Je compris que l'on m'avait assommé, puisque je me réveilla,
la tête cognante.
J'étais assise sur une chaise,
les mains menottées.
Je tâchais de garder bonne figure,
mais mon coeur battait extrêmement vite, j'étais stressée,
et surtout très épuisée,
sans oublier les coups de ceinture que j'avais reçu la veille,
je n'essayais même pas d'imaginer dans quel état, j'étais.
" Tu n'as vraiment pas changé, Azmïnah, toujours aussi têtue et arrogante."
Je ne pu m'empêcher de gigoter,
j'avais tellement envie de retirer mes mains de ses satanées menottes.
Cette voix, qui hantait mes nuits,
jusqu'à m'en donner la rage au réveil, celle d'Ahlem.
Elle était toute fière,
elle se pavanait devant moi,
avec ses bijoux, sa belle coiffe et son caftan dorée.
- Crèves en Enfer, Ahlem.
Rachid avait raison, cette femme qui était devant moi, était l'opposée de celle que je considèrais comme une soeur et avec qui j'avais grandis.
- Qu'est-ce qu'à avoir mon fils, dans cette histoire ?!
Elle éclata de rire, un rire démoniaque.
Ahlem :
Le problème est qu'il est ton fils,
un fils de pute.
- Espèce de sale traîtresse, insh'Allah tu iras au diable rejoindre ton père !
Ahlem :
Escortée par ta catin de mère.
Allah est grand,
il est très clément, d'ailleurs il a fait preuve de clémence pour Ahlem, car si mes menottes c'étaient détachées,
je l'aurais tué de mes propres
mains.
- Je te considèrais comme ma soeur, Ahlem ! Et maintenant,
tu souhaite la mort de mon fils !
Ahlem :
Je ne fais que la souhaiter, tandis que ton frère, à causer celle de mon Père !
- Parce que vous avez causer celle du notre !
Il y eut un moment de silence,
on se lançait des regards éclairs.
Puis l'envie prit le dessus, et je cracha à ses pieds.
Ahlem :
J'ai vraiment cru que tu étais morte, et très franchement,
je n'aurais jamais cru te revoir, un jour.
- J'aurais voulu ne jamais te revoir.
Ahlem : Et moi, j'aurais voulu te savoir morte.
- Tu es horrible, oh, il suffisait de me laisser chez ses barbares.. Au bout d'un an, j'aurais déja rendu l'âme.
Ahlem :
T'aurais peut-être pu mettre au monde, un énième batard.
Ma gorge se nouait, et j'avais une vague de haine immense qui montait en moi.
- Tu es minable, Ahlem, minable.
J'ai de la pitié pour ton fils,
t'avoir pour mère, doit être une chose difficile à vivre, pour lui.
Ahlem :
Une rumeur court,
que c'était grâce à l'aide une sorcière, que tu as pu enfanté.
- Si j'ai pu enfanté, ce n'est que grâce à la volonté d'Allah.
Ahlem :
Je ne pense pas que procréer le fruit d'une infidélité, soit la volonté d'Allah.
Intérieurement j'éprouva
une inquiétude par rapport, à la forte ressemblance entre Aynine-Hayat et Mère.
Il ne fallait absolument pas qu'elle l'a retrouve.
Je détourna la conversation,
pour ne pas lui donner d'informations.
Ahlem :
Dis-moi, où se trouve Asmar.
- Pour que tu le tue ? À ça jamais !
Ahlem :
Il n'aura que ce qu'il mérite de toute manière, même ton mari, veut sa mort !
- Ce n'est qu'un mensonge, je sais à quoi tu fais allusion, tu sais très bien qu'il ne ferait jamais de mal à une femme !
Un sourire s'afficha sur son visage.
- Mais ça tu le sais, hein ?! Tu le sais ! C'est toi, qui a tout manigancé avec Sûria ! Depuis le début, depuis le début !
Tout me parut plus claire,
depuis le premier jour où j'avais épousé, Hussman, elle était derrière tout ça.
Comment avais-je pu être si naïve ? Moi, qui la considérais comme ma soeur, moi, qui malgrès mon ventre vide, fut l'une des plus heureuse, lorsque le siens fût remplit.
Tout n'était que mensonge depuis le début, une machination diabolique orchestrée, tout juste pour le pouvoir.
Aucun Ibn Talib ne régne aujourd'hui sur l'Arabie Saoudite,
et Yatrib est devenue comme elle devait l'être une ville entièrement dédiée à la prière. Je pensais vraiment que nous, Ibn Talib, étions une famille pieuse, mais en vérité, seule mon Père l'était réellement, un ange qu'Allah à ramener auprès de lui.
La plupart des Ibn Talib, et des
Al Qoraych, sont au Maroc,
ils se sont éparpillés depuis la nuit des temps, entre le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, nos ancêtres sont nés au Hedjaz, mais avec l'Islam, ils ont migrés dans le monde, c'est pour cela que le Magrheb contient, une majorité de " Pays musulman ".
Ahlem était repartie sans un mot,
claquant la porte et me laissant dans cette pièce sombre, remplît d'humidité et de murs rongés par des champignons.
Tout comme les champignons rongeaient les murs, la haine rongeait mon coeur.
Tout était de leur faute,
ma vie aurait pu être meilleure,
plus les années passent et plus je perds mes proches.
Pour qui se prenaient-ils ?
Eux, qui avaient ôter la vie de mon Père, entraînant par la suite celle de ma Mère, menant à l'éloignement de mon frère, la discorde dans ma famille,
créant des fosées entre mes fils, mon mari et moi
" Baba j'ai honte, heureusement que tu n'es plus de ce monde pour voir à quoi je m'en suis réduite,
ce que je suis devenue.
Je suis même sûre que les chants du Muezzin, ne m'adouciraient plus. Ma haine est sans limite, d'ailleurs je n'en n'ai plus.
Je n'héiste plus à utiliser mon poignard pour blesser un Homme, en remettant tout sur le compte de la pulsion, de la colère. Je risque de commettre l'un de ses ultimes péchers, tout comme ils t'ont ôté la vie, j'ôterai la leur.
Baba tu me manques, j'ai du grandir beaucoup trop vite, tes bras me manquent, auprès de toi la vie aurait été sans doute beaucoup plus belle. Tu ne veux que mon bonheur, tu ne t'es pas trompé en choisissant ton gendre,
malgrès les hauts et les bas, Hussman fait partie de ceux, qui resteront à jamais dans mon coeur. Si je suis aussi pieuse, c'est grâce à toi, et si les temps étaient meilleurs, c'était tout simplement car tu étais un homme bon. "
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AZMÏNAH
AdventureTout allait pour le mieux dans sa vie, puis en quelques heures, tout à basculer. Entre règne , trahison et amour, comment la belle Azmïnah va-t'elle s'en sortir ?
