparo, grommela-t-elle.

Les morceaux de verre filèrent vers leur place respective et fondirent pour retrouver leur forme originelle de fenêtre. Aymee se laissa tomber sur la banquette en croisant les bras. Hepzibah et Leslie échangèrent un regard prudent. Leslie pointa quelque part derrière elle avec son pouce.

- J'ai dit à mes amies que je les rejoindrai, alors...

Elle ne termina pas sa phrase et s'enfuit précipitamment. Hepzibah s'assit à côté d'Aymee, côté fenêtre.

- Tu ne comptes pas éclater d'autres vitres, hein? tenta-t-elle de blaguer en pointant la grande fenêtre.

Aymee soupira.

- Non, non... (Aymee inspira profondément avant de se redresser) Ça va aller, décida-t-elle.

Hepzibah plissa les yeux, visiblement peu convaincue. Malgré tout, elle n'ajouta rien et les demi-déesses restèrent en silence jusqu'à l'arrivée d'Émilie et Rosalie, quelques minutes après le départ du train. Si Émilie tirait une grosse valise de cabine avec difficulté et en soufflant, Rosalie tenait son sac à dos contre elle en faisant très attention. Hepzibah se lassa rapidement d'entendre la petite française à lunette souffler bruyamment, alors elle l'aida à hisser sa valise sur le rack. Elle l'y balança du bout du bras, sans y faire très attention. La Géante se tourna vers Rosalie.

- Toi aussi?

- Oh non! s'exclama Rosalie en serrant son sac contre elle. C'est gentil, mais je vais le garder.

- Tu es allée dans le sud? s'étonna Émilie en s'asseyant devant Aymee.

- Pas longtemps, grimaça Aymee.

- Tu sais, il existe des crèmes contre les coups de soleil. Pomfresh en a sûrement.

Aymee hocha vaguement la tête. Elle n'aime pas être le centre d'attention, ça lui rappelait trop sa querelle avec Kingsley et ce qu'il se passait à la colonie. Aymee interrogea donc plutôt Émilie et Rosalie sur leurs vacances. Rosalie n'avait pas fait grand-chose, mais Émilie était allée rendre visite à un oncle en France. Émilie était au beau milieu d'une description presque poétique de la Méditerranée quand Aymee sentit quelque chose effleurer sa main droite. Elle n'y fit d'abord pas attention, pensant à un courant d'air, mais la sensation s'accrût rapidement, même qu'Aymee avait l'impression que quelque chose tirait son bracelet. Aymee baissa les yeux et figea. Une petite boule de poil avec une tête de canard était accrochée à son poignet. La créature la regardait droit dans les yeux, aussi immobile qu'elle, avec ses petites pattes serrées autour de l'une de ses breloques dans une pose peu subtile. Il ne lui manquait que la queue de castor et Aymee l'aurait pris pour un bébé ornithorynque.

- Ah, fit Aymee.

Hepzibah se pencha en avant pour voir ce qui avait surpris Aymee. Elle fronça les sourcils dans une expression dédaigneuse.

- Eww, c'est quoi ce rat tout moche?

Rosalie, qui, jusque-là, buvait les paroles d'Émilie, sauta de sa banquette en tendant les bras.

- Arnold! s'exclama-t-elle.

- Arnold? répéta Aymee, les yeux toujours fixés sur la créature.

Rosalie attrapa doucement la boule de poil à deux mains, mais Arnold resta obstinément accroché au bracelet d'Aymee, refusant catégoriquement de lâcher. Rosalie avait beau tirer, Arnold s'agrippait toujours au bracelet. Il alla même jusqu'à mordre la chaîne pour ne pas lâcher prise.

Aymee Parker T3  - La Pomme de la DiscordeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant