CAMILLE
La jeune fille jetait des pierres sur l'apparition qui se penchait sur elle.
« Dégage ! Dégage ! » cria-t-elle.
Le monstre ne ressemblait pas à un fantôme. Non, ça c'est physique, solide, pas un spectre ! C'est obligé ! Mais les pierres passaient à travers la créature. Camille devait bien se rendre à l'évidence : il s'agissait d'un esprit. Mais on dirait tellement un vrai !
« Camille ! tonna le fantôme en la pointant du doigt.
— Dégage !!! hurla la jeune fille en lui lançant une vingtaine de cailloux.
— Camille, range ces livres et travaille un peu !
— Hmpf que... j... »
Elle resta bouche bée, tremblant trop fort pour parler. Ses dents se mirent à claquer. Camille se redressa sur des jambes flageolantes. Pitié...
« PHILÉMON ! s'époumona-t-elle. ANNA ! JUKA ! LEMNOS ! MAURICE ! QUELQU'UN ! PITIÉ ! »
Le fantôme, qui ressemblait nettement à quelqu'un de barbu qu'elle ne parvenait pas à nommer, s'évanouit soudain sans prévenir. Un mince filet de fumée s'estompa lentement. Camille prit une grande inspiration, soulagée mais sur ses gardes, regardant autour d'elle au cas où on l'attaquerait par-derrière. Elle donna un léger coup de pied dans le mur de brique à sa droite et écouta le son résonner. Je ne comprends pas. C'est un labyrinthe en intérieur ?
Camille secoua la tête. Je suis tombée du plafond sans mourir, il n'y a sûrement rien à comprendre... Bon, premier objectif : trouver quelqu'un. Elle se força à garder son calme et marcha. Au bout de quelques heures à tourner en rond, Camille s'assit contre le mur, dépitée.
« Lemnos ? » tenta-t-elle à nouveau.
Camille baissa la tête, déçue par l'absence de réponse. Il fait chaud, en plus. Elle essuya son front constellé de gouttes de sueur. Dire que j'ai donné mon pull à Lemnos... J'espère qu'il l'a retiré, le pauvre. Son nouvel ami lui avait expliqué plusieurs minutes durant qu'il était un esclave au service d'Adelphe, un maître monstrueux. Il avait très bien compris que son traitement était anormal à son époque – encore pire à Athènes tout court – et la jeune fille espérait qu'il décide de s'enfuir. Peut-être qu'il sera poursuivi par quelques gardes, mais il pourrait très bien refaire sa vie ailleurs !
De son côté, Camille ne se souvenait de... rien. Son passage devant les fantômes l'avait laissée plus dubitative et embrouillée que jamais. Il y avait bien cette histoire de livres et d'études qui revenait souvent. Quelqu'un lui reprochait de trop lire. Était-ce sa mère ? Son père ? Une connaissance ? On ne lui avait pas laissé assez de temps pour comprendre. Philémon m'a dit que je tremblais de la tête aux pieds et que je criais si fort qu'il a dû me sortir de ma transe...
Elle entendit soudain un léger coup contre les briques à sa droite et tourna vivement la tête. Camille se redressa aussi vite que ses imposantes jambes le lui permettaient et s'exclama :
« Y a quelqu'un ?
— Aidez-moi... » gémit une voix.
Camille se dirigea vers la silhouette qui se découpait à l'angle du mur et reconnut la jeune aristocrate de la Renaissance.
« Anna ! Vous êtes blessée ?
— Cet espèce de spectre blond m'a attaquée et je suis tombée... Ma cheville semble tordue... Venez donc m'aider, ma petite. »
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B
MaceraDouze hommes et femmes se réveillent dans une sorte de manoir dont les pièces changent selon le bon vouloir d'un maître des lieux capricieux, dont les objectifs ne semblent pas... limpides. Après quelques quiproquos, les nouveaux "...
