61. Le Cheval de Troie.

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Le lendemain matin, j'avais repris mes quartiers dans ma cellule et Daryl s'étais isolé à son tour.
Même si c'était compliqué de ne plus lui en vouloir d'avoir choisi son frère, je le comprenais un peu dans le fond. Et là, je savais qu'il se sentait mal, alors...

 Rick était paniqué et je dus lui expliquer que tout allais bien se passer avec notre défense et que je devais remotiver les troupes avec son aide. Sauf qu'entre temps, je dois gérer la crise d'ado de Carl qui refuse de pardonner à son père on ne sait quelle bêtise, et celle de Daryl qui vient de perdre son frère, le meurtrier. Une bonne journée, quoi.

 Après avoir convaincu Carl de laisser une chance à son père qui en a vu d'horribles ces derniers temps, je pars voir Daryl qui s'est enfermé dans la tour intérieure du bloc C.  

Il n'avait pas fermé la porte à clé par chance alors, je rentre, ferme derrière moi et m'assois à ses côtés. Il a un air livide, froid et, triste à la fois. Il ne me dit rien et continue de souffrir en silence. Moi, je ne sais pas quoi lui dire parce que ben, je ne peux juste pas lui dire "eh, je déteste ton frère, je te l'avais dit."

- Mon frère était devenu un con, mais j'espérais retrouver celui que j'ai toujours connu, avant toute cette merde. Dit Daryl.

- Ce qu'il m'a fait à Woodbury n'a fait que renforcer le fait que lui et moi, ne sommes pas fait pour nous entendre... Je dis.

- Je suis désolé de ce qu'il t'a fait. J'ai été trop con, et je n'ai pas voulu voir qui il était.  Dit Daryl.

- C'est du passé. Enfin, ça le sera quand cette enflure de Gouverneur sera mort. D'ailleurs, tu as trouvé Merle où ? Je dis.

- Il était à la grange abandonnée qui a servi de rendez-vous, il a tué des hommes du Gouverneur. Dit Daryl.

-  Il nous a bien aidé, donc. On va avoir besoin de tout le monde s'il attaque... Quelque chose me dit que ça va arriver.  Je dis.

- Je serai le premier à tuer cette enflure. Dis il en se relevant.

Il semble aller un peu mieux, je l'espère grâce à moi. Il me tend la main, je la saisis et il m'aide à me relever. Un Dixon galant, c'est du jamais vu. Lorsque j'entends Rick interpeller tout le monde, nous suivons ce son qui nous conduit à la cuisine où un plan de défense est mis en place par les soins de Glenn, moi et Rick. Rick, toujours très inquiet, a décidé de jouer la carte du Cheval de Troie.  

Notre plan mis en place, nous enlevons toutes nos affaires du bloc C et partons-nous réfugier au fin fond de la prison.  

Plus tard... 

Cachée dans mon placard à balais plongé dans le noir et porte entrouverte, j'entends la porte du couloir menant à notre bloc être défoncé à coup de pieds. J'étais la première à devoir faire ça alors, j'attendais juste que les hommes soient bien rentrés dans le couloir pour lancer le plan. 
J'étais le signal d'alarme, celle qui est en première ligne, je ne peux pas me louper.

- Fouillez bien toutes les pièces habitables. Lance le Gouverneur.  

Va en enfer et étouffe-toi dans ta connerie. 

Je balance deux fumigènes dans le couloir et m'enferme dans le placard dans le plus grand des silences. J'allume ma radio, sur la fréquence 1, et tapote deux fois sur celle-ci pour donner le premier signal à Rick. Je remets la fréquence alpha et fis crépiter la radio avec un peu de papier alu' pour que mon interlocuteur au bout du fil comprenne que j'étais là. Il y a des choses qu'il vaut mieux garder pour soi, comme par exemple : inclure Shane au cas où, pour s'assurer que le Gouverneur ne ressorte jamais d'ici. 

