Joseph se sentait terriblement nerveux au moment d'appuyer sur la sonnette de l'élégante maison de briques des Flavigny.
Il attendit un moment, son appréhension montant quelque peu, comme souvent ces derniers jours. Depuis quand, lui qui était d'un naturel assez calme et plutôt posé, n'avait-il pas été si nerveux ? Sûrement une vingtaine d'années.
En fait, à partir du moment où il n'avait plus eu à souffrir du trac sur scène, il n'avait plus paniqué. Sa petite vie réglée comme du papier à musique ne lui avait jamais fait endurer de telles épreuves. Depuis le début des ennuis d'Arlette et par conséquent des siens, il lui semblait avoir pris dix ans. Mais penser à son âge, pour lui qui ne s'était jamais préoccupé du temps qui passait et de ses marques sur son visage, était bien trop douloureux pour le moment.
La porte s'ouvrit devant lui, et laissa paraître Gabrielle. Celle-ci avait l'air éreintée. Son visage s'éclaira en l'apercevant, et il la salua, ôtant son feutre et se forçant à lui sourire.
- Bonjour, Mme Flavigny.
- M. von Silbervolgen ? Comme c'est gentil de votre part d'être venu !
Elle paraissait sincèrement heureuse de le voir, et il sentit encore une fois la culpabilité l'écraser.
- Vous n'avez rien à faire, dans l'immédiat ? reprit Gabrielle.
- Euh, non, balbutia-t-il, surpris, ... je...
- Parfait ! répondit la mère d'Arlette, ouvrant largement la porte. Vous entrerez bien boire quelque chose ?
- Oh, Madame, je ne voudrais pas m'imposer. Je voulais seulement prendre des nouvelles...
- Allons, c'est avec grand plaisir, et Arlette sera contente de vous voir. Elle l'a plusieurs fois demandé, mais personne à Semplice ne nous a répondu autre chose qu''indisponible", et nous n'avions pas d'autre moyen de vous joindre.
- Et j'en suis navré, assura-t-il avec prévenance, n'osant pas s'avouer qu'il mourrait d'envie de s'assurer qu'Arlette allait bien. Très bien, j'accepte.
Elle hocha la tête avec approbation et fit un pas sur le côté pour le laisser entrer, avant de le conduire à travers un large couloir jusqu'à une cuisine large, modernement meublée.
Auguste Flavigny était assis à table, et avait plongé son attention dans des papiers, apparemment administratifs, répandus autour de lui. En entendant les deux adultes entrer, il se leva pour serrer gravement la main de Joseph. Une odeur de thé flottait dans l'air.
- Voulez-vous du café, M. von Silbervolgen ? demanda Gabrielle, qui était déjà retournée s'affairer derrière le plan de travail. Je vous en prie, asseyez-vous !
- Avec grand plaisir, répondit le musicien, s'exécutant. Je suis navré de vous déranger...
- Mais non, voyons, affirma Auguste. Nous ne vous avons pas encore remercié pour ce que vous avez fait pour nous. Je n'ose imaginer ce qu'il se serait passé, sans vous. - "Rien de tout cela", pensa Joseph avec culpabilité, mais il se contenta de répondre par un sourire aimable. - Nous... nous ne comprenons toujours pas ce qu'il lui a pris.
- Elle ne veut rien dire depuis qu'elle est rentrée de l'hôpital, soupira Gabriel, déposant trois tasses fumantes sur la table avant de s'installer, répondant par un sourire au remerciement poli de son hôte. Aviez-vous remarqué quelque chose d'anormal ?
Joseph réfléchit un instant. Pouvait-il tout leur révéler ? Non, cela devait être la décision d'Arlette, pas la sienne. Il devait lui parler.
* Bonjour bonjour !
Me voici de retour ! Désolé, ça fait longtemps, pas vrai ? J'ai plus de temps, je vais recommencer à publier, j'espère que je ne reviens pas trop tard, et j'espère retrouver mon lectorat ♡
Voilà, en espérant que la suite vous plaira !
A bientôt !*
Jeanne
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- Dissimilarity -
Roman d'amour{ HISTOIRE TERMINÉE } Arlette, jeune passionnée de musique d'à peine dix-sept ans, vit la tête pleine de rêves, et comme dans toutes les histoires d'adolescents, elle est amoureuse ; rien de très étonnant. Si l'on oublie le fait que cet amour soit d...
