Je me lève alors brusquement, mettant fin à cette petite mascarade. Je passe un coup de main rapide sur ma chemise et sur mon pantalon.
Elle ouvre instinctivement ses paupières, observant autour d'elle. Elle imite mon geste et se redresse. Sans me regarder. Elle enlève ma veste et me la tend, d'un air gêné. En évitant toujours de croiser mon putain regard.
C'est quoi cette mascarade ?
Putain regarde-moi. . .
Il ne pleut presque plus. Les gouttes d'eau ont fini par se calmer. Par contre, le froid qui plane autour de nous est catastrophique.
Même l'électricité est subitement revenu.
- Regardez-moi.
- Tenez votre veste et foutez-moi le camp.
Elle pose d'un geste nonchalant la veste à mon épaule. Pour ne pas dire qu'elle l'a lance carrément à mon épaule. Puis elle me tourne le dos.
Quel culot !
Au moment où elle ouvre la porte pour certainement s'enfuir, je l'empoigne en la ramenant à mon torse. Ma main droite autour de sa taille exerce une légère pression tandis que ses bras sont relâchés le long de son corps. Ma veste finit par retomber au sol.
À moi on ne me tourne pas le dos de la sorte.
Moi on ne me méprise pas et on ne me traite pas comme de la merde.
Surtout pas quand je viens de faire un bon geste. Chose qui n'arrive que très rarement.
Quelle petite ingrate elle fait !
J'ai oublié la petite phrase qu'elle m'a lancée il y a près d'une heure, j'ai retiré ma veste pour qu'elle ne puisse plus avoir froid et qu'elle cesse de trembler comme une poule et c'est comme ça qu'elle me remercie ? En me disant de lui foutre le camp ?
- Que je vous foute le camp ? Siffle-je cyniquement. Vous m'avez traité de merda et j'ai laissé couler. J'ai enlevé ma veste juste pour que vous n'attrapiez pas froid et que vous arrêtiez de trembler comme un poussin. Maintenant, non seulement vous ne me remerciez même pas, et en plus vous me demander de vous foutre le camp ?
Elle se détache violemment de moi en me repoussant et me confronte. Le menton relevé mais les yeux apeurés. Parce que oui, je vois qu'elle a peur de moi.
Et elle devrait d'ailleurs, parce qu'elle et moi ne jouons pas dans la même cours. Parce que je pourrais faire une bêtise juste par accident. Je dis bien : par accident.
Il vaudrait mieux pour elle qu'elle n'essaie pas de me chercher. Oh non, pas du tout.
- Merci pour la veste, mais à présent je dois rentrer. Il se fait tard, et je n'aimerais pas que mon amie s'inquiète de ma disparition.
Ma colère disparut en un éclair en suivant "amie". Parce que donc comme ça elle ne vivait pas seule.
Bon, ça je l'ai su quand elle parlait fort dans le restaurant comme une attardée.
Je ne sais pas pourquoi maintenant, cette phrase prenait une toute autre tournure dans ma tête. Peut-être parce que je n'ai pas vraiment envie qu'elle fasse en sorte que son amie s'inquiète davantage pour elle ?
Non, je m'en tape.
- Savez-vous au moins comment rentrer chez vous ? Demande-je d'un ton froid.
Elle fronce les sourcils.
- Je ne vous comprends pas.
- Je vous ai entendu parler au téléphone en disant que vous ne connaissiez plus le chemin du retour. Je vais vous ramener.
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DARK SIDE
RomanceElle ? Maltraitée à son adolescence, elle avait été marquée à vie. Aujourd'hui, elle fuyait son passé qui ne cessait de la suivre comme son ombre, pour se reconstruire un avenir loin de sa prison. Elisabeth Nguidjol. Lui ? Tueur à gages au cœur auss...
