En roulant des épaules, Aomine sort de sa petite cabine de douche avec la force de l'habitude, et termine de s'essuyer correctement dans la chambre, après avoir laissé des traces de pas en cours de route, dégoulinant encore dans la serviette qu'il a, pour la pudeur de sa meilleure amie, fermement dans la main, une fois qu'elle a fait le tour de sa taille. Tsuchida le regarde ouvertement faire, tandis que Momoï rouspète, se levant pour essuyer avec la pièce de la serpillère.
- Je sais que c'est petit, mais quand même !
- Tu es minuscule. Tu ne peux pas savoir à quel point c'est dur d'être grand : il y a plus d'espaces exigus que de larges, dans la vie. On ne pense pas à regarder dans les rayons les plus bas ce qu'on cherche, dans les magasins. Se chausser est un enfer, quand on ne veut pas avoir des chaussures de clown, parce que grands pieds ne veut pas dire gros pieds. Ni les problèmes de dos, ou les lustres qu'on se prend en pleine tête, ou dans lesquels on se prend les bras quand on enfile sa veste. Ah, et les barres, dans les bus. Tu sais comment les gens te regardent, quand tu es une fille, debout dans un bus, et que tu tiens la barre du plafonnier ?
Tout en pensant que la musicienne s'est décidément débridée au fil des années passées avec elle et Aomine, l'étudiante la regarde en essayant de ne pas rire. Il n'y a pas plus d'avantages à être grand qu'à être petit, c'est seulement une excuse pour tout le monde de se plaindre, parce que finalement, presque personne ne fait cette taille intermédiaire parfaite pour tout.
- Oui, eh ben, tu n'as jamais eu à montrer ta carte d'étudiante parce qu'on te refuse l'entrée d'une attraction... réplique-t-elle doucement.
Elle se mord la lèvre en le disant, car Tsuchida et Aomine passent plus de temps à étudier qu'elle, et leurs horaires sont cauchemardesques. Mais le rire de Tsuchida la fait sursauter, tandis que celle-ci se tortille, hilare.
- A ce point ? demande-t-elle en reprenant son souffle.
Les joues gonflées, et les cheveux roses se sauvant de sa queue de cheval de travers, elle croise les bras :
- Mais je ne vois pas ce qui est drôle !
Tsuchida rit encore assez longtemps pour que le troisième membre de leur équipe du soir les rejoigne, se laisse tomber à côté d'elle pendant que Momoï étende le chiffon de la serpillère :
- Qu'est ce qu'il se passe ?
- N'en parle pas ! la coupe Momoï, les joues aussi roses que le reste de sa tête.
En levant les mains, Tsuchida lui confirme qu'elle ne dira rien, en secouant la tête. Aomine tente de lui faire dire alors qu'elle pouffe encore de rire, et qu'il essaie de l'avoir aux chatouilles.
Elle finit par se rapprocher de lui avec un peu plus de sérieux, quand il faut faire une place de plus pour Momoï, qui s'affale dans le fond du canapé. Il lui attrape alors les genoux pour la caler contre lui, et naturellement, au fil du film qui finit par les regarder, l'apprentie journaliste finit la joue appuyée contre l'épaule de l'apprentie musicienne, son propre visage dans le creux du cou de l'apprenti basketteur. Et en silence, somnolant, les trois étudiants profitèrent de leur soirée tranquille, jusqu'à ce qu'Aomine décrète qu'ils devaient dormir, à une heure et demie du matin.
Tsuchida est la plus difficile à déloger, et il essaie de la porter, laissant tomber quand il se rend compte qu'elle est à la fois trop lourde pour ça, mais qu'il est aussi beaucoup trop fatigué. Il lui caresse la joue du doigt à la place, et lui murmure quelque chose à l'oreille que Momoï n'a pas le temps d'entendre que la musicienne est presque déjà debout. Elle baille pourtant, et aide à sortir l'oreiller et la couverture qu'il a réussi à rentrer dans le placard de l'entrée.
Aucune d'entre elles n'a fait remarquer qu'elles dorment toutes les deux avec lui quand l'autre n'est pas là, et un peu gênée, la jeune fille se dit en faisant son lit que son amie finira peut-être par lui reprocher. Après tout, avant d'être Tsuchida, elle est une fille avec son copain, et elle peut comprendre que ça pose problème à un moment donné. Ça n'empêche pas Tsuchida de demander :
- Vous voulez dormir ensemble ?
Elle a les yeux à moitié fermés, et manque légèrement d'équilibre, mais elle semble encore bien assez lucide pour demander.
- Non, je vais dormir là ! s'exclame-t-elle en se jetant sur la couverture, en étoile. Allez au lit, à demain ! finit-elle par dire en s'enroulant dedans, la tête sur l'oreiller.
- Viens, chuchote Aomine en la tirant avec lui.
- Je sais que le lit n'est pas très grand, mais on peut peut-être même dormir à trois, non ?
Il rit.
- Tu es tellement à part que tu ne te rends même pas compte que tu peux être à côté de la plaque. Tu es adorable, dit-il en l'embrassant sur le front. Allez, viens, répète-t-il en la tirant vers la chambre avec lui.
Ils passent la porte, la referme, et se cachent sous les draps froids bien avant de se dire que le lit leur a manqué, qu'ils sont épuisés, mais que cette journée n'est pas encore tout à fait terminée. Il passe ses mains sous le haut de pyjama de Tsuchida qui frissonne.
- Koike...
Il l'embrasse sur le coin de la bouche, tout en cherchant le reste de ses lèvres, et elle l'enlace, le laissant passer par-dessus elle, encadré par ses jambes.
- Elle est juste à côté, soupire-t-elle en cours de caresse.
Il sourit.
- On ne va pas faire de bruit.
- Et le lit qui tape dans le mur, ça ne fait pas de bruit, peut-être ? remarque-t-elle en haussant les sourcils.
Il éclate de rire sans faire de bruit, et l'embrasse.
- Si, tu as raison. Il faudra qu'on se revoie rapidement. Tu me manque trop.
Il s'allonge sur elle, et pose sa tête contre sa poitrine. Il joue avec ses seins faisant bouger les formes qu'ils dressent, et en dessinant le tour. Il finit par s'endormir avec l'un d'eux dans la main, les doigts de Tsuchida lui caressant les cheveux avec lenteur.
- Bonne nuit, Daiki.
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Les larmes en gouttes de pluie
FanfictionTome 2 Avançant sur le chemin qu'ils se sont obstinément tracé, une seule question se pose à eux : quelle est la limite d'un génie ? Si Aomine et Tsuchida se dirigent vers l'école de leurs rêves, ils ne doivent pas oublier qu'ils ne sont pas leur pa...
