Tsuchida se réveille avec une nausée invasive. Elle savait bien qu'il était déraisonnable de sortir alors qu'elle n'a que très peu dormi cette semaine mais elle n'a pas pu s'en empêcher.
- Je suis la reine des gourdes.
Elle se tourne vers Aomine pour le regarder dormir, à moitié couvert par le drap, les muscles saillants. Au fil du temps qu'il passe à s'entrainer auprès de professionnels, son corps s'est développé, et pas seulement en termes de musculature. Ses mouvements sont plus fluides, et il est bien plus endurant.
Elle serre les bras autour de ses bras laissés à nus par son haut de pyjama à manches courtes, ennuyée à l'idée de ne pas avoir eu l'occasion de le retirer définitivement avant d'aller se coucher. Mais il était hors de question qu'ils fassent l'amour alors qu'elle dormait debout, et elle va devoir lui refuser lorsqu'il se réveillera... parce qu'il n'est pas question que lui soit épuisé pour son match.
Ce qui la démoralise... le double. Parce qu'en temps normal, elle aurait sauté sur l'occasion, littéralement. Tsuchida se passe une main sur le visage, prête à dormir encore deux heures, mais sachant ce qu'elle a encore à faire pour la semaine suivante. Elle se masse la nuque, et essaie de sortir du lit. Lorsque son voisin se met à grogner à sa gauche et à remuer, elle se fige, et reprend sa place initiale, allongée sur le dos, les bras toujours croisés.
- Tu... dors ? marmonne-t-il en se frottant les yeux.
- Hum ? Oui, répond la musicienne en secouant la tête. Je dors. Toi aussi, dors.
- Hum... okay... soupire-t-il en se retournant dans l'autre sens, pour lui tourner le dos. Super... attends, quoi ?
Il se relève brusquement, les yeux mi-clos, à moitié abruti de sommeil et de lumière. Il la regarde comme il peut, le reflet d'un rayon de soleil dans la figure, accoudé à un matelas presque trop mou pour lui.
- Qui répond « oui, je dors » ? rit-il en posant la main sur la hanche de l'étudiante.
Elle pose la main sur la sienne et se tourne vers lui :
- C'est pas une blague, Dai, dors. Tu dois partir en début d'après-midi, et si tu n'es pas un minimum en forme, ton coach va me faire la peau.
Il ricane et se rapproche d'elle pour l'embrasser sur la joue :
- Tu lui fais plus peur que tu n'as peur de lui, tu sais ?
- J'ai pas peur de lui, réplique-t-elle en plissant le nez. J'ai peur que ça te retombe sur le coin de la figure. C'est tout.
Elle pince les lèvres, se les mords, les gonflent, et finalement elle rit à ce qu'elle vient de dire, pour frotter le bout de son nez contre celui d'Aomine. Il parvient à l'embrasser en cours de route et glisse sur elle dans le mouvement :
- Non, par contre, je ne plaisante pas, repose-toi.
Il secoue la tête :
- Non, j'ai plus sommeil. Mais je sais ce qui va nous détendre assez pour qu'on se rendorme tous les deux très vite... dit-il en glissant sa main sous son short.
Elle lui dit une fois ou deux encore que c'est une mauvaise idée, mais lorsqu'il passe sa main entre ses cuisses, elle maudit le foutu coach et le match qui les attend en milieu d'après-midi, et se laisse aller, se débarrassant de tous ses vêtements. Ils virent le drap et elle l'enlace en lui embrassant l'épaule, pendant qu'il lui caresse doucement la hanche, puis la fesse, et la cuisse, et soudain, la réaction qu'elle lui retourne lui fait comprendre que c'est plus que suffisant.
Il fait passer ses doigts entre les lèvres de son sexe et elle ferme les yeux en soupirant.
Il se souvient qu'à une époque, il devait guetter le moindre signe qui lui permettrait de savoir comment faire quoi. Voir à présent toutes les indications au fil de ses soupirs, ou de la rougeur de ses joues ajoute au plaisir qu'il ressent un petit quelque chose qui le fait gonfler d'orgueil.
- Daiki, s'il-te-plaît, on n'a pas le temps, là, siffle-t-elle en poussant les oreillers qui la gênent au-dessus de sa tête.
- On n'a pas le temps, ou tu ne veux pas le prendre ? demande-t-il en posant sa bouche sur sa poitrine.
Elle grogne un quelque chose pour lequel il grince des dents, et il lui caresse les cheveux amoureusement.
- Je jure trop, c'est un cauchemar, sérieusement, quand est-ce-que j'ai dit un truc pareil ?!
Une heure plus tard, il devient évident qu'ils ne se rendormiront pas, et c'est en découvrant la salle de bain à baignoire de sa compagne qu'Aomine reprend son souffle.
- Je ne pensais pas qu'elle avait envie à ce point... soupire-t-il en allumant la douche.
Il pose la tête contre le carrelage en réfléchissant.
- On ne s'est pas vus depuis... ? Près d'un mois. Si j'avais su que ça lui manquait à ce point...
Le front qui se colle à son dos le fait sursauter, il se retient de se retourner, néanmoins.
- Tu m'as manqué, marmonne-t-elle sous le son du jet de la pomme de douche. Tu m'as vraiment manqué. Je ne suis pas sûre de pouvoir refaire ça pour tes prochains partiels. Désolée.
Cette fois, il la regarde, interloqué :
- Tu as quoi ?
- J'ai ralenti sur les appels et les visites pour que tu puisses avoir la tête seulement sur tes études.
Il ferme les yeux et la serre dans ses bras.
- Bon sang, tu es géniale. J'ai eu toutes moyennes, à des soixante-quinze ou quatre-vingt-treize. Ne fais plus jamais un truc pareil, surtout si ça te pèse à ce point. Koike.
Elle secoue la tête en inspirant fort, et il craint d'abord qu'elle essaie de ne pas pleurer. Sauf que lorsqu'elle relève la tête, elle semble juste épuisée.
- Tu m'as vraiment manqué, répète-t-elle. Tu ne te rends pas compte à quel point ça me fait du bien, d'être avec toi. Même si on ne couche pas ensemble, même si on ne passe qu'une demi-journée tous les deux, avec moi assise sur un banc et toi jouant au basket. Je m'en fous. J'aime ça, et je me sens mieux rien qu'en te regardant, ou en t'ayant au téléphone.
Il l'embrasse sur le front.
- Alors passe, la prochaine fois, même si on ne fait que réviser, ou que je dorme sur le canapé, à la rigueur, si tu veux être sûre que je ne fasse que réviser, d'accord ? Je passerais plus souvent aussi, c'est toi qui as fait plus de la moitié des voyages le semestre dernier.
Elle ferme les yeux pour se laisser bercer, les jambes encore incertaines, en hochant la tête :
- D'accord. On fait ça.
Il ferme les yeux à son tour :
- Je lui ai manqué...
VOUS LISEZ
Les larmes en gouttes de pluie
FanfictionTome 2 Avançant sur le chemin qu'ils se sont obstinément tracé, une seule question se pose à eux : quelle est la limite d'un génie ? Si Aomine et Tsuchida se dirigent vers l'école de leurs rêves, ils ne doivent pas oublier qu'ils ne sont pas leur pa...
