Momoï tourne dans le quartier trois fois pour être sûre de prendre ses marques. Ce n'est que lorsqu'elle passe encore une fois devant l'école Orugouru qu'elle s'en rend compte. L'avancée a beau être très élaborée, elle ne détonne pas tant que ça dans la rue aux vitrines riches, et aux voitures hors de prix. Elle prend en note l'adresse, puis se prend en photo devant, pour envoyer à Tsuchida : « Mon appart' à deux rues de ton école ! ».
La tête encore dans le brouillard la musicienne sort son nez de dans l'oreiller, soupirante. Aomine se laisse tomber à côté d'elle, avec un grognement satisfait, et elle se plaint des vibrations du téléphone qu'elle finit par ignorer, pour se coller dans les bras, qu'il lui tend. Elle frotte sa joue contre son épaule, et essuie une goutte de sueur sur la peau basanée du bout du doigt.
- Qu'est ce qu'il y a ? demande-t-il en attrapant sa main au passage.
Elle hausse les épaules, incertaine.
- Je ne sais pas trop. Je ne me sens pas... pas sûre de moi, dit-elle en fronçant les sourcils.
- Avec tout ce que tu as préparé ces dernières années ? Et tout ce que tu as écrit ?
- Ce n'est pas ça. Est-ce que ça va me plaire ? Est-ce que cette école va réellement m'apprendre quelque chose ? C'est loin, et...
Il la serre dans ses bras.
- C'est pas parce que tu seras loin de moi que je ne serais pas là pour toi. Je ferais tout ce que je peux, d'accord ? Et je viendrais te voir autant que possible.
- Mais ça ne sera pas tous les jours, se plaint-elle.
- C'est pas comme si tu allais passer de la super école prestigieuse pour aller à la fac en face de la mienne, quand même. Pas pour moi. Tout se passera bien, d'accord ?
Elle soupire. Si elle avait pu, elle aurait passé toute la journée là, mais ce n'est pas raisonnable du tout, ils ont déjà sauté le repas du midi, elle ne va pas l'enchainer au lit... Aomine ne semble pourtant pas lui laisser le choix, et la garde contre lui.
- J'ai faim.
- Menteuse.
- Qu'est ce que tu en sais ?
- Tu as vraiment faim ? demande-t-il contrit.
Elle secoue la tête.
- Non, mais je suis presque sûre que toi, oui.
Aomine rit doucement, sans rien dire. Oui, il a faim. Mais il a tout le temps faim. Et sortir du lit pour manger, peu importe ce qu'il pourrait trouver de délicieux dans le réfrigérateur ne lui fait pas la moindre envie.
- Je veux rester là... avec toi, soupire-t-il finalement.
- A faignanter ?
Il frotte son nez contre son épaule et inspire son odeur profondément.
- Ouais.
- D'accord...
Elle s'endort au bout d'un moment, et il soupire de soulagement, avant de prendre son téléphone. Il ne sait plus quoi faire pour l'obliger à prendre soin d'elle, et il est bien content d'avoir eu l'idée lumineuse. Après qu'ils aient fait l'amour, elle se sent toujours fatiguée, et s'il l'oblige à rester au lit, elle a le bon sens de s'endormir. Le tout, c'est de ne pas la laisser reprendre ses esprits ensuite. Pas de conversation trop sérieuse, ou de remue-méninge, juste du badinage, pour qu'il puisse faire ses emplettes internet quand elle se repose.
Cette fois encore, il ne trouve pas le petit truc qu'il essaie de lui trouver, mais il ne baisse pas les bras. Il finira bien par l'avoir. Reste à espérer qu'elle ne se l'achète pas avant.
- J'ai encore un peu de temps avant qu'elle ne se décide à le faire, elle ne m'en n'a jamais parlé...
Le message qu'il reçoit de Momoï le fait sourire.
- Les deux terreurs ensembles, hein ? marmonne-t-il en répondant qu'il a de l'inquiétude à se faire.
Si elles sont près l'une de l'autre, au moins, il espère qu'elles auront le temps de se voir, et que ça les rassurera. Et puis, elles seront là l'une pour l'autre, quand il ne sera pas là pour la première fois.
La réponse de Momoï ne se fait pas attendre, et il ricane. « Tu verras, quand tu la reverras, elle aura changé de tête ! ». C'est déjà le cas, pour lui. Elle semble plus jolie à chaque fois qu'il la voit, et même si c'est loin d'être objectif de sa part, il sait qu'il n'est pas le seul à le penser. Elle semble différente, tout en étant la même. Il n'y a pas une seule fois où, contrairement à plusieurs de ses camarades de baskets, il ne l'ait pas reconnue dans la seconde. Heureusement pour lui, mais en même temps...
Aomine se cale sur le dos en songeant qu'elles ne sont pas les seules à penser à leur prochaine année, la toute première fois qu'ils ne seront pas ensemble. Peu importe le sens, se dire que la petite manageuse ne restera pas pour lui tirer les oreilles lui fait de la peine, assez pour qu'il se soit plusieurs demandé s'il parviendra à se refaire des amis, là où il va. Le changement est effrayant. Et l'évolution aussi. Sauf qu'il ne peut plus se contente de ce qu'il a. il veut aller plus loin.
- Je pensais juste que je ne serais jamais tout seul. J'ai l'impression que personne ne sera là pour me soutenir en cas de besoin, alors qu'elle est juste là...
Il lui caresse le visage, l'embrasse sur le front, et repose son téléphone.
Il a mis du temps à s'y faire, alors que tout est fluide dans leur relation. Il ne peut pas s'empêcher de penser qu'elle trouvera peut-être mieux que lui dans son école, et pourtant, un quelque chose qu'il ne connait le réconforte dans l'idée que personne ne peut mieux aller avec elle que lui. Cette idée l'apaise, et il s'endort avec elle.
Les examens sont passés, et bientôt, Tsuchida va aller avec lui pour aménager l'appartement. Ils avancent vers leur rêve... ils avancent.
VOUS LISEZ
Les larmes en gouttes de pluie
FanfictionTome 2 Avançant sur le chemin qu'ils se sont obstinément tracé, une seule question se pose à eux : quelle est la limite d'un génie ? Si Aomine et Tsuchida se dirigent vers l'école de leurs rêves, ils ne doivent pas oublier qu'ils ne sont pas leur pa...
