Laura.
-Ma chérie, réveille-toi, on est arrivées.
La mère me réveille en douceur, j'ouvre les yeux et me tourne vers elle.
-Voilà ta nouvelle maison. On s'occupera des cartons demain avec ton père.
-Merci.
Nous sortons de la voiture, ma mère récupère ma valise et nous allons dans la maison. Elle n'est pas éclairée, mais elle me semble grande. Ma mère ouvre la porte, mon père était derrière.
-Salut papa.
-Bonsoir mon trésor.
Il ouvre ses bras, je vais avec plaisir contre lui. Il passe ses bras autour de moi avec douceur, je fais la même chose et je profite de ce câlin. Il passe ses mains dans mes cheveux, je lâche quelques larmes.
-Hé, mon bébé, pourquoi tu pleures ? Demande-t-il en reculant.
-Je suis épuisée, c'est tout.
-Alors rentre. On discutera demain.
-Il n'y a pas Elea ?
-Non. Je voulais te revoir tranquillement, sans le reste de la famille. Ils rentreront demain matin.
-Merci.
-Aller, on t'accompagne à ta chambre.
Il passe son bras autour de mes épaules et nous entrons dans la maison. Je n'y fais pas attention, je veux juste me poser et respirer. Nous arrivons à ma chambre, qui est à l'étage, elle a été décoré simplement.
-Et voilà ton petit palace.
-Merci papa.
-Tu as aussi une salle de bains. Petite, mais confortable.
-Tu l'as testé ?
-Elea l'a fait.
-Ça ne m'étonne pas. Merci pour ce que vous avez fait.
-C'est normal. On te laisse te reposer. Si tu as besoin de la moindre chose, ta mère et moi restons à ta disposition.
Je lui fait un nouveau câlin, je regarde ma mère qui est derrière ma valise. Je lui fait aussi un câlin et ils me laissent seule. Je récupère ma valise, ferme la porte et m'assois sur le lit. Je gémis en sentant mes côtes douloureuses et pose ma main dessus. Mais je sens bien qu'il n'y a pas que mes côtes qui me font mal, le cœur aussi souffre.
Je sens une nouvelle boule se former dans ma gorge, comme j'ai eu à chaque fois que j'étais réveillée depuis que je suis partie de chez Herman. Je me mets à pleurer, je déteste revoir ses yeux dans mon esprit. Je l'ai brisé et je m'en veux terriblement. Il est la dernière personne que je souhaitais briser au monde, il a été si doux, si gentil avec moi depuis le début, et moi je lui ai fait ça. Je l'ai quitté.
J'essaie de me calmer, mais j'y arrive pas. L'idée de savoir qu'il souffre par ma faute, ça me fait tout aussi mal. J'ai été profondément égoïste à le quitter comme ça. Je suis sans doute la femme la plus conne de tout New-York. J'avais un homme de rêve et je me suis barrée. Même s'il a dit des mots blessants, au fond, je les méritais. Il m'a tout offert et je l'ai envoyé bouler au premier obstacle, à la première épreuve.
Je me lève, récupère mon sac où j'ai tout mes soins et produits douche puis je vais dans la salle de bains. Je réussis à calmer mes larmes et je me regarde dans le miroir.
-Ma grande, t'as fait la plus grosse erreur de ta vie.
Je parle à mon reflet et je n'aime pas ce que je vois, ce n'est pas moi, ce n'est pas la Laura Tyler que je suis habituellement, je suis un monstre d'égoïsme. Je détourne le regard, ça va me prendre du temps. J'ouvre mon sac, en sort mes produits et je file à la douche. C'est vrai qu'elle n'est pas très grande, mais elle ira bien.
Je prends mon temps sous la douche, mais fermer les yeux me le rappelle toujours. Je finis donc par me rincer les cheveux en quatrième vitesse et je sors en prenant mon peignoir. Je mets mes cheveux comme je peux dans une serviette, j'ai vraiment trop mal. Je me précipite vers mon sac et prends un anti-douleur. Je déteste en prendre, mais c'est la seule chose qui me calme.
J'attends de sécher un peu, je retire mon peignoir, fait mes soins comme l'infirmière m'a montré, me sèche les cheveux, m'habille et je vais me poser sur mon lit. Je n'ai rien pour m'occuper, j'ai tout laissé là-bas. Je n'ai pris que les vêtements et les livres, je ne voulais pas récupérer mon ordinateur et mon téléphone, même s'ils me manquent déjà. J'ai aussi laissé les clés, la carte bancaire et un courrier, pour lui dire à quel point je l'aime et que je souhaite qu'il trouve le bonheur.
Je regarde l'heure sur le réveil, c'est déjà plus de onze heures du soir. Je me glisse sous ma couverture, mais j'ai terriblement froid. Pourtant la chambre est à bonne température, mais je suis gelée. Je ne vais pas bien, tant au niveau de mes blessures que de mon cœur. Je ferme les yeux, Herman me hante. La nuit va être très longue...
Le lendemain matin, Laura.
Je regarde mon réveil, c'est même pas huit heures. Je suis épuisée, j'ai quasi pas dormis de la nuit et mon père a du venir, je hurlais apparemment. J'ai fait un cauchemar, je ne veux plus jamais le vivre. J'ai rêvé que c'était Herman à ma place dans le bâtiment et que lui, contrairement à moi, mourrais. J'en ai pleuré tant cette pensée m'a fait du mal et j'ai eu du mal à me rendormir.
Puisque je m'ennuie profondément dans ma chambre, je me lève, non sans gémir, et je sors avec un gilet et mon sac de médicament. Je descends au rez-de-chaussée, je prends le temps de l'observer cette fois. Il y a un énorme salon avec cheminée, un canapé en cuir très grand, une table basse et une télévision. C'est jolie, simple. Ça correspond aux personnes qui vivent ici. Je tourne la tête à gauche, je tombe sur la cuisine. Elle est tout aussi grande, spacieuse et lumineuse grâce à une grande baie vitrée et la peinture blanche. Et la table à manger est là, ça remplis bien la pièce.
Je m'avance dans la pièce, il n'y a personne. Je fouille un peu les placards, je trouve de quoi me faire un chocolat chaud. Je ne vais rien prendre à manger, j'ai vraiment pas faim ce matin. Je me prépare ma boisson chaude, prends mes médicaments et je vais me poser sur le canapé, le regard sur la cheminée. Mes yeux sont lourds, je suis fatiguée. Je pense que je vais dormir dans l'après-midi, j'en aurais grand besoin de ce repos.
Je profite quand même de mon moment de calme, jusqu'à ce que mes parents arrivent. Ils viennent seulement me dire bonjour et j'entends un peu leur conversation, mais je ne m'y intéresse pas. Mon esprit est ailleurs, ils l'ont bien vu. Je ne suis pas d'humeur à parler.
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Une vie sous contrat
RomansaLaura Tyler est une jeune femme de 25 ans, qui a tout plaqué, famille, amis, copain, pour vivre la grande vie à New-York. Chanteuse, elle essaie de trouver sa place dans le monde de Broadway, mais elle va aller d'échec en échec. Elle a du mal à subv...
