Le retour des hommes.

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Mon odeur corporelle était semblable à de l'huile d'argane, tandis que celle de mon cuir chevelu était semblable à de l'huile d'olive.

Deux heures auparavant,
j'avais plongé l'intégralité de mon corps dans un bain hammam,
j'étais en compagnie de ma mère et de ma cousine Ahlem.

En ce jour,
on m'avait sortît le plus beau des caftans, puisque c'était mon anniversaire,
je célèbrais ma seizième année de vie.

[...]

Elle était rentrée dans ma chambre et était restée figer,
je dus la conviée à entrer dans la pièce, elle était complêtement à l'ouest, elle me fixait,
elle n'en croyait pas ses yeux.

Mère :
Azmïnah, ma fille, que tu es belle.

- Merci, Yemma, même si tu ne devrais pas être autant surprise, comme tu le dis, je suis ta fille, n'est-il pas normal qu'une fille prenne de sa mère ?

Mère :
Tu sais manier ta langue, comme ton Père, tu n'as même pas besoin de réflechir, les mots coulent sur ta langue avec fluidité tel l'eau sacrée de la source de Zamzam.

- Je dois reconnaître, que vous me flattez, mère.

Elle se mît à rire, puis elle me convia à m'assoir sur une chaise, face à mon miroir, et elle me brossa les cheveux.
Elle aimait tant faire cela.

Mère :
Et bien, racontes moi, quel effet ça te fais d'avoir seize ans ?

- Très franchement Yemma, rien ne change, que veux-tu que cela me fasse ?
Aujourd'hui sera semblable à hier, comme à demain.

Mère :
Détrompes-toi, rapproches toi de la fenêtre et regardes le ciel.

Le ciel était bleu, rien de bien nouveau.

- Il y a des nuages dans le ciel,
il y a du soleil, et il est bleu.

Mère :
Et pourtant, hier les nuages étaient gris, il n'y avait pas de soleil mais de la pluie et par conséquant le ciel n'était pas bleu.

- Qu'essayes-tu de me faire comprendre, Yemma ?

Elle posa la brosse et s'aida de ses doigts pour caresser mon visage.

Mère :
Tu es ravissante ma fille, et même si la beauté ne fait pas tout, je ne doute pas de ton intelligeance... Seulement, tu es beaucoup trop arogante et cela peut te porter préjudice.

Elle laissa un court instant de silence, elle fesait souvent cela, pour être sûre que je puisse capter son message.

Mère :
On ne sait jamais de quoi est fait demain, d'ailleurs on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve, seul...

Elle s'apprêtais à lever son index en direction du ciel, je pris les devants et je termina sa phrase.

- Seul, Allah, le Tout Clément et Très Miséricordieux, sait.

Elle déposa un doux baiser sur mon front, elle était fière de moi et elle s'apprêtait à me le dire,
quand on fût distraite par les bruits provenants de la cour du palais.

C'était Père, Asmar et la troupe,
qui revenaient d'excursion.

Mère :
En parlant d'arrogance,
je connais une personne, encore plus arrogante que toi.

J'émis un léger sourire.

- Asmar, ça c'est sûr !

À seulement quatorze années de vie,
Asmar était l'un des meilleurs guerriers de Yatrib, ou plutôt il était certain qu'il allait le devenir.
Il magnait la nimcha avec perfection, il avait même appris à tirer à l'arc, l'arme des occidentaux.
Il était agile et rusé,
il connaissait la région comme sa poche.
Il y a six mois, il était parti en excurssion avec Père,
dans le desert, une excurssion de dix nuits.
Ils logeaient chez le peuple de berbères, qui leurs avait enseigné,
le savoir du repérage, grâce aux étoiles.
Je dois reconaître que parfois je l'enviais :
J'avais deux années de vie de plus que lui, et pourtant jamais, je ne pourrais faire le quart des choses qu'il fesait, pour la simple et bonne raison, que j'étais une femme.

[...]

J'étais devant la salle de travail de mon Père, c'était souvent là,
que je le trouvais.
Je voulais qu'il me raconte comment c'était passé l'excursion.

Je ne l'avais pas vu de la journée,
à mon réveil, j'avais trouvé une boîte à parures, puis juste à côté il m'avait laissé un mot où il me souhaitait :
" Bon Anniversaire "

Étonnement,
lorsque je le vis,
il ne me lança même pas un regard, non pas par dédains,
mais tout simplement par inattention.

Je profita de cette inattention pour me cacher derrière la porte,
quelques minutes après,
plusieurs hommes entrèrent dans la salle.

" Youssef, nous devons partir en guerre, regardes comment ils ont blessé ton fils !"

" Ahmed, a raison, il faut qu'on part en guerre, ils risqueront de venir dérobé nos terres et violé nos femmes et nos filles. "

Les hommes de la salle,
se mirent tous à parler en même tant,
je n'entendais plus bien,
ils parlaient tous en même temps.

Mon Père prît la parole :

" Écoutez moi, mes frères,
je compatie, je vous comprend, mon propre fils à été blessé sous leur nimcha, et grâce à Dieu,
il s'en tire bien.
Soyons plus malin, ils attendent à ce que l'on réagisse sous impulsivité, mais nous devons être plus malins, user de nos plus meilleures ruses. "

J'en avais suffisement entendu
et puis c'était tout de même mon anniversaire, si je ne rejoignais pas les autres femmes, elles allaient me rechercher et si l'on me surprenait entrein d'écouter au porte, j'allais à nouveau me faire sermonné.

On ne sait jamais de quoi est fait demain, d'ailleurs on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve.
Seul, Allah, le Tout Clément et Très Miséricordieux, sait.

AZMÏNAH Où les histoires vivent. Découvrez maintenant