106. Une impression de déjà-vu ?

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- Océ, océ. Souffle Shane.

Il soupire, passant ses mains devant son visage qui à l'heure actuelle avait un air grave. Il n'avait donc pas changé, et je pouvais deviner qu'il allait me dire que non, sauver ses amis et son village, c'était trop risqué. Il allait essayer de me retenir à l'intérieur, pour que je ne risque pas ma vie pour des gens que j'aime. Mais cette fois et comme toutes les autres, je ne l'écouterais pas. Si j'ai bien appris une chose, c'est que Shane, finis toujours par se résigner pour une raison qui m'échappe, quand il s'agit d'une décision que je prends sans le consulter. (encore une fois, comme toujours. Je ne l'ai jamais consulté, pour autant que je me souvienne.)

- Non, on ne peut pas sortir Océ, t'as bien vu le nombre qu'ils sont dehors, c'est de la folie.  Réponds Shane.

Je m'en doutais, à vrai dire. Je le contourne en roulant des yeux, un léger air nerveux plaqué au visage lorsque je parcoure l'église du regard, demandant à Gabriel s'il cache des armes ici, sait-on jamais. "Oh grand dieu, jamais !" Bah ouais, c'est tout lui ça. Je me balade dans l'église, fouillant chaque recoin plus ou moins vide.

- Océ, sérieux, t'es armée d'un couteau de boucher. Essaie de me convaincre Shane. 

- Et toi d'un fusil, Shane, pour une fois, bordel, fais-moi confiance. 

- C'est pas la confiance le souci, c'est qu'tu veux te jeter dans la gueule du loup bêtement. 

- Si sauver ses amis, c'est bête, alors je suis bête, oui.

Soudain quelque chose me vient en tête.  Je me souvenais de l'idée de Rick, de se fondre dans la masse. J'esquisse un léger sourire et me dirige vers la porte de sortie. C'était une idée complètement folle qui m'angoisse énormément, mais ça avait fonctionné, jusqu'à ce que la pluie s'en mêle ce jour-là, où Rick était parti seul avec Glenn.  Espérons que le temps joue en ma faveur cette fois... Parce que sinon j'y passais.

- Surtout, Shane, reste là, je reviens. Genre, deux minutes chrono.

Alors que je referme la porte derrière moi, un mort passant attire mon attention, je siffle et il débarque, lui et trois autres. J'en tire un que je pousse dedans avant de rentrer et fermer, faisant barrière aux deux autres zombies qui voulaient ma peau.

Une fois dedans donc, j'attrape le mort qui était visé par Shane et, le plante dans le crâne. 

- C'est quoi ce bordel  !? Me gronde Shane.

- Regarde et apprends.

Je découpe le mort avec le couteau, violemment, mais ça prenait un temps fou. Je me relève et viens décrocher l'une des croix accrochés au mur, sous les plaintes de Gabriel qui me voyait presque profaner une église. Faut l'imaginer pousser un "Par la vierge, qu'est-ce que tu fais ?" avec son air béa. (le seul jour où j'ai kiffé passer du temps avec Gabriel c'était pour cette putain de scène hilarante)

- C'est pour la bonne cause mon père.

Je taille donc une partie de cette croix en pointe, croix qui n'était pas bien grande, elle devait bien faire 30 cm, tout au plus. Ensuite, je dépose donc mon couteau au sol et me relève un peu pour planter, que dis-je, "splasher" le corps du rôdeur déjà bien mort, un peu partout. Ensuite, je viens m'enduire de ses restes, à savoir une tripe, un intestin et du sang, partout. Je viens mettre de ce sang sur mes vêtements également, à contre cœur. 

Ensuite, je regarde Shane qui avait un air de cadavre, surement très surpris. Il me pointe du doigt, l'air très sérieux subitement, avant de reculer.

- C'est pas ce que je pense, hein ? Non non non, Océ, non ! Putain, jamais j'fais ça. T'es complètement atteinte. J'te suis pas, là.

Oh que oui, atteinte, je le suis. Je le regarde, hausse les épaules et saisissant mon couteau, je sors de la bâtisse et regarde autour de moi, les morts suivent tous la route, menant à l'armurerie, là où moi, j'allais aussi. Eh bien évidemment, ils ne me remarquent pas, ayant la même odeur qu'eux. Je me faufile donc au milieu des rôdeurs, sentant une main se glisser sur ma hanche, lentement. Je tourne un peu la tête, voyant Shane, arme baissée, l'air renfrogné et lui, couvert de tripes de zombies qui se glisse contre moi, derrière, en renfort. 

Un léger sourire plaqué au coin des lèvres, je me reconcentre sur mon objectif, avançant sur cette route longue et lente, vu qu'il faut s'adapter au rythme des zombies. Le souci, ça va être d'arriver à rentrer après ça. Je tiens le bras de Shane et le tire doucement sur les bords de la horde lorsque j'aperçois les bordures de l'armurerie au coin de la rue. Mon couteau en main, j'élimine les quelques morts qui s'égarent avec moi. 

Je contourne le bâtiment et viens toquer à la fenêtre la plus accessible, à l'arrière. Olivia semble à l'intérieur, elle m'entend, mais ne viens pas. Je toque, avec une petite mélodie pour lui faire comprendre que peut être, c'est pas un rôdeur qui toque, cette fois. Elle se tourne, l'air effrayé et un AK dans les mains, puis approche de la fenêtre. Je murmure : 

- Ouvre, on est bien vivants...

Elle nous regarde, esquissant une moue, comme si elle n'avait pas compris.

{Olivia, Olivia, réfléchis... Je ne vais pas hurler au milieu d'une horde...}

(nda: entre les {} ce sont des pensées) 

Je lève la main, et fais coucou à Olivia, d'un air ennuyé, avant de sourire quand elle sourit, rassurée. Elle approche et ouvre la fenêtre par laquelle moi et Shane, nous glissons. Elle me demande qui c'est, je lui réponds que c'est un ami qui vient de l'extérieur. Je range mon couteau dans ma bottine et je prends le premier AK qui me vient, le recharge et prends un chargeur de plus, puis je saisis ma machette.

Je me tourne vers Olivia et la prends par les épaules.

- Surtout ne sort jamais d'ici, sous aucun prétexte.  Moi et Shane, on va défendre cet endroit, coûte que coûte, ok ?

Elle me répond un léger "oui", des "larmichettes" aux bords des yeux.  Je la prends dans mes bras et me recule, saisissant mon arme à feu. (du coup, Olivia sent comme moi, maintenant)

- Prêt ? 

Je regarde Shane avant de me diriger vers la porte principale, une porte classique, évitant d'ouvrir la porte de garage. Heureusement que mon coéquipier m'avait suivi, je n'aurais clairement pas fait la maline longtemps, sinon. Puis, je commence à tirer sur la horde, suivi de Shane qui me lance dans ce bruit ambiant :

- Tu sais que tu m'intrigues, toi ? 

Oui car pour une fois j'ai vraiment pensé que Shane avait cette once d'humanité en lui.

The Running DeadOù les histoires vivent. Découvrez maintenant