Chapitre 004

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Elle disparaît du compteur quelques minutes après en me lançant des œillades de séductrice. Et je mentirais si je disais que cette femme n'est pas une bombe. Mais pour être franc, je n'ai pas envie de baiser ce soir. Cette journée m'a trop assommé pour que je pense au sexe.

Un premier coup de tonnerre retentit violemment. Je verifie l'heure sur ma montre et remarque que cela fait près de trois minutes que la serveuse n'est toujours pas revenue. À ce rythme là, l'orage risque de me trouver ici.

Je ne veux pas me retrouver à attendre qu'un putain d'orage finisse pour que je puisse me barrer d'ici. Non seulement je ne supporte pas bien le froid, mais en plus me retrouver trempé ne m'excite pas beaucoup.

Bordel.

De grosses goûtes d'eau commencent déjà à frapper contre le sol, dans une lenteur interminable. Devenant par la suite de plus en plus intense. Les personnes présentes à l'extérieur courent dans tous les sens pour s'abriter.

Je ne cesse de jurer entre mes dents parce qu'à présent ce que je redoutais est finalement arrivé. Être coincé dans un putain de restaurant à cause d'un putain d'orage.

Je lâche un juron en italien, agacé, quand je vois la blonde s'approcher, affichant une mine désolée sur son visage refait par la chirurgie. Elle me tend des plastiques que je saisis sur-le-champ. Sans un regard envers elle.

- Oops, vous n'allez pas pouvoir rentrer.

- Et on dirait bien que ça arrange quelqu'un. Répondis-je d'un ton fade.

Je lui tends de l'argent qu'elle saisit en me frôlant volontairement la main. Elle range cet argent dans une caisse en-dessous du comptoir. J'ai une vue directe sur son décollé plongeant car elle fait exprès de me le montrer. Elle n'a pas froid au yeux et agit vraiment comme une bonne pétasse. Alors qu'il y'a d'autres personnes dans ce lieu.

Malheureusement pour elle, je n'ai pas le temps pour toutes ces sottises actuellement et je l'ignore.

Subitement on coupe l'électricité.

Il ne manquait plus que ça, que nous soyons totalement plongés dans le noir.

Après la pluie, c'est l'obscurité totale bordel de merde. Les trois personnes qui sont dans le restaurant allument leur torche de téléphone pour essayer de donner un peu de lumière dans cette pièce sombre.

Je marche en direction de l'entrée et observe la pluie tomber. Mais avant ça, je donne mes plastiques à la serveuse pute en lui ordonnant de les garder le temps que je respire un peu. Le temps que j'observe cette danse de goûtes de pluie frappées le sol devant moi.

Ce spectacle qui s'offre à moi me rappelle de vagues souvenirs. Des souvenirs où j'étais heureux et épanouis. Des souvenirs où j'étais libre et où le sourire frôlait presque mes oreilles. Des souvenirs des rares moments où je me suis senti aimé et câliné. Des souvenirs des temps où on allait tous jouer sur la pluie avec notre mère. Des souvenirs où le mot "famille" avait encore un sens. Oui, ces derniers souvenirs de moi joyeux.

Pourquoi la vie est-elle aussi injuste ?

Quelque chose ou plutôt quelqu'un me retire de mes pensées. J'aperçois au loin, une silhouette feminine qui saute entre les flancs d'eau comme une cinglée, couverte d'un gros pull à capuche, et qui court en se dirigeant vers ce restaurant ?

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