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Chapitre 19

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Il l'attrape par la taille à la seconde où elle sort de la pièce. Elle est profondément extatique, et il se doute que faire de la musique autant dans la même journée avec des professionnels est autrement plus intéressant que de préparer une poignée de partition en vue du club de l'après-midi, mais il ne s'attendait pas à la voir aussi heureuse d'être là.

Elle fait un signe de la main à l'homme derrière elle, et Aomine comprend que Tsuchida lui demande de l'attendre quelques minutes. Le type en question semble se liquéfier de seconde en seconde, surtout lorsqu'un homme de la même taille, grisonnant, s'approche de lui et le basketteur devine à la tête du blondinet que les choses ne se passent pas très bien entre eux.

- Viens vite, dit Tsuchida en le tirant à l'écart.

Elle a besoin d'une pause avec lui, et ce genre de pause ne peut être fait qu'avec lui. A croire qu'elle passe son temps à profiter de lui quand elle n'est pas occupée à faire de la musique. Mais elle fait ce qu'elle peut pour passer outre sa gêne, et une fois dans une autre pièce, elle s'agrippe à lui et le tire quelques centimètres plus bas.

- Oui ? demande-t-il aguicheur.

- J'ai envie.

- Maintenant ?

Il essaie de masquer sa surprise, mais il ne s'attendait pas à grand-chose de plus qu'une étreinte langoureuse et décoiffante, et encore une fois, elle le tire dans un endroit de sa tête et de ses envies qui lui est très peu familier.

Loin de s'en formaliser, il lui attrape la main, et l'emmène plutôt dans leur chambre, puisque tout ce qu'il estime nécessaire est là-bas, à savoir les préservatifs, et de quoi se rhabiller en cas de besoin.

Ils ne font pas attention à ceux qu'ils n'ont pas croisé sur le chemin, et grisée par ce dont elle a discuté avec Arata une heure avant, elle se sent excitée par un rien. Cette école lui parait de plus en plus géniale. La partition qu'il a écrite est un cran au moins au dessus ce qu'elle fait elle-même, et ça aussi, elle trouve ça génial. Mais voir Daiki Aomine en chemise venir la voir, le premier bouton détaché et la cravate abandonnée, ça a été la goutte de trop pour son imagination déjà bien fertile.

Elle soupire de soulagement quand elle peut l'embrasser de tout son saoul, bien à l'aise, contre le panneau de bois de la porte et lui, détachant tous les boutons qu'elle a sous la main, se prétextant une volonté de ne pas froisser ses vêtements quand elle