32. Le juge a parlé

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Dans la journée, alors que je discutais avec Carl...

- Dis, j'aimerais trop avoir ton courage un jour et venir avec toi et papa en ville ! Mais, je ne sais pas si j'aurai la force de faire tout ce que vous faites... Me dit le petit.

- Ce que tu dois comprendre, c'est qu'on ne peut jamais revenir en arrière. Écoute, si les choses tournent mal, tu ne peux rien y faire. Vrai ? Je réponds.

- Vrai... Me dit le petit.

- Faux ! Quand le monde entier te persécute, tu te dois de persécuter le monde. Ok ? Ne regrette jamais tes actes, pense les au maximum et agis. Si tu n'es pas satisfait, donne le meilleur de toi-même et fais confiance aux autres... Je réponds.

Dale arrive alors que je finissais ma phrase et nous souris. Il dit à Carl que sa mère le cherche et ce dernier s'en va. Dale me regarde avec un air accablé de tristesse et je sais déjà qu'il veut me dire quelque chose d'important.

Il pose sa main sur mon épaule et me dit :
- Toi aussi, tu ne veux pas que Rick le tue sans y penser, pas vrai ? Me dit Dale.

- Ouais. C'est complètement illogique... Il nous a mis en danger pour le ramener dans la voiture jusqu'ici, parce que ce qu'il a omis, c'est que je saignais beaucoup ce soir-là et que les morts arrivaient, mais non ! Monsieur disait que laisser un homme ici était immoral... Il s'est laissé influencer par la peur, et par Shane... Je réponds.

- Écoute, je trouve ça dommage, très dommage, de décider de le tuer parce qu'on a peur d'hommes qu'on n'a même pas vus ! J'ai réussi à obtenir la journée, pour convaincre tout le monde et ce soir, on revote. Je viens d'aller voir Shane... Il se pliera à la majorité. Me dit Dale.

Shane se plier à la majorité ? Putain, il va neiger.

- Je suis de ton côté, tu le sais... Le pauvre bougre enfermé est d'un autre camp, mais il n'est pas un danger à première vue, il a tout d'une poule mouillée, il est loin d'être comme Shane, tu le sais bien... Et en plus son groupe ça fait un bon nombre de jours maintenant qu'on fait trainer l'affaire, ils ne viendront jamais le chercher. Je réponds.

Il me prit dans ses bras, c'était réconfortant et je savais que c'était une manière de me remercier pour mon soutien. Oui, je voulais vraiment que ce petit s'en sorte et j'espérais ne pas me tromper... Pour cela, je me rendis seule au cagibi, dont je découvre qu'il était gardé par Andrea. Je lui demande gentiment de me laisser entrer, pour y parler seul à seul. Elle hésite, mais, sachant que j'interrogeais souvent le jeune homme avec Daryl, elle accepte de s'en aller un moment.

Je m'assois en face de lui et retire son bandeau à la bouche. Il m'interroge du regard et je soupire doucement. J'espérais qu'il coopère facilement cette fois...

- Écoute Randall... Je ne suis pas ton ennemie, je veux juste faire le bon choix. Ils veulent te tuer...

- Quoi ? Non ! Les laisse pas faire... Me bégaie-t-il.

- Pourquoi ? Je le regarde intensément.

- Parce que, je peux prouver, je peux gagner ma place ! Je suis pas un mauvais gars, je suis juste faible... Me dit-il.

- Hum. Comment je peux te croire ? Je le regarde intensément.

- Tu m'as toujours fait peur et pourtant je te révèle que je suis une mauviette... Quel homme dangereux ferait ça ? Me dit-il.

- Un manipulateur. Je lui dis.

- Ouais, sauf que le manipulateur serait déjà sorti d'ici. Me dit-il.

- Tu gagnes un point. Je lui dis.

Il avait réussi à finir de me convaincre, mais ça n'était pas fini...

- Je suis désolé de t'avoir tiré dessus, je regrette, d'avoir choisi le mauvais camp... T'as l'air d'une fille géniale. Me dit-il.

J'entends un grincement et je vois Carl entrer dans le cagibi, par le toit. Je remets le bandeau à Randall et lui fis signe de se taire. Je me lève et va vers Carl.

- Tu dois pas être ici, t'a pas le droit bonhomme. Sort de là.

- Toi non plus !

- Arrête Carl, joues pas à ça.

Il descend et je l'attrape par le bras pour sortir. Je croise Shane et lui tends le petit, une bonne façon de ne pas faire comprendre que j'étais rentrée ici sans autorisation.

- Il est rentré par derrière, je l'ai surpris.

- Bordel Carl. Dis Shane en l'amenant à Rick.

Et voilà, comment passer inaperçue auprès du grand méchant loup... Se déguiser en loup. La journée passa vite et la nuit tombante, je me rends dans la maison, où Rick as donné rendez-vous à tout le monde, sauf Carl et Patricia qui le garde, en dehors du salon. La discussion autour de Randall commence et Dale fait son discours, mémorable, sur l'humanité et notre groupe, sur le fait que nous sommes tous des gens bien, qui valent bien mieux que ces hommes dehors. Je vois alors, et toujours, la peur dans les yeux de chacun.

Je prends place auprès de Dale et expose ma théorie, imparable :
- On a tous peur, peur de donner notre confiance et de se faire tuer... On est tous un peu égoïstes en soi... Mais Rick ne m'as pas tué quand il m'a croisé en ville, Morgan ne t'as pas tué quand il t'a croisé en ville, vous ne nous avez pas tués quand on a débarqué avec Glenn... Et on était des inconnus... Qu'est-ce qui a changé ? On veut tous se protéger et protéger ceux qu'on aime, mais que fait-on de la bienveillance et du bon sens ? Ça n'est pas de Randall, dont vous avez peur, parce que cet homme-là, est juste un gamin terrifié, prêt à se plier pour vivre... Vous avez peur de son ancien groupe, celui qui n'a pas cherché, en deux ou trois jours, à le retrouver et qui ne viendra pas le chercher... Et si jamais il venait, me diriez-vous ? Est-ce qu'à votre avis, ils préfèrent le savoir mort ou en vie ? Réfléchissez... Il peut servir de monnaie d'échange, ou bien d'une paire de mains en plus pour nous aider. Si vous décidez, décidez bien. S'il doit mourir, c'est notre âme d'homme qui partira et il faudra me passer sur le corps...

- C'est bien ma petite fille ça. Dis Dale. Glenn ? Andrea ? Daryl ? Aidez-nous !

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