- Tout a l'air d'enfin s'arranger... glissa Sabrya, soulagée, en sortant de chez les Flavigny.
- Oui, renchérit Timothée, l'air penaud. Et ce n'est pas grâce à moi.
- Tu t'es comporté comme un crétin, soupira son amie, mais tu as été là quand elle a vraiment eut besoin de toi. C'est le principal.
- J'ai adoré la tête du père d'Arlette au moment où tu as expliqué que sa fille t'avait mis un râteau, et que tu avais décidé de bouder, intervint Charlie, les rattrapant, un sourire moqueur sur les lèvres.
Timothée devint franchement mal-à-l'aise à l'évocation du regard meurtrier que lui avait lancé Auguste. Il ne se rapprocherait décidément pas de sitôt de la maison des Flavigny.
Sabrya et Charlie éclatèrent de rire, toute l'inquiétude qu'ils avaient quand à leur amie s'effaçant.
- Bon, fit Timothée, s'arrêtant à l'embranchement des deux rues, j'ai un concert avec l'orchestre dans moins d'une heure à S.F. , je vous laisse.
- Toi toi toi ! s'écria Sabrya, avant de lui ébouriffer les cheveux, geste plein d'affection qui le fit s'empourprer vivement. Il parut gêné, et se tourna mécaniquement.
- A plus, les fi... Il se reprit brusquement, plaquant une main sur sa bouche, jetant un regard presque craintif à Charlie. Mais, ce jour-là, son camarade était de bonne humeur. Iel fit mine de le fusiller du regard, puis se détourna avec nonchalance :
- Bon, je me sens d'humeur magnanime. Ça passe pour aujourd'hui, Le Marrec !
Il eut un rire gêné, et s'empressa de disparaître, tandis que ses camarades s'esclaffaient.
Sabrya, une fois qu'il fut hors de portée, haussa un sourcil.
- Tiens, il a une attitude curieuse, aujourd'hui !
- C'est ça, la taquina Charlie, tandis qu'ils se remettaient en marche, fais mine de ne pas comprendre. Ce type est vraiment le roi de la friendzone.
Sabrya sourit distraitement, laissant son regard errer sur le coin de rue où son ami avait disparu :
- Peut-être, peut-être...
Ils firent quelques mètres en silence : Charlie avait l'air pensif. Iel sembla chercher ses mots ;
- Sabrya... Tu n'as pas... remarqué quelque chose ?
- Non, que se passe-t-il ?
Charlie fronça les sourcils, pensif :
- Je n'avait jamais rencontré Silbervolgen.
- Oui, et ? demanda Sabrya, curieuse.
- Et bien... bon, pour être franche, je les ai trouvés très proches, et comme Arlette décrivait la situation, je... voilà, je pensais que les sentiments d'Arlette étaient non-réciproques. Mais franchement, s'ils avaient eu le même âge, je n'aurais pas hésité à dire qu'ils sont dingues l'un de l'autre. Mais là...
Charlie affichait une moue suspicieuse et rebutée qui attrista Sabrya, peut-être parce qu'elle avait eu la même réaction face aux sentiments d'Arlette longtemps auparavant.
L'adolescente posa doucement une main sur le bras de son ami.
- Charlie, je crois que l'on ne peut pas vraiment comprendre. Sibervolgen fait du bien à Arlette, c'est évident. Il l'a empêché de se jeter dans le vide. Il l'aide à se relever. C'est tout ce qui compte.
Charlie se radoucit, et se tourna vers son amie. Celle-ci abordait un sourire entendu.
- Tu savais que c'était réciproque ?
- J'avais des doutes depuis un bout de temps, admit-elle. Disons qu'il a toujours été très prévenant à son égard. Mais bon... dans le monde dans lequel on vit...
Elle laissa son regard errer dans le vague un instant. Oui, elle avait bel et bien dépassé ses préjugés, et cela depuis un moment. Elle continua :
- Je crois qu'on s'est assez mêlés des affaires d'Arlette, et ça n'a réussit à personne. C'est une grande fille, maintenant, et elle est capable de discernement, et de faire ses propres choix. Dans moins d'un an, nous sommes majeurs. Tout ce que nous pouvons faire, c'est nous assurer qu'elle aille bien, et ne pas juger. Après tout... - Saby passa avec affection un bras autour des épaules de Charlie, qui parut surpris, mais fit de même - ... Qui aurait cru que je me lierais d'amitié avec toi ? Tu as beaucoup remis en question mes croyances, tu sais ?
Ils échangèrent un regard complice, et continuèrent ainsi leur route. Les doutes de Charlie semblaient s'être envolés. Le soleil perçait enfin les nuages : le printemps s'était fait attendre, mais il arrivait enfin, comme le fit remarquer Sabrya. Soudain, Charlie, chose rare, plantant son regard par delà les nuages, se mit à sourire ;
- La vie est belle, pas vrai ?
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- Dissimilarity -
Romance{ HISTOIRE TERMINÉE } Arlette, jeune passionnée de musique d'à peine dix-sept ans, vit la tête pleine de rêves, et comme dans toutes les histoires d'adolescents, elle est amoureuse ; rien de très étonnant. Si l'on oublie le fait que cet amour soit d...
