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Chapitre 13

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- Alors tu as vraiment une copine avec du caractère ? s'étonne Murasakibara deux bonnes heures plus tard.

Ils sont au restaurent, demande express d'Akashi, qui leur paye d'ailleurs le déjeuner, et pour une raison qu'Aomine ignore, sa vie amoureuse passe d'un cerveau à l'autre. Finalement, quand quelqu'un cesse d'y penser, un autre relance le sujet.

- Tu la connais déjà, râle-t-il.

- Elle a l'air différente dans ce que vous dites par rapport à celle qu'on a rencontré, remarque Kise prudemment.

Un reflet attire l'œil de Momoï, et elle se redresse, l'empêchant de répondre :

- Oh, ce n'est pas elle ?

Il s'empêche de regarder, se disant qu'elle se moque sûrement de lui. Mais elle est bien là, les mains enfoncées dans les poches de son jean, sa sacoche sur l'épaule, et ses écouteurs dans les oreilles. Elle semble fatiguée, mais pas perturbée, les sourcils légèrement froncés sous la concentration. Il devine tout de suite qu'elle cherche son chemin. Mais pourquoi doit-elle passer devant ce restaurent ? Il pourrait la maudire, si en traversant, elle ne vissait pas son regard au sien. Derrière lui, l'adolescentes aux cheveux roses lui fait de grands signes.

Aomine dévisage longuement sa meilleure amie. Et bientôt, c'est Koike encore derrière qui attire ses yeux.

- Bonjour. Je ne vais pas rester, j'ai rendez-vous, dit-elle rapidement.

Il meurt d'envie de lui demander où et avec qui. Mais peut-être qu'après tout, ce n'est qu'un prétexte...

- Si tu veux, tu peux toujours venir après, s'entend-il dire.

Elle se détend visiblement.

- Oui, si vous êtes toujours dans le coin. Je vais voir Iwabuchi. Je pense en avoir pour un moment, mais je te tiens au courant.

Il sourit. Iwabuchi. La danseuse. A la manière dont elle s'est tressée les cheveux, elle va sûrement danser chez elle.

Depuis qu'elles se connaissent, près de deux mois, maintenant, Tsuchida a développé une certaine curiosité pour la danse, et sa nouvelle amie lui a proposé de l'entraîner, de lui apprendre la danse. Une occasion en or, selon lui, parce que pour une fois, elle serait l'élève de quelqu'un, et comme elle s'entend avec ce quelqu'un...

Elle regarde sa montre d'un geste habituel, alors qu'il ne l'avait jamais vu avec le bracelet avant :

- J'ai vingt minutes. Je peux rester avant d'y aller, si vous voulez.

On lui fait de la place sans répondre, et un cri étouffé leur fait tourner la tête : Kuroko s'était levé pour demander une chaise, à une jeune femme qui ne l'avait apparemment pas vu. La chaise est installée autour de la table, et d'un air de gentleman, Akashi lui demande aimablement si elle a déjà mangé.

- Oui, désolée pour le dérangement.

Il secoue la tête :

- Ne t'en fais pas. Est-ce que tu veux boire quelque chose ?

- Avec plaisir.

On lui apporte un jus de fruit qu'elle boit lentement, tentant de suivre la conversation, qui revient rapidement à elle :

- On disait que tu avais l'air plus timide avec nous qu'au lycée, pose Midorima curieux. Quel est ton signe ?

- Mon signe ? répète-t-elle.

- Astrologique.

- Oh, bonne question. Je ne sais pas trop...-

- Laisse là avec tes histoires de signes, la pauvre, soupire Momoï. Mais dis-moi, comment ça avance, avec les concours ?

- On avance bien, le groupe progresse, et on a encore eu une nouvelle recrue la semaine dernière. Je pense que pour changer, on pourrait essayer les concours pour adultes. Ce serait plus rafraichissant. Et avec l'évolution qu'on a eue, je pense qu'ils sont prêts à faire mieux que l'Orchestral.

- Vous aviez perdu ? demande Kagami la bouge exceptionnellement vide.

Elle le regarde longuement, sans comprendre :

- Non, on l'a gagné, pourquoi ?

Il hausse les sourcils. Il l'avait prise pour une mauvaise perdante, mais elle semble au contraire s'ennuyer. Il comprend. Il a connu ça en rentrant au Japon.

- Ouais, c'était un peu nul, comme niveau général, lance Aomine avant de se resservir de l'eau.

- Ce n'était pas... nul... c'était... c'est dommage de mettre autant de potentiel dans des morceaux aussi simples, et de vois à quel point ils semblaient étonnés de perdre avec des prestations pareilles. Même les concurrents les plus sérieux n'étaient pas mis en valeur. Je pense que dans les concours pour jeunes adultes, auxquels participent les grands lycées de musique, seraient plus intéressants. Le seul problème, c'est qu'on devient trop nombreux, soupire-t-elle en regardant le fond de son verre.

- Dans la salle ? demande Kise.

Elle secoue la tête.

- Non, j'ai eu une bonne salle. C'est sur scène. Et pour les répétitions. Ils arrivent à se mettre en accord, mais parfois, ça prend du temps.

- Pourquoi tu ne fais pas cheffe d'orchestre ? demande son voisin aux cheveux bleu marine. Tu ne joue pas, de toute façon. Avec un chef d'orchestre, ce serait plus simple, non ? C'est comme ça que ça fonctionne, dans les orchestres. Et vous êtes combien ? Trente, maintenant ? La petite vieille ne t'avait pas expliqué des trucs sur le sujet ?

- Vingt-huit, répond-elle en réfléchissant sérieusement à la question. Oui, c'est vrai, mais de la théorie à la pratique... elle sort un carnet de son sac, un crayon à papier, et trace ses points-pattes-de-mouches sur les lignes. Je vais voir si ça fonctionne. Après, même si je n'ai pas les codes, j'imagine qu'on peut toujours en choisir un à nous. Il va falloir que j'y aille... se plaint-elle en jetant un œil au cadrant qu'elle a sur le poignet.

Les membres du groupes la saluent, lui disant qu'ils espèrent la revoir tout à l'heure, et elle termine son jus d'une traite avant de se lever.

Elle leur renvoie un sourire léger, et se lève, ses affaires dans les bras. Elle sort de l'endroit, les jambes tremblantes. La dernière fois qu'elle les a vus, elle s'est efforcée de s'effacer, et ils jouaient au basket. C'était bien moins personnel, comme discussions : « Passe ! », « Pour moi ! », « Attention aux filles, les gars ! ».

Elle soupire, et s'éloigne de la porte. Ce qu'il y a c'est que ce sont les amis d'Aomine, pas les siens, et qu'elle ne les connait pas très bien. Alors elle ne voudrait pas faire d'erreurs, ou dire quelque chose qui pourrait se retourner contre lui, les contrarier...

Elle secoue la tête en marchant plus vite, la maison d'Iwabuchi en vue.

- C'est n'importe quoi. Je ne fais pas ça, avec son équipe...

Tsuchida prend sur elle de sonner, sursautant en entendant l'interphone :

- Entre !

- Respire.

Les larmes en gouttes de pluieDes histoires addictives. Découvrez maintenant