Rentrés depuis peu, moi assise au bar de la cuisine, sur le tabouret, je regarde Doc', faire cuire des pâtes, l'air un peu dépité et fatigué par la douleur.
Pourquoi il a fallu qu'on se fasse envahir par une horde ? On n'a même pas fait de bruit, ni rien... Enfin, c'est la vie de maintenant, je suppose. Je repense à ce que j'ai vu un peu plus tôt, qu'est-ce que faisait Randall avec elle ? Abraham parti en expédition, elle se permet de faire n'importe quoi.
J'étais dans mes pensées quand Doc' m'en sors :
- Bon, vu ton état, p'tite, je vais mettre des.. Herbes... Aromatiques... Dans la sauce.
- Vieux, elle a des cachetons à prendre. Souffle 10Milles qui venait s'asseoir à mes côtés.
- Eh bah, ça n'est qu'un supplément ? Je n'en mets pas beaucoup, juste une dose.
Je fronce les sourcils en les regardant débattre sur la dose à mettre alors que je sors la boite de calmants de ma poche.
- Vous savez que je suis encore à côté de vous ?
Ils se tournent vers moi et acquiescent tous deux. Ah. Je range ma boite et capitule. Alors qu'il me sert une portion de pâtes, je repense à cette journée, ayant hâte qu'elle se finisse. Je me mets à manger directement, sentant alors que les fameuses herbes de Doc n'avaient pas la senteur de thym, ou encore de persil.
- Elles sont pas périmées ?
Doc me regarde en souriant largement et laisse échapper un ricanement. Je le regarde attentivement hausser un sourcil d'amusement, ne comprenant absolument pas pourquoi.
- Elles sont fraîches.
Je réfléchis un instant, tout en continuant d'avaler mes pâtes en sauce. Si elles étaient fraîches, alors pourquoi elles ont ce goût ? Je mangeais assez vite, j'avais soudainement une faim de loup et je finis par sentir ma douleur s'estomper peu à peu, tout comme ce sentiment de faiblesse qui me prenait aux tripes un peu plus tôt. Là je suis juste quelqu'un qui pourrait ronfler sur un tabouret.
Petit à petit, je commence à me détendre et comprendre :
- C'était pas qu'aromatique, hein ?
- Tu as mis autant de temps que ça ? J'ai dû forcer sur la dose. Lâche Doc.
Il avait mis quel genre de chose dans mes pâtes ? Enfin, je crois que je m'en fiche, ça fais mieux effet que les cachetons que j'ai à prendre et en plus ça calme mon esprit tourmenté. Lorsque je me lève, je manque même de tomber. Doc' me rattrape et nous allons nous asseoir sur le canapé. "Oh là molo asticot, c'est ta première dose, fais pas la maline", me dit-il en rigolant.
Maintenant seuls tous les deux, il me regarde un instant avant de poser son regard sur la fenêtre derrière moi.
- Il est tard, si tu sens que tu pars, préviens-moi, j'irai te coucher.
- J'ai pas sommeil du tout, tu sais...
Je devais faire partie de la population qui déborde d'énergie et non de ceux qui cette substance s'endorme. (Non, la vérité c'est que je suis un déchet sur ce canapé mais que dormir, jamais de la vie)
Je m'affale sur le canapé alors que mes pensées sont d'un calme plat. Je pense que ça devait clairement se voir, que j'allais très bien et peut-être même trop.
- Rappelle-moi de me mettre à fumer, Doc', je lâche.
- Hmmpff, je crois pas qu'se soit une bonne idée. Enfin, je t'en filerais à l'occasion, mais tu dois pas faire ça.
- Pourquoi ? J'oublie tout ce merdier, je me sens bien, pas de blessures, et pas de tristesse.
- Tu étais triste ?
Je me fige, alors qu'il pose la question. Celle que j'évite en mangeant des pâtes à l'herbe. Celle de la faiblesse. Celle que, même moi, je refuse d'aborder envers moi-même. Le silence semble durer plus longtemps que prévu vu qu'il reprend la parole pendant que je fixe le plafond.
- J'ai touché la corde sensible, je crois. Ça a un rapport avec quelqu'un ?
- Quelques-uns.
Je souffle doucement, lâchant clairement un "ca m'fais chier, et je préfère ne rien dire, ce serai dommage de gâcher les effets de ta sauce. " Alors que je lui dis que je commence à avoir trop d'infos en tête et que je n'arrive plus à penser, 10K redescends un moment habillé, pour le tour de garde, je crois ? Je ne sais plus à vrai dire, où il va.
- Eh, mon pote, tu m'aide à la monter dans sa chambre avant de partir ? Demande Doc.
Je me redresse un peu, et je vois les deux hommes me soutenir et approcher des escaliers. Ils me paraissaient si longs et haut, pour quelqu'un qui sort à peine de l'infirmerie et qui n'a pas pris ses cachets, mais de l'herbe. Soudain, on toque à la porte et 10K lâche son emprise sur moi pour aller voir. Je me rebelle et me libère en râlant à voix basse :
- Je tiens debout, je suis pas encore morte... (Noon, elle vient juste d'halluciner devant les escaliers...)
Sur le palier, Randall. Je me tourne, avec mes yeux presque fermés, ma tenue de sport et mon visage couvert de coupures et de pansements. Je le regarde d'un air impassible, lui qui semble toujours contrarié.
- Euh, bon. C'est ton tour. On peut parler sur le trajet ? Demande Randall en m'ignorant.
Je souffle et attrape le bras de Doc, et lui demande de m'aider à monter. Durant le trajet, je sens mon épaule sursauter, mais n'y prête pas attention. Une fois sur mon lit, je souris légèrement et remercie Doc largement. J'avale un cachet et m'endors immédiatement. L'aube arrivait à peine quand une douleur me réveille en hurlant presque.
- Ahhhhh, putain de bordel de merde !
Je me redresse illico alors que Doc, encore en pyjama/peignoir blanc, arrive en courant, l'air affolé. Je regarde autour de moi, un peu paniquée, et surtout, remarquant que mon épaule est bloquée, de travers...
Il le remarque et m'attrape l'autre bras valide, courant presque dans les escaliers, et sortant en robe de chambre dans la rue jusqu'à la maison de Denise. Il toque, criant son nom.
- DENISE DENISE DENISE ! Vite !
La porte s'ouvre sur Denise déjà habillée, elle pose ses yeux paniqués sur moi et voit tout de suite le problème. Moi, je souffrais énormément.
- Elle a dû bouger encore dans la nuit, il faut que tu portes une écharpe.
Elle semble calme, pour le moment, je tourne la tête et vois Daryl revenir avec Abraham et Sasha, se séparer et mon arbalétrier venir vers nous. Soudain, j'entends un violent "CRAC" et sens les mains de Denise manipuler mon épaule.
- AHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!
Je pousse un cri violent, qui me casse la voix. Mes larmes coulent sur le moment alors que tous les trois me regardent. Je souffle un instant et avale le cacheton du jour que je gardais dans ma poche.
- Plus jamais. Je grogne.
- Eh, c'est quoi, ça ? Demande Daryl.
- Elle s'est déplacée l'épaule hier, en faisant fuir une horde, résume Doc.
- On retourne à l'infirmerie, Océ, dit Denise.
- Je vais enfiler des fringues, eh mec, Doc' regarde Daryl, tu peux l'amener ?
Il hoche la tête et le petit groupe se sépare, sur moi qui tire la gueule tout le long du trajet.
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The Running Dead
FanfictionTriangle amoureux Daryl x OC x Randall. Fanfiction / Trigger warning violence, zombies, sang. Histoire reprise de The Walking Dead. Un virus mortel transforme les humains en zombies... Le monde est désormais aux morts et aux malhonn...