Les hommes un peu partout dans la prison paniquent un peu en voyant des fumigènes, mais une prison vide, a priori... Tout à coup, l'alarme de la prison résonne. Daryl a réussi ! J'espère qu'il est en sécurité. Soudain quelqu'un apparait, parmi la brume et face à moi, dans ce petit placard. Il me chuchote à l'oreille : 

-  C'est moi. Je suis venu te protéger, si cette alarme fonctionne encore dans dix minutes, ce sera envahi. Dis cette voix, qui est celle de Shane.
Ben oui, c'est vrai que je ne lui ai pas donné notre plan. Et puis d'abord, il est rentré comment ?

- C'est le but.  Ils sont notre armée, les morts vont créer un mouvement de panique vers la sortie où les survivants se feront tuer par Glenn, Maggie et Randall. Les morts suivront et quand tout le monde est dehors, le groupe sort pour nettoyer les dégâts. Je dis.

 - Très bonne idée, ça. Lance Shane avant de se plaquer contre la porte lorsqu'il entend un râle.

Les zombies venaient d'entrer et commencent à semer la pagaille comme c'était prévu au départ. Ils tapent sur toutes les portes, mais heureusement que Shane est robuste... Un peu plus tard, Shane va voir ce qu'il se passe à la sortie et il revient vite :

- Je dois partir et tu dois continuer ton plan. Ils ne doivent pas me voir. Je resterai dans les environs jusqu'à demain, pour surveiller. Fais gaffe à toi. 

Shane me protège, me sauve la vie, maintenant ? C'est moi qui l'ai foutu dehors, qui lui est tiré dessus, alors, pourquoi revient-il à chaque fois ?

Alors qu'il part en courant et disparait très vite dans la brume, je sors à la suite, pistolet armé, chargé et sécurité retirée, allant vers l'avant de la prison. Dans les jardins, je retrouve mes amis armés en train de tirer sur les morts restant dans l'enceinte. Tout le monde s'en est très bien sorti apparemment. Dale s'approche avec le reste du groupe, ceux qui n'ont pas d'armes à feu, et lorsque les morts sont éliminés, il me lance :

- Je crois qu'on est tranquille maintenant. 

- On doit pourchasser cet enfoiré et en finir. Lâche Rick, convaincu.

J'active la radio par sécurité et lui réponds, stratégiquement pour que Shane comprenne aussi.

- Rick, tu veux vraiment poursuivre leur groupe ? Ils ne sont plus beaucoup, je suivrai le mouvement. Mais il faut se dépêcher ! 

- Je veux venir ! Dis Carl.

- Tu as tué un innocent dans la forêt alors que tu devais nous protéger des dangers, seulement, Carl.  Accuse Hershel.

Alors comment ça, déjà? 

- Non. On règlera ça après, je prends avec moi Daryl, Michonne et Océane. Dis Rick.

- Donc allons-y, et vite !  Je dis.

Une fois prêts, nous prenons la voiture et partons à la poursuite du Gouverneur, suivant les traces de roues faites récemment sur le chemin de terre. Sur la route, j'étais à l'arrière avec Daryl qui, stressé comme pas possible, avais posé sa main sur ma cuisse au lieu de la sienne. Donc moi aussi, j'étais tendue. 

Soudain, Rick s'arrête et sort avec son arme pointée sur quelqu'un. Nous faisons tous de même et voyons une femme, qui nous raconte alors ce qu'il s'est passé, sur cette route qui ressemble à un champ de bataille. 

"Le Gouverneur a pété un plomb." Disait-elle. "Il a tué presque tous ses hommes, un fou. Puis, il est parti en sens inverse à la ville." Finit-elle. Donc, il a décidé de disparaître.

Nous reprenons la route avec cette femme dans le coffre, en vie bien sûr et allons jusqu'à Woodbury. Nous arrivons devant la porte et sortons, je remarque alors une chose : les gardes postés en hauteur sont les gens qui ont quitté la prison quand Rick était devenu fou. 

The Running DeadOù les histoires vivent. Découvrez maintenant