Les mains dans les poches, Aomine attend sur le quai le train qui lui déposera Tsuchida. Il en voit plusieurs s'arrêter, avant que le sien n'entre en gare. Elle sort du tube avec sa sacoche mal fermée sous un bras, un sac de sport sous l'autre bras. Il lui attrape tout de suite le plus encombrant pour la laisser ramasser les feuilles de notes qui s'échappent du classeur qu'elle n'a pas eu le temps de ranger.
- Je suis désolée, je n'ai pas entendu le nom de l'arrêt, dit-elle paniquée.
Il se penche pour l'embrasser dès qu'elle a terminé de ranger, le sac refermé.
- C'est la première fois que tu prends cette ligne. Ça sera plus facile la prochaine fois.
Elle acquiesce, et l'enlace.
- Ouais, sûrement.
Il la retrouve bien vite installée dans son salon, sur le sol entre la baie vitrée et le canapé, perdue dans ses notes. Aomine s'approche d'elle, s'assoit dans un coin, et la regarde faire, un long moment avant de revenir vers elle pour l'enlacer, le temps qu'elle termine. Elle travaille un devoir maison donné à la dernière minute, et il sourit de la voir écrire lentement, le plus clairement possible.
- C'est le plus long, se plaint-elle.
- Si tu n'écrivais pas aussi mal, ça ne te demanderais pas autant d'efforts.
Elle lui lance le coude dans l'épaule, et il fait mine d'être blessé, sans s'arrêter de rire. Il finit par poser sa tête sur son épaule, et elle pose son crayon. Il lit rapidement ce qu'elle a écrit, en fronçant doucement les sourcils.
- Tu écris comme un vieux bouquin.
- Avec un ordinateur ça passera mieux, je pense, capitule-t-elle.
- On peut aller au café d'en bas, si tu veux, je peux même t'aider à taper ce que tu as écrit pour ton brouillon, ça irait plus vite, et ni vu, ni connu.
Elle sourit.
- On a une soirée à la fin du mois. Tu crois que tu pourrais m'y accompagner ? C'est une soirée de présentation. Des artistes se présentent sur scène, et on les rencontre. Ils ont parfois besoin d'un musicien, d'un danseur, d'un compositeur... je voudrais trouver du travail, et peut-être même commencer à me faire une réputation dans la musique. Plus on monte de niveau, plus on a accès des groupes connus ou à des professionnels reconnus.
- Dress-code ?
- Impeccable. Comme pour l'anniversaire d'Akashi.
Il sourit, charmeur.
- Oh, alors c'est dans mes cordes. Il faudra danser ?
Elle se redresse dans un grand mouvement.
- Je ne sais pas, mais je peu commencer à t'apprendre quelques pas de valse, Iwabuchi m'a montré, c'est assez facile, et ça peut toujours servir.
Il se relève en même temps qu'elle, et déplace table basse et canapé. Elle s'approche ensuite de lui, la main levée, et l'autre bras replié, en attendant qu'il se colle à elle, dans l'espace. Il le fait avec un sourire de malice, et lui embrasse la tempe pendant qu'elle lui explique.
Il se trouve finalement incroyablement doué, pour un exercice aussi compliqué. Mais Tsuchida remarque rapidement son manque de rythme quand la musique se lance, et lui donne le tempo à voix basse.
- Un, deux, gauche, deux, reviens, un, deux, gauche...
Il la regarde dans les yeux, pour lutter contre la manie de regarder ses pieds, contre laquelle elle peste depuis tout à l'heure. Ils passent l'heure à danser. Ce n'est pas du tout amusant, pour lui. Il n'y a que l'expression ravie de sa partenaire qui le motive assez pour tenir encore un peu, jusqu'à ce qu'elle s'arrête.
- Tu veux boire quelque chose ? demande-t-elle.
Ils transpirent d'effort, et les tissus se collent entre eux, par-dessus les peaux moites. Il a du mal à la lâcher. Pour lui, c'est une véritable perche à l'envie, et elle ne semble pas le remarquer, jusqu'à ce qu'il dénègue, qu'elle se serve un verre, et retire finalement son t-shirt à manches longues.
Elle boit, et il pose ses mains sur son ventre, en embrassant sa nuque. Elle repose le contenant en verre, satisfaite, et déboutonne son pantalon en se retournant, pendant qu'il essaye de glisser ses mains entre lui et ce qu'il reste de ses sous-vêtements. Aomine pose son front contre le sien, pour l'embrasser encore et encore, sur les lèvres, le coin de la bouche, le menton, la gorge, remontant derrière l'oreille, écartant le soutient gorge de Tsuchida du pied, avec son propre t-shirt, les caresses fébriles.
- Tu m'as manquée.
- Tu m'as manqué, répond-elle en jouant avec ses cheveux bleus, dans son cou.
Il s'arrête soudainement, et elle ne bouge plus. Il l'a serrée dans ses bras, le temps de reprendre son souffle, et de s'assurer qu'elle est bien là, dans ses bras.
La reprise est un peu plus rapide encore, et elle se laisse tomber sur le lit, le basketteur entre les cuisses, avec un soupir de plaisir. Avec la sensation d'avoir manqué de quelque chose pendant longtemps, elle s'impatiente quand il termine de se déshabiller, réclame qu'il l'embrasse, et le temps qu'il mette un préservatif, elle décrète qu'elle a attendu trop longtemps, vraiment trop.
- Okay, okay, je suis là, deux secondes, rit-il quand elle lui attrape les épaules pour s'asseoir sur ses cuisses.
Il lui attrape le bassin, l'embrasse une fois de plus, et s'assure qu'elle ne les blessera pas tous les deux d'un mouvement de doigt. Tsuchida se plaint encre, et cette fois, il l'écrase dans la couverture.
- Là, quémande la jeune femme, les bras tendus vers lui. Juste là.
Il se rapproche d'elle tout en essayant de bouger les hanches. C'est laborieux, mais Tsuchida s'en moque comme du temps qu'il fait. Elle dit, et il fait de son mieux pour que ça fonctionne, c'est de cette manière que ça se passe, pour eux. De son côté, elle sait qu'elle fera tout ce qu'il ne lui demande pas, mais qu'elle sait qu'il veut quand ils sortiront de là. L'échange est étrange, et inconscient, mais il a lieu, ils le sentent. C'est comme ça que ça marche dans leur couple.
Elle l'embrasse.
Elle est extatique de la sensation qu'elle sait attendre. Parce que ce moment est le seul au monde qui lui fait se sentir mieux que faire de la musique. Parce que faire l'amour est la seule chose qu'elle crée le mieux, et c'est à quatre main qu'elle le compose.
VOUS LISEZ
Les larmes en gouttes de pluie
FanfictionTome 2 Avançant sur le chemin qu'ils se sont obstinément tracé, une seule question se pose à eux : quelle est la limite d'un génie ? Si Aomine et Tsuchida se dirigent vers l'école de leurs rêves, ils ne doivent pas oublier qu'ils ne sont pas leur pa...
