Chapitre 81

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Comment ces vêtements avaient disparu ? Ils ne pouvaient pas s'évaporer comme ça, bordel. Quelqu'un était revenu ici. Quelqu'un savait.

Je tournais en rond dans mon bureau, la mâchoire serrée, les mains sur la nuque, le cœur battant à l'envers. Mes pensées vrillaient, comme un disque rayé. Mon regard était vide, tendu vers rien, et pourtant mon esprit bouillonnait.

Cette femme...
Elle avait tout. Le corps, la démarche, cette façon de m'électriser rien qu'en respirant le même air. C'était ma Gabriela.

Mais son regard...
Son regard me glaçait.
Ce n'était plus celui d'une amante blessée ou d'une louve blessée. C'était autre chose. Froid. Lisse. Tranchant. Il n'y avait plus de peur, plus de douleur à cacher. Pas même ce semblant de confiance qu'elle me lançait pour faire bonne figure. Là, je ne voyais plus sa faiblesse. Je voyais l'arrogance d'une femme qui n'avait plus rien à perdre. Elle avait l'air imbattable.

Et putain, ça m'excitait autant que ça me questionnais.

La porte s'ouvrit. Frida entra avec des tonnes de documents dans les mains. Elle était habillée d'une manière si modeste que l'ancien moi serait étonné. Même une arme pointé sur la gueule ne l'aurait jamais fait s'habiller ainsi. Mais sa mort à lui, a tout chamboulé.

À vrai dire, ça m'a aussi changé.

Alejandro était un frère pour moi. Je ne me suis jamais autant senti seul. J'ai toujours crue que j'étais un loup solitaire mais j'étais qu'un putain d'ingrat. C'était mon ami.

Kaleb... J'avais prêté ma brosse à Gabriela, à l'époque, en Espagne. Seulement elle et moi s'en sont servies, m'informa la rouquine, le visage avec une légère lueur d'espoir mais cachée.

Je levai les yeux vers elle, une étincelle naissant aussitôt dans mon regard. Putain, s'il y avait vraiment une chance...

S'il vous plaît, Bon Dieu.

Parfait. Cherche toutes les mèches non rousses. Sépare-les. Ensuite tu fais analyser le verre avec l'ADN contenu dans ces cheveux, ordonnai-je, la voix basse mais tranchante, les poings pressés contre mon front, coudes enfoncés dans le bureau. Préviens-les immédiatement, ajoute que je veux les résultats le plus vite possible. Et fais-le dans la plus grande discrétion. Tu connais les risques.

Je ne voulais pas que cette fille sache que je faisais des recherches sur elle. Si c'est bien Gabriela, elle fera tout pour me mettre des bâtons dans les roues.

Bien, souffla-t-elle, déjà en train de tourner les talons.

Mais je ne la laissai pas partir. Pas encore.

Frida.

Elle s'arrêta.

Les recherches ? Elles en disent quoi, dis-je, tendu comme une corde, prêt à rompre. J'avais besoin de crever cette énigme. De mettre un nom sur ce masque. De mettre un nom sur ce visage. Sur elle.

Elle s'approcha et sortit un dossier de sa veste. Je tapotais nerveusement le coin de mon bureau du bout de l'index, attentif comme un prédateur.

J'ai eu la liste ainsi que la photo de toutes les personnes ayant participé de près ou de loin à cette soirée, m'expliqua-t-elle. Elle me tendit un cliché que j'attrapai à la volée.

Et donc ?, insistai-je de plus en plus curieux de la manière dont Gabriela a inventé et organisé de toute pièce son personnage.

Elle s'appelle Ginevra Mancini. Fille de Mario Mancini, un grand styliste italien.

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⏰ Dernière mise à jour : Aug 14, 2025 ⏰

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