Chapitre 78

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TOC TOC TOC.

Un bruit sec contre la vitre. Je me figeai. Kaleb aussi.

Héééé ! Bande de malades, y'a des enfants ici !, cria Alejandro, à travers la fenêtre.

Kaleb bondit comme si on venait de l'ébouillanter. Je tirai ma jupe d'un geste vif, rouge de honte. Il referma son jean à la hâte, tandis qu'Alejandro, hilare, reculait en appelant les autres.

J'vous avais dit qu'ils étaient pas loin, ajouta Marco, qui déboula derrière lui, une boisson à la main.

Ça fait vingt minutes qu'on vous cherche, marmonna Frida, blasée.

Kaleb jura à voix basse, les mains encore sur sa ceinture.

Putain...

Je me rhabillai en vitesse, évitant leur regard. Mon cœur battait toujours à toute allure, mon corps brûlait de l'intérieur. Kaleb me lança un regard frustré, lui aussi voulait prolonger ce qu'on faisait.

Je les déteste..., souffla-t-il.

Je soupirai, autant agacée que flattée.

C'est pour le mieux.

Il se pencha vers moi, sa voix rauque contre mon oreille.

Ah non. Ce soir. Je te laisse pas t'en tirer comme ça.

Je levai un sourcil, provocante.

Promesse ou menace ?

Il se contenta de sourire. Et son regard disait tout, la partie était loin d'être finie.

On sortit de la voiture comme si de rien n'était. Enfin, presque. J'avais encore les joues rouges, la culotte collée, et Kaleb jetait des regards assassins à Alejandro toutes les deux secondes, comme s'il allait lui refaire le portrait.

Frida marchait devant nous, les bras croisés, le sourcil levé comme une mère prête à gronder.

Vous avez pris votre temps... Vous vous êtes perdus entre les sièges ou bien ?

Je me tus. Erreur. Mon silence sonnait bien trop coupable.

Perdus ?, répéta Marco avec un ricanement moqueur. Vu la buée sur les vitres, j'dirais plutôt qu'ils avaient trouvé autre chose à faire. Pas vrai, Kaleb ?

Ferme-la, Marco, grogna Kaleb sans même se retourner.

Quoi ? J'essaie juste de comprendre. Elle avait besoin d'un câlin pour se réchauffer ? Ou c'est toi qui tremblais ? Parce que ta ceinture... t'as réussi à la remettre à l'envers.

Je levai les yeux au ciel, un soupir aux lèvres. Mais malgré moi, un petit sourire se glissa dans le coin de ma bouche. Kaleb, lui, avait les mâchoires serrées à en craquer les dents.

Sérieusement, t'as un radar pour mes affaires, maintenant ? Va jouer avec une peluche, le gamin.

J'préfèrerais jouer avec Gabriela. Mais bon, elle traîne avec un... faiblard, lança Marco en me lançant un clin d'œil insolent.

Je n'eus pas le temps d'ouvrir la bouche. Frida soupira à son tour.

T'es vraiment un crétin hormonal. On est à une fête foraine, pas dans un remake de Sex Education.

La fratrie s'y mit ensemble maintenant.

Pauvre Gabriela... J'espère qu'il t'a rien fait, ce sauvage hormonal, rajouta Marco, toujours sur le ton de la moquerie.

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