ANNA
Château de Fontainebleau, 5 janvier 1527 ap. J.C.
Anna était magnifique dans sa robe bleue. Elle avait coiffé ses boucles à la perfection et rendu son maquillage plus impeccable que jamais. Il faut que je sois inoubliable, ce soir. Il ne s'agissait que de l'un des très nombreux bals d'hiver, mais Anna donnait le meilleur d'elle-même à chaque occasion. Elle passa un ruban dans ses cheveux et appela sa sœur.
« Lise ? Appréciez-vous ma tenue ? »
Lise sortit de la petite salle d'eau des appartements, qui ne servait qu'à se maquiller et se nettoyer extrêmement sommairement. Il ne fallait surtout pas prendre de bains, tant de maladies passaient par l'eau ! Lise était sublime, comme d'habitude. Sa Majesté va l'adorer... Elle était également... polie.
« Vous êtes très belle, ma sœur. Je suis certaine que vous trouverez un prétendant ce soir !
— Oh, arrêtez, rit Anna. Je ne cherche pas d'époux, cette fois-ci. Je veux juste m'amuser et écouter de la musique.
— Peut-être que Sa Majesté va me trouver à son goût. Je vais essayer de faire obtenir des faveurs à notre famille. »
Lise savait bien que François Ier ne pourrait jamais l'épouser. Les de Viandreux avaient beau être nobles, ils n'avaient pas une goutte de sang royal dans les veines. Tout ce que Lise pouvait espérer, quels que fussent ses sentiments à l'égard du roi, c'était de donner une bonne réputation à sa famille. Parfois, les de Viandreux recevaient des petits morceaux de terre, des robes luxueuses ou encore des dotations en espèces sonnantes et trébuchantes.
Les frères d'Anna brillaient par leur talent militaire, Lise par son charme, mais Anna... Je ne fais pas beaucoup sourire le roi. Je ne suis peut-être pas faite pour la Cour. Et ce n'était pas un drame ! Son anonymat relatif lui permettait de se promener dans le château de Fontainebleau en paix et de vivre ses propres aventures.
« Il est temps d'y aller. » déclara Lise en se dirigeant vers la porte.
Elles marchèrent à petit pas jusqu'à la salle de bal. Anna salua François Ier d'une révérence lorsque celui-ci prit sa sœur par le bras pour danser avec elle. Avec un pincement au cœur, Anna rejoignit la table où une domestique servait du vin aux invités. Elle sirota son verre en écoutant l'orchestre, pensive. Je ne vais rien faire d'intéressant, ce soir. Où est Madame de Saint-Eloi ? Soudain, un jeune homme s'arrêta devant elle.
« Voulez-vous danser, mademoiselle ? »
Anna posa précipitamment son verre. L'inconnu était très bien habillé. Ses cheveux blonds mi-longs se mariaient à la perfection avec ses yeux bleus. Elle ne s'était pas attendue à ce que quiconque lui parlât, et encore moins un si beau jeune homme !
« Euh... Oui, monsieur, je vous remercie. » balbutia-t-elle.
En dansant avec lui, Anna se demanda avec qui elle partageait ce moment presque magique. Un marquis ? Un comte ? Un duc ? Un cousin éloigné de Sa Majesté ? Peu probable, il n'a pas les cheveux noir de jais comme François Ier. Elle ne l'avait jamais vu à un autre bal. Lorsque l'orchestre cessa de jouer, son partenaire lui prit les mains.
« Accepteriez-vous une promenade à mes côtés dans les jardins ? lui proposa-t-il avec un sourire plutôt séduisant.
— Bien sûr ! »
VOUS LISEZ
B
AventuraDouze hommes et femmes se réveillent dans une sorte de manoir dont les pièces changent selon le bon vouloir d'un maître des lieux capricieux, dont les objectifs ne semblent pas... limpides. Après quelques quiproquos, les nouveaux "...
