LEMNOS
Palais de Maître Adelphe à Athènes, été 398 av. J.C.
Lemnos avait trouvé beaucoup mieux que de la peinture rouge pour effrayer Maître Adelphe : il avait fait une petite visite dans les cuisines du palais pour récupérer du sang de porc sans se faire remarquer. Un autre esclave l'avait peut-être aperçu, mais il avait fait semblant de ne rien voir. Il avait alors tracé sur le mur :
Il y aura des conséquences si vous maltraitez Psamathé !
Plutôt fier de lui, Lemnos retourna récurer le sol en se disant qu'Adelphe ne méritait pas qu'il fasse le moindre effort pour rendre le carrelage plus propre. Il entendit alors du bruit et se concentra, bien décidé à mettre son plan à exécution.
« Tu vas me dire ce que tu as vu ! s'exclama Maître Adelphe.
— Rien du tout, Maître, je vous le jure ! gémit Psamathé en tentant de lui faire lâcher son oreille.
— Tu mens ! Je n'ai pas pu le rattraper, il s'est enfui comme un lapin, mais toi... Tu étais plantée là, à quelques pas de lui ! Tu as vu de qui il s'agissait, alors tu vas me le dire ! Lequel de mes esclaves manque à l'appel ?
Psamathé sanglota. Je dois rester calme... Ne pas réagir... Rester calme...
« Dépêche-toi ! répéta Adelphe.
— Je n'ai pas reconnu son visage... Il y a tellement d'esclaves ici, Maître ! Vous avez tant de pouvoir ! »
Adelphe lâcha Psamathé et sortit en trombe de la pièce. Oh ? J'aurais simplement pu me taire et rien ne me serait arrivé ? Lemnos se leva pour réconforter Psamathé, mais elle le saisit par le bras et lui souffla à l'oreille :
« Ce n'est plus possible de vivre ici, Lemnos. Tu dois partir avant de dire quelque chose de malheureux, je te connais.
— Oh, ça, c'est bien vrai..., s'amusa-t-il.
— Ce n'est pas un jeu ! le réprimanda-t-elle. Je vais t'aider à fuir, suis-moi.
— Pas la peine ! lui chuchota Lemnos en l'attirant plus loin. Tout est prévu pour que je parte avant la fin de la journée. »
Psamathé le regarda d'un air interdit. Je n'aurais pas dû le lui dire aussi vite... Elle ne peut pas imaginer où j'étais depuis plusieurs jours ! Lemnos lui raconta qu'il avait pris les devants et qu'il n'allait pas lui révéler son plan au cas où Adelphe tentait de lui faire avouer quoi que ce soit.
« De toute façon, il aura trop peur pour te parler, fais-moi confiance.
— J'espère que tu ne vas pas faire de bêtises, Lemnos... Est-ce que je te reverrai avant ton départ ?
— Je ne pense pas, je vais profiter de l'arrivée des invités d'Adelphe pour être tranquille.
— Alors adieu, dans ce cas. Pense à moi quand tu seras libre...
— Tu vivras longtemps, Psamathé. Je te le promets ! »
Son amie le regarda avec des yeux ronds puis fronça les sourcils.
« Tu veux devenir oracle ?
— Peut-être bien ! » répliqua Lemnos en riant.
Psamathé ne semblait même pas étonnée de son attitude guillerette et provocatrice. Je n'étais vraiment pas moi-même, au manoir. Heureusement que Camille et Julius m'ont aidé à me sentir plus en confiance avant de voir ma mort... Sans leurs efforts pour l'aider à s'ouvrir aux autres, il n'aurait jamais cru ce qu'il avait vu dans la clairière. Il devait maintenant faire honneur à ses amis en vivant longtemps et la tête haute.
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B
مغامرةDouze hommes et femmes se réveillent dans une sorte de manoir dont les pièces changent selon le bon vouloir d'un maître des lieux capricieux, dont les objectifs ne semblent pas... limpides. Après quelques quiproquos, les nouveaux "...
