Je toque à la porte de ma voisine, Jenna, qui me répond aussitôt. J'avais approché sans même savoir comment prendre la situation, ni comment en parler avec elle, après tout nous n'étions même pas amies. Je faisais ça pour Rick, parce qu'il me l'avait demandé.
- Écoute, il faut qu'on parle de quelque chose dont j'ai eu vent. Gérant les personnes employées par la communauté, je m'assure de leur bien-être, tu vois. Je tente alors de le passer de cette manière.
- Que veux-tu dire par là ? Me demande-t-elle.
- Rick m'a fait son rapport, il suspecte des violences dans cette maison-là. Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais, ta santé, à toi et tes enfants m'importe. Je réponds.
- Tout va bien, je t'assure. Se justifie Jenna.
Je l'observe, elle avait un bleu au bras, sous sa manche légèrement remontée. Elle m'observe et redescend sa manche. Sachant que j'ai remarqué, elle soupire et se pousse de la porte pour me laisser rentrer.
- Il n'est pas encore rentré. Tu sais, c'est mon mari, et je l'aime quand même. Se justifie encore Jenna.
- Arrête, il te fait du mal. Et ça ne devrait pas être permis. Ce n'est pas de l'amour. Je réponds.
- Et qu'est-ce que je fais ? Je le mets dehors ? Réfléchis un peu, je ne peux pas... Se plaint Jenna.
- C'est exactement ça, tu le mets dehors, il se débrouillera ensuite. Je dis fermement convaincue.
Soudain la porte s'ouvre sur son mari, un grand homme baraqué qui s'avère être le docteur... Oh, merde. Double merde que c'est le docteur que je dois voir dans deux semaines. Je me lève, me mettant devant Jenna, alors que notre cher coupable demande ce que je faisait chez eux.
"Visite médicale" je répondis.
- Tout va bien chez moi.
- Le bleu sur son épaule. J'suis pas bête.
- Mêle-toi de tes affaires.
- Ce sont mes affaires, je suis chargée des employés de cette communauté, et de leur sécurité.
Il commence à s'énerver, je sens Jenna saisir mon bras et me tirer en arrière. L'homme me demande de partir, mais je refuse, je lui dis que c'est à lui de partir, et d'arrêter de battre sa famille. Alors qu'il nous fonce dessus, Jenna me force à le suivre, et je le fais sans ronchonner, plutôt tendue. Elle nous enferme dans la cuisine, avant de me dire :
- On passe par l'autre côté et on va se cacher, ça va lui passer... J'espère ?
- Il a l'air vachement en colère, quand même. Je n'aurais pas dû venir seule, il avait raison...
Nous partons par l'autre côté, et atteignons le couloir de l'étage, courons jusqu'en haut et allons dans un des placards, tout juste bon à accueillir deux personnes. Elle me murmure :
- Tu n'aurais pas dû venir...
À vrai dire, c'était une décision hâtive comme je sais les faire. Je me suis dit, que je pouvais juste aller dire à un père de famille d'arrêter de cogner sa famille et de déménager sans accrocs. À moi seule.
Alors qu'on l'entend monter, je pose ma main sur ma bouche, pour ne faire aucun bruit. J'étais littéralement morte de trouille, dans mon placard. Cet homme faisait deux fois ma taille et mon poids, il me tuerait en moins de deux.
"Je sais que vous êtes là, les filles..." Dit-il de loin, fouillant apparemment les pièces de l'étage.
Je voulais prendre Jenna, la sortir de là, de cette maison, mais je ne voulais pas le laisser gagner de cette manière, et je savais qu'elle ne me suivrait pas. Prise d'un élan de courage, je prends la main de Jenna et sors du placard, courant dans l'escalier. Mais, il nous avait déjà vues et nous suivait. J'entraîne la blonde à l'extérieur pour espérer un retournement de situation en notre faveur et me retrouve à reculer face à un homme furieux, quand soudain...
- Hé ! Les touche pas.
