Note : J'accélère un petit peu les sorties pour finir avant de partir en vacances, parce que je ne vais pas réussir à poster sinon :D
JULIUS
Julius n'avait pas l'intention de s'entraîner plus que de mesure. Après tout, il n'avait pas besoin d'attendre une reconstitution de Rome pour éviter le sabot d'un cheval ! Il n'aurait qu'à raser les murs du Colisée pour retrouver sa propre monture et rentrer chez lui, où ses fils l'attendraient avec Benedicta. Pourtant, le maître des lieux avait tenu à créer pour lui la meilleure représentation possible de sa ville, en incluant des passants le bousculant sans relâche. Il l'avait installé à sa place habituelle dans le Colisée et l'avait laissé assister au spectacle.
Après les ovations à l'attention du vainqueur, Julius se leva et le temps s'arrêta autour de lui. Tout le monde se figea. Un enfant tenait la main de son père et Julius sentit son cœur se serrer. Allait-il être autorisé à fuir avec ses fils, ou devrait-il les abandonner ?
« Voilà, Julius, annonça la voix de B en provenance du plafond. Vous pouvez aller vers la sortie, mais privilégiez celle de droite. Le cheval se trouvait du côté de la sortie la plus proche de vous !
— Compris. »
Le temps reprit son cours. Julius se fraya un chemin dehors, tenant sa toge de sa main gauche pour qu'elle ne soit pas arrachée en cours de route. Il pesta contre les femmes qui restaient plantées dans son passage et les repoussa sans ménagement.
« Attention, Julius ! le prévint B. Si vous faites tomber l'une de ces femmes par inadvertance et qu'elle fait une mauvaise chute, vous aurez provoqué une mort différente de la réalité ! Si vous continuez de ne pas être tendre avec la gent féminine, je serai au regret de vous interdire de rentrer chez vous ! »
Julius maugréa deux fois plus mais obéit au maître des lieux. Oui, évidemment, il faut que j'évite de changer le passé. Il ne niait pas sa détestation des femmes : bien sûr qu'elles l'irritaient ! Le Romain ne les avait jamais appréciées. Pourtant, rien ne l'empêchait de leur donner de l'argent ou à manger lorsqu'elles en avaient besoin. Cela n'avait aucun rapport avec ce qu'il pensait d'elles.
« Vous n'êtes pas réellement misogyne, Julius, s'amusa B.
— Arrêtez d'écouter ce que je pense ! » s'énerva-t-il.
Il se revit face à cette prostituée, le ventre rond tant elle avait faim. J'ai faim, monsieur, mais si vous n'avez rien... alors passez une bonne journée. Il n'avait pas pu résister à tant de détresse et de politesse. Il l'avait amenée dans sa villa, après un interminable trajet où elle l'avait remercié sans relâche. Après le festin qu'il lui avait offert, il avait ordonné à son intendant de la ramener chez elle. Julius n'avait quand même pas que cela à faire !
Mais elle avait refusé de partir avant de rembourser ce repas. Julius s'était mis en colère. Enfin, quelle perte de temps ! Elle n'avait rien à lui donner, de toute façon, alors pourquoi le harceler comme ça ? Il l'avait expulsée de chez lui sans ménagement.
Presque un an plus tard, en retournant au Colisée, Julius avait cru apercevoir cette femme avant d'y entrer. Après la fin de la course, elle lui avait immédiatement sauté dessus. S'il vous plaît ! J'ai si faim ! Je dors dehors ! Julius n'avait pas pu résister, comme la première fois. Ni la deuxième, ni la troisième, ni la quatrième. Après avoir nourri la prostituée dont il ne connaissait toujours pas le prénom pour la cinquième fois, il avait voulu qu'elle parte, mais son intendant était absent. Elle en avait alors profité pour lui donner quelque chose en échange de ces nombreux repas. Le Romain s'était débattu mais, très surpris par ces sensations inédites, il n'avait plus osé bouger après quelques instants.
VOUS LISEZ
B
AdventureDouze hommes et femmes se réveillent dans une sorte de manoir dont les pièces changent selon le bon vouloir d'un maître des lieux capricieux, dont les objectifs ne semblent pas... limpides. Après quelques quiproquos, les nouveaux "...
