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Chapitre 24

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Fébrile, Aomine rejoint les vestiaires. Il l'a vue se lever après son panier, et son expression lui a fait plus plaisir qu'il ne l'aurait cru.

- Elle était à fond dans le match.

Il n'arriverait pas à dire comment il a pu gagner contre son ancien capitaine sans se faire démonter au passage, mais il préfère se satisfaire de la victoire pour le moment. Il se souciera du reste plus tard.

Quand il rejoint le groupe descendu des gradins, il trouve sa copine le nez dans des chips au fromage qu'elle refuse catégoriquement de partager avec un géant, qu'il n'avait même pas vu dans le public en jouant.

Il grogne et choppe sa main en cours de route, avant de la repousser sur le côté.

- Si t'as la dalle, paye ta bouffe.

Le petit paquet est vide avant même qu'il ne se tourne vers Tsuchida, qui s'essuie les mains sur son jean bleu foncé, pour se retourner vers le distributeur en se léchant le coin des lèvres. Elle choisit rapidement, appuie sur la touche, le prix s'affiche, et elle glisse plusieurs pièces dans la fente.

Il faut dire qu'elle n'avait pas prévu d'avoir aussi faim, mais le yaourt à bore lui fait de l'œil, elle ne peut pas laisser passer ça. La bouteille tombe lourdement dans le réservoir quand elle se souvient qu'elle devrait le féliciter, mais visiblement, personne ne lui en tient rigueur, et on lui fait même signe de finir de manger. Elle soupire de soulagement, débouche la bouteille, et la vide en plusieurs gorgées successives.

L'adolescente jette la bouteille, et tout le monde se réveille :

- C'était pas mal, comme match, bougonne Murasakibara en détournant les yeux vers l'appareil lumineux à pièces.

- Bien joué, pour le dernier panier, lance Kuroko.

Il y a en fin de compte tellement de bruit qu'il entend par miracle Tsuchida lui glisser à l'oreille :

- C'était un super match.

Il sourit et glisse son bras autour de sa taille pour l'embrasser sur la joue.

- Bon, on va manger ? demande-t-il en voyant le reste de son équipe sortir du vestiaire au compte goutte. On devait chercher un coin avec les gars, on pourrait en profiter pour manger tous ensemble.

- On est venus avec tout le monde, se plaint Kagami. On rentrera jamais dans un restau'.

- T'as qu'à pas venir, raille l'autre basketteur en faisant un pas en avant.

La musicienne le serre assez contre elle d'un bras pour qu'il ne fasse pas un pas de plus, et qu'il se ravise.

- On rentrera. Sauf si tout le monde est venu avec tout le monde...

- Je vais nous arranger le déjeuner, dit légèrement Akashi en arrivant. Je ne voudrais pas que mes adversaires de demain se sentent floués.

Il sourit d'un rictus rapide et les joueurs lui rendent son sourire discret.

- Si tu trouve quelque chose qui ne nous coûtera pas un rein...

- J'ai découvert que ça peut rapporter gros, un rein, dit soudainement Kise. Je ne pensais pas que question organes, c'était aussi rentable !

- Si Midorima était là, il ferait une syncope, réplique-t-elle en avisant Momoï plus loin.

La lycéenne aux cheveux roses les rejoint rapidement, et elles se tapent dans la main.

- Merci pour tout à l'heure.

- Je t'en prie. Je suis toujours à ta dispo si tu as besoin de quelque chose, sourit la plus petite. D'ailleurs, il me reste des citrons, tu en veux ?

- Non merci, j'aurais adoré en avoir ce matin pour tout le monde, mais c'est passé, maintenant. La seule chose qui nous reste à faire, c'est se reposer.

Aomine applaudit mentalement le naturel avec lequel elle a répondu, alors qu'elle est tout aussi bien placée qu'eux pour savoir que les citrons de la jeune fille sont infects et presque impropres à la consommation. Elle lui a pourtant répondu de bon cœur et avec le sourire.

Ce n'est qu'après qu'il prend en compte les distinctions terribles de vocabulaire. « En avoir », elle a dit. Pas « en manger ». C'est l'attention qui lui aurait plu. Mais c'est toujours une question d'attention, avec elle.

- Si on va manger sans les autres, on va nous bouder, remarque Kise lorsqu'ils se mettent en route.

- Eh bien, Midorima n'aura qu'à nous rejoindre en cours de route, s'il a envie de venir, je vais lui envoyer un message, tranche le petit capitaine aux cheveux rouges. Allons-y. J'ai réservé.

- Par message ? s'étonne Kuroko. Ça n'aurait pas été plus poli d'appeler ?

- Ce n'est pas moi directement qui ait réservé, j'ai demandé à quelqu'un qui travaille pour mon père de le faire pour moi. Si on se dépêche, on peut prendre le prochain train. On devrait en avoir pour moins de dix minutes, et cinq minutes à pieds. Ça convient à tout le monde ? demande-t-il en se retournant vers eux.

- Oui maman, grommelle Aomine avant que Tsuchida ne se détache de lui.

Il tente de la rattraper, mais elle lui répond sans même ouvrir la bouche qu'il a un caractère de cochon. Et les mains dans les poches, elle les prend de vitesse pour sortir du brouhaha ambiant. Les gradins se vident, crachant une quantité de monde monstre dehors, tandis qu'elle attend, le nez en l'air, l'arrivée du groupe au complet. Elle reste un moment perdue dans ses pensées, avant de croiser le regard bleu foncé du basketteur.

Elle sourit.

- On y va ?

Les trois équipes se tassent dans le wagon, et envahissent l'espace de leurs épais sacs de sport et leurs carrures imposantes, remuant au rythme des remous et changements de vitesse.

- Pourquoi on est tous là, déjà ? demande l'un des joueurs en blanc, noir et rouge.

Kagami lui répond sobrement qu'on ne refuse pas de la bouffe gratuite, et telle une procession, les adolescents descendent du train pour remonter la rue bruyamment.

Les larmes en gouttes de pluieDes histoires addictives. Découvrez maintenant