Chapitre 32

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Laura.

J'entre dans la chambre du bébé, Herman est là. Il est assit au fond du fauteuil, un pyjama à la main. Ça m'inquiète de le voir comme ça, j'ai pas envie qu'il se mette des idées en tête à cause de son frère.

Je toussote, il se tourne vers moi.

-Qu'est-ce que tu fais là ?

-Je te cherchais. On va pas tarder à manger.

-Oh ! Vas-y, j'ai pas faim.

Je m'avance vers lui et m'agenouille face à lui.

-Herman, c'est à cause de ce que ton frère a dit que t'es comme ça ? Tu as des doutes sur ta façon d'avoir un enfant ?

-Ouais. Je pensais beaucoup à ma gueule, mais pas à la tienne ni à celle du bébé. J'avais complètement mis de côté le fait qu'un enfant, pour bien grandir, à besoin de l'amour de son père et de sa mère. Et toi aussi, tu voudras lui donner de l'amour.

-Et alors ? Tu veux que je parte et qu'on laisse tomber, alors qu'on a fait le plus pénible ? Herman, je sais dans quoi je me suis engagée quand j'ai signé mon contrat avec toi. Je savais que j'allais être absente pour éduquer ce bébé, mais je sais que tu vas donner assez d'amour à notre enfant pour nous deux.

Je souris, Herman a du mal. Je me lève et passe doucement ma main sur son visage.

-Herman, tu feras un très bon père, je n'ai aucun doute. Et notre enfant aura des présences féminine, je n'ai aucun doute sur le manque d'une présence maternelle. J'ai confiance en Stéphanie, elle fera une excellente mère de substitution.

-Mais elle ne sera pas sa mère.

-Je me fiche des liens de sang. Ce bébé aura un papa aimant et aura une présence féminine autour de lui. Le plus important, c'est mon avis dans cette histoire. Pas l'avis de ton frère, ni de tes parents ou de je ne sais qui. C'est le mien et le tien. C'est tout.

-Peut-être qu'il n'y a que nos avis à nous qui compte, mais ce que pense ma famille compte. Pablo a raison, j'agis à la limite d'une façon égoïste.

-Quand je vois cette chambre, ce qui tu as prévu pour lui, je me dis que tu n'es pas égoïste. De plus, sur le contrat, il est noté comme quoi tu me donneras des nouvelles, que je serais là si jamais mon fils ou ma fille tombe malade. En plus, il me semble, par rapport à ce que tu as dit, que tu y as beaucoup réfléchis à avoir un bébé. T'as décision est juste, réfléchis. Pas égoïste. T'es pas égoïste.

Je m'approche de lui, passe ma main sur son visage, il sourit enfin. Il se lève et me regarde dans les yeux, j'y vois de la tendresse.

-Je savais que j'avais bien fait de te choisir.

Il pose ses mains sur mes joues et pose un tendre baiser sur mon front, ce qui me fait sourire et fait fermer mes yeux. Je profite de ces quelques instants tendre, jusqu'à ce que mon ventre gargouille.

Herman recule, je rouvre les yeux et pose ma main sur mon ventre.

-Je crois qu'il y en a une qui a faim.

-Très faim ! J'étais juste venue chercher pour qu'on dîne tout les trois.

-Tout les trois ?

-Toi, moi et Pablo. On a eu une longue conversation, il accepte le fait que je sois ta mère porteuse et la maman de son neveu ou sa nièce. Et il accepte mieux la chose en sachant que je serais là si notre enfant tombe malade.

-D'accord.

-Si tu ne me crois pas, viens à table et discute avec lui.

Je prends sa main et nous pousse à sortir de la chambre, il me suit en riant. Nous allons au salon, je lâche sa main et m'installe à table. Nos assiettes nous attendent, Pablo était sur son portable, il le pose en nous voyant.

Herman vient s'asseoir à son tour et il discute avec son frère. Pablo le rassure, il a bien compris l'action de son aîné et sa décision. Le dîner ce passe donc dans une bonne ambiance, comme je l'aime.

À la fin du repas, nous allons nous installer sur le canapé et on profite d'un moment devant la télévision. Je ne reste pas longtemps, j'ai envie de prendre une bonne douche. Je souhaite donc une bonne nuit aux garçons quand l'émission finit et je monte dans ma chambre.

Je récupère mon pyjama, prends ma douche et me mets au lit. Je récupère mon ordinateur et traîne dessus, mais mes yeux se ferment tout seul. Je ferme l'ordinateur et je m'allonge sur le dos. Je pose ma main droite sur mon ventre, j'espère sincèrement que tout vas bien allée pour cette première insémination. J'ai pas envie d'en avoir une seconde, je veux que tout ce passe bien.

Je sais que je ne vais pas encore souffrir, mon gynécologue a prélevé assez pour m'éviter un nouveau traitement, mais on a un nombre de tentatives limités. Seulement trois.

Si on échoue avec ses trois tentatives offertes, je ne sais pas ce qu'on pourra faire. La méthode naturelle ? Herman ne voudra jamais, tout comme moi. Même si je l'apprécie beaucoup, devenir intime n'est pas une idée qui m'enchante, qui nous enchante.

Peut être qu'il mettra un terme à notre contrat et qu'il cherchera quelqu'un d'autre, une autre femme plus à même de porter son enfant. Mais je ne dois pas me mettre ce genre d'idée en tête. Je dois être positive. Ça va fonctionner ! Il n'y a aucune raison pour que l'insémination ne marche pas, aucune.

J'ai 25 ans, le gynécologue m'a dit que je pouvais avoir un enfant sans difficulté, alors je ne vois pas pourquoi ça ne marcherais pas. Herman aussi est bon pour avoir un enfant, sinon les choses auraient été différentes.

Je me tourne sur le côté, regarde ma fenêtre quelques minutes puis je ferme les yeux. Je ne tarde pas à m'endormir, en ayant de grandes espérances pour cette semaine.

Une vie sous contratDes histoires addictives. Découvrez maintenant