CAMILLE
Camille était installée devant la télévision. Elle regardait le journal télévisé de l'époque de B, qui avait soigneusement caché la date pour ne pas trop en dire sur sa vie. Il veut rester très secret au cas où je retournerais quand même chez moi, je le sais... Il pense que sans date précise, personne ne me croirait si je prédisais l'avenir. Quelques informations sur la météo, un reportage sur un Thaïlandais du XVème siècle...
« La télévision diffuse très souvent des documentaires sur des hommes et femmes du passé, commenta B, assis bien droit dans un fauteuil près de Camille. Ils se servent évidemment du travail des chercheurs... ce que j'aurais dû devenir. »
Camille ne savait pas comment réconforter B. Il n'y avait rien à dire ! Il avait gâché sa future carrière en essayant de les aider.
« J'espère que ça valait le coup. Est-ce que Lemnos s'en est sorti ?
— Je n'ai pas regardé...
— Mettez-moi en pause et allez-y, s'il vous plaît. Je ne veux pas disparaître sans savoir. »
B acquiesça en silence. Ses yeux étaient vides et il n'était plus capable de soutenir le regard de Camille. Il cachait très mal son épuisement.
« Allez aussi dormir, laissez la pause pendant des jours s'il le faut. Vous avez l'air horriblement fatigué !
— C'est gentil de vous en soucier. » la remercia-t-il en se frottant les paupières.
Une seconde plus tard, le jeune homme n'avait plus de cernes. Il semblait reposé mais... pas tellement serein. Camille sentit son cœur s'emballer. Est-ce que Lemnos est mort ? Oh non, non, non ! B leva une main en écartant des mèches de cheveux tombées devant ses yeux.
« Lemnos va bien, je vous rassure.
— Est-ce qu'il a eu une belle vie ? le questionna-t-elle, submergée par le soulagement.
— Il a travaillé dans l'événementiel, si je peux le dire ainsi. Il préparait des fêtes avec son amie Psamathé. Je ne suis pas extrêmement satisfait qu'il ait changé la vie de plusieurs personnes à la fois, mais après tout... J'espère seulement que personne n'est mort dans une soirée organisée par ces deux-là.
— Si vous êtes toujours là pour m'en parler, c'est que le futur existe toujours, non ?
— Oui, c'est ce qui me rassure ! acquiesça B avec un mince sourire. Je ne pense pas avoir provoqué une catastrophe trop étendue, mais je pense que je me ferai taper sur les doigts par ceux qui auront travaillé sur un passé qui a changé. Sinon, eh bien... »
Camille serra les lèvres. Mince, est-ce que quelqu'un est mort ?
« Je n'ai pas pris le temps d'aller voir chaque personne, mes collègues auraient trouvé louche que je sois ailleurs que dans mon espace virtuel. Malheureusement, je n'ai pas de bonnes nouvelles concernant Nok. »
Camille croisa les bras, anxieuse. Elle en avait la chair de poule.
« Est-ce qu'il est mort ?
— Très peu de temps après avoir évité son exécution, Nok a été attaqué par une bête mutante. »
Les lèvres de B tremblaient. Camille se demanda s'il allait pleurer et toucha timidement son épaule. Le maître des lieux se tourna vers elle, les larmes aux yeux.
« Je l'ai envoyé à l'abattoir ! sanglota-t-il. Il est mort à cause de moi !
— Ne dites pas ça ! s'exclama Camille en lui prenant les mains par réflexe. Vous lui avez permis de vivre quelques jours supplémentaires ! Il a sûrement fait des choses intéressantes au lieu de se faire abattre par quelqu'un qu'il appréciait...
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B
PertualanganDouze hommes et femmes se réveillent dans une sorte de manoir dont les pièces changent selon le bon vouloir d'un maître des lieux capricieux, dont les objectifs ne semblent pas... limpides. Après quelques quiproquos, les nouveaux "...