BIM. Randall venait de sortir de l'encadrement de la porte et mettre un coup de poing dans le visage du docteur qui déjà qu'il était furieux, là, je ne préfère pas imaginer. Et ils se battent, sans que nous puissions y faire quoique se soit. Même si le mari de Jenna avait la force, Randall avais la technique, et il prit vite le dessus, à terre, sur le docteur. Jenna pleurait dans mes bras, moi terrifiée à ses côtés. Il l'enchainait de coups de poings puissants, sans s'arrêter, il avait la haine sur son visage. Et putain, je vous jure que ce jour-là, je n'avais jamais vu ni réalisé ce dont Randall était capable pour les gens qu'il aime. Pas avant ce moment.
- Arrête ! Randall arrête, tu va finir par le tuer... Je le supplie d'une petite voix.
Mais, rien n'y fait. Je lâche Jenna pour m'approcher des deux hommes et répéter ma demande.
- Randall... S'il te plait.
Il s'arrête l'espace d'un instant, ce qui me permit de le tirer par le bras et libérer l'homme sonné. J'éloigne Randall et Jenna du docteur dont le visage était en sang au sol, appelant Rick sur sa radio, à la rescousse. C'était la deuxième fois que je voyais ce visage haineux sur le jeune brun et je commençais à me demander s'il allait bien. En parlant du loup, il me prend vivement dans ses bras, je le sens soupirer, faisant redescendre la pression. Je pose ma tête sur son épaule, moi aussi me sentant un peu plus en sécurité.
- Heureusement que t'es arrivé...
- C'est Rick qui m'a prévenu. Il se doutait que tu irais seule...
Je me décolle alors que Rick arrive, n'aidant pas l'homme à se lever. Malheureusement, Rick était arrivé avec Donna. J'explique alors de façon diplomate la situation :
- J'ai fait une petite inspection, car on m'a rapporté des soupçons de violence. Et, le docteur ici présent m'a agressé, comme il l'aurait fait à sa femme.
- Ton ami l'a agressé en retour.
- Je le reconnais, mais le plus dangereux ici, c'est votre docteur. (facile à dire quand l'un est défiguré et c'est pas en ma faveur)
Je me tenais à côté de Randall et Jenna, lorsque Donna ordonne à tout le monde de se disperser. Rick me regarde d'un air, me priant de le laisser faire, il s'approche du docteur et l'aide à se lever, le prenant à part pour lui parler fermement.
Donna, quant à elle, me demande, de la rejoindre au bureau le plus vite possible. J'allais me faire engueuler, en plus ? Je regarde Randall, qui s'était mis légèrement devant moi, comme un bouclier. Je lui demande s'il veut bien m'accompagner, n'ayant pas envie d'affronter ça toute seule, maintenant.
....
J'étais chez Donna, dans son bureau, seule avec elle, Randall obligé d'attendre dehors et patientait. On dirait un de ses rendez-vous avec la directrice du lycée, avant de te faire enguirlander.
- Pardon, alors... J'ai eu vent de tout ça, et j'ai peur pour ma communauté, tu comprends ? Donna commence, avec ce ton habituellement calme.
- Et moi, j'ai peur pour toute la population d'Alexandria, Donna. J'ai fait ça pour la sécurité de Jenna, j'avoue, je n'aurais pas dû y aller seule, mais je n'avais pas le choix... Vous savez qu'il est dangereux...
- Je conçois, mais... Ton ami l'est autant ?
- Il voulait juste nous protéger, il a dérapé. Balle au centre ? Il ne bat pas ses amis, Randall.
- Écoute, je vais y réfléchir. Tant que ton ami se tient à carreau, tout ira bien. Merci, Océane.
- J'ai été honnête avec vous, Donna. À plus tard !
Je ne sais pas trop si j'avais gagné ou juste permis d'avoir du temps en plus.
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The Running Dead
FanfictionTriangle amoureux Daryl x OC x Randall. Fanfiction / Trigger warning violence, zombies, sang. Histoire reprise de The Walking Dead. Un virus mortel transforme les humains en zombies... Le monde est désormais aux morts et aux malhonn...
