140. Mommy issues ?

30 3 0
                                        

Aussitôt revenus de ce massacre qu'a été notre mission, je me suis enfermée dans ma chambre pendant, eh bien.... Bien trop longtemps aux yeux des autres, mais pas assez pour moi. Je n'arrivais plus à réfléchir correctement. Rick devenait... Peu à peu comme Shane l'aurait été en bien des situations. Violent, irréfléchi... Nous avions décidé de prendre la situation différemment et de nous faire petits, vis-à-vis de Negan, ne sachant pas où il est. Mais si vous voulez mon avis, ça va forcément nous retomber dessus. 

Debout devant mon armoire, je tente de décider de la tournure de la journée à venir, lorsque...

[VLAM !] 

Je me retourne en sursaut, le cœur battant fort, vers un Daryl furax, puis, soudainement gêné. Ah oui pardon, je n'ai pas dû préciser que j'étais en train de m'habiller. Il referme la porte derrière lui et s'y adosse en baissant les yeux vers le sol. 

— C'est bon, t'as fini de faire l'enfant ? Il grogne entre ses dents. 

— Puis habille-toi. Me sermonne toujours Daryl. Quelqu'un pourrait entrer. 

 — Comment ça, "faire l'enfant" ? Et puis ça me regarde, si on me voit en sous-vêtements. T'es bien là, toi. 

Je commence à fouiller dans mon armoire afin de dénicher du confortable pour aujourd'hui. 

— Moi, c'pas pareil. Oh puis tu me fais chier, arrête de faire ça là, on dirait une putain d'ado en crise ! On a du boulot alors, euh, tu viens, point. Suffit, de se morfondre. 

 Je m'arrête instinctivement de bouger quand je l'entends. Statue time.
— Wow. 
C'est sorti tout seul.  

Je commence à me dire que là, j'ai envie de lui en faire baver.
À commencer par la tenue et par son attitude. 
—  Ça veux dire quoi ça, hum ? Je me retourne pour lui faire face. 

— Que tu arrêtes ton cinéma et que tu te dépêches, là. 

  — Oh pardon... Va me chercher Rosita, s'il te plaît. Dis-lui que c'est très urgent. 

Il ne semble pas comprendre, mais Rosita et moi, on n'a jamais été proches. En revanche, elle a un sens de la mode très prononcée et elle sait, ce genre de choses. Je commence à regarder tout un tas de fringues en attendant et quelques minutes après avoir vidé mon armoire sur mon lit, ou presque, on rentre en toquant.

— Oh, my... Océ ? 
—  Rosita ! J'ai besoin de tes euh... Talents... Pour les fringues. Je sors en ville tout à l'heure, mais je voudrais quelque chose, de, tu sais... ? 
—  Pour...  Oh, je vois. 

 On n'a pas dis grand-chose, mais c'est marrant comme elle comprend vite. Elle affiche un sourire en coin et rigole. Elle approche de mon armoire en essayant de savoir pour qui je faisais ça mais, je ne dis rien, du tout. Elle me sélectionne un jean taille basse, un haut serré et sors un genre de ceinture supra jolie qui remonte aux épaules et qui sert à caser les armes dedans.  

Je la remercie et enfile tout ça alors qu'elle part. Effectivement, je ne porte pas forcément ce genre de style sexy, mais, ça a l'air de m'aller, un minimum. Putain, je ne sais pas du tout où et quand rejoindre Daryl !

Personne n'est là dans la maison, donc je décide de partir de toute façon et d'aller au stockage d'armes. J'y retrouve Olivia auquel je demande si elle sait quelque chose sur la sortie du groupe.

— Ils partent dans quelques minutes, ils t'attendent. 

— Comment ça, ils ?

—  Daryl, Denise, Rosita et Randall, pourquoi ? 

— Denise ? Oh, okay. Je me dépêche, je me dépêche. 

Je récupère mon pistolet, ma machette et un rouleau de bandages qui traîne puis pars vers l'entrée. Alors que j'arrive aux portes, il semblerait que ce soit un voyage à pied premièrement et ensuite, que tout le monde me regarde.

Ah oui, c'est vrai, ma tenue. Peut-être que ça marche un peu trop bien. Rosita me fait un clin d'œil et vient marcher à mes côtés alors qu'on sort dehors. 
— Je ne sais pas vraiment ce qu'est ton but, mais....
—  Chut... je ris doucement. Je suis même plus sûre du process. (elle veut juste faire chier son monde)

Elle rigole doucement alors qu'on ferme la marche, Denise au milieu et les deux hommes qui, pour une fois, ne se tapent pas dessus, devant. Notre marche dura bien deux bonnes heures avant que l'on atteigne l'entrée d'un village et plus précisément d'un centre pharmaceutique. D'où la présence de Denise dans le convoi. Denise est une femme exceptionnelle, elle fait de son mieux pour à peu près tout et elle est, par-dessus tout, plus courageuse qu'elle n'y parait. Elle n'est pas bien douée, mais je l'admire parce qu'elle essaie toujours, encore et encore.     

Je me joins à Denise avec ma machette pendant que les autres décident de s'assurer qu'entrer est sécurisé pour tout le monde. Mis à part deux rôdeurs éliminés à notre entrée tout semble ok.

Je propose de suivre Denise dans ses déplacements à l'intérieur pendant que les autres récupèrent des ressources. Alors qu'elle et moi nous éloignons un peu, je me pose contre une porte et l'ouvre, me trouvant face à un pharmacien mort cramé.
Pardon ?

— Denise, derrière moi. Je saisis mon talkie. Faites gaffe, un pyromane est passé par là. 

Je coupe ma radio et laisse Denise fouiller, gardant un œil tout de même sur notre seule sortie. Un courant d'air passe, claque la porte et fais hurler Denise, réveille le mort carbonisé qui se jette sur moi. 

Je le pousse, le cogne, mais il semble résistant.
—  Denise prend ma machette, vite ! 

Dans un tel chahut, elle saisit ma machette alors que je repousse comme je peux la mort à mes trousses. Je récupère la machette, elle était incapable de bouger, et ça ne m'aidait pas. Je galère, me coupe un peu le bras en essayant de tuer le mort collé à moi.

— Désolée, Océ...

—  Argh, putain... T'inquiètes, y'a pas mort d'hommes.  Je vais bien. 

Le centre était tellement grand que je n'étais pas sûre que les autres aient entendus nos cris. J'ouvre la porte, et trouve Daryl derrière qui allait entrer. Je m'adosse au mur pendant que Denise reprend ses esprits.

—  Tout va bien là-dedans ? 

—  Ouais, juste un courant d'air.      

Un putain de courant d'air, ouais.


The Running DeadOù les histoires vivent. Découvrez maintenant