Il reconnut immédiatement l'amie d'Arlette. Il était rare de les croiser l'une sans l'autre, et s'accompagnaient souvent jusqu'à l'entrée de leurs salles de répétition respectives.
- Ah, bonjour, M. von Silbervolgen ! fit la jeune fille. Elle avait l'air fatiguée. Logique, si elle avait été mise au courant de la tentative de suicide d'Arlette.
- Bonjour, Mademoiselle... Arezki, c'est cela ?
L'adolescente hocha la tête.
- Je voulais vous remercier, reprit-elle, une lueur distante apparaissant au fond de ses yeux sombres. Je sais ce qu'il s'est passé...
Il évitait le regard de Sabrya, bien trop honteux et préoccupé.
- Je n'ai absolument aucun mérite.
- Je n'ose pas penser à ce qu'est le mérite pour vous, rétorqua avec verve l'adolescente, si ce n'est pas un "mérite" d'avoir empêché ma meilleure amie de se jeter de quatre étages.
Joseph se passa une main sur le front, agité, cherchant ses mots.
- Je n'ai... Vous êtes sûrement consciente que tout cela est entièrement de ma faute ?! demanda-t-il, ses sourcils se fronçant douloureusement.
- Arlette vous avait dit ce qu'il se passait ?! demanda Sabrya, surprise.
- Le jour même. Je me doutais que quelque chose n'allait pas... mais si j'avais su, soupira-t-il, avant que son regard ne se perde à nouveau dans le vague.
Sabrya réfléchit un instant, puis ouvrit la bouche, avant de reprendre d'un ton doux :
- Vous ne devriez pas penser que tout cela est de votre faute, M. von Silbervolgen. C' est... un mélange de fatalité et des plans de personnes malintentionnées. Arlette aussi pense que tout est de sa faute, et cela la détruit. Peut-être que vous pourriez vous convaincre l'un et l'autre qu'aucun de vous deux n'est coupable...
Joseph expira lentement, puis croisa les bras.
- Comment va Arlette ? demanda-t-il, changeant de sujet.
Sabrya haussa un sourcil, et le regarda dans les yeux, un peu incrédule.
- Ça peut aller. Elle est rentrée aujourd'hui de l'hôpital. Mais si vous vous en préoccupiez vraiment, vous seriez allé la voir.
- Je ne vous permet pas de... répliqua-t-il, agacé par cette adolescente qui prétendait lui donner des leçons.
- Oh, arrêtez, riposta-t-elle, le défiant du regard.- Il regretta son emportement : elle avait raison. - Cela fait plusieurs jours qu'elle demande à vous voir, et que vous n'avez pas donné signe de vie. Vous savez très bien que...
- Pardon ? Attendez, qu'avez-vous dit ?! l'interrompit-il, interloqué.
Sabrya lui jeta un regard dubitatif.
- Ah propos du fait qu'elle voudrait vous voir ? - elle le fixa, perplexe, son expression se métamorphosant au fur-et-à-mesure qu'elle comprenait. - Attendez... vous n'étiez pas au courant ?!
Il secoua la tête, abasourdi.
- Ah, je comprends, soupira Sabrya, se passant une main sur le front. Elle avait demandé à vous voir, et ses parents ont appelé deux ou trois fois ici, mais apparemment, vous étiez "indisponible". Je vous avoue que je pensais que vous essayiez de l'éviter.
- Pas du tout, s'écria-t-il, son coeur s'accélérant sous le coup de l'émotion. Mein Gott, je suis absolument navré !
Un léger sourire apparut sur les lèvres de la jeune flûtiste.
- Ce n'est pas à moi que vous devriez dire cela, Monsieur.
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- Dissimilarity -
Любовные романы{ HISTOIRE TERMINÉE } Arlette, jeune passionnée de musique d'à peine dix-sept ans, vit la tête pleine de rêves, et comme dans toutes les histoires d'adolescents, elle est amoureuse ; rien de très étonnant. Si l'on oublie le fait que cet amour soit d...
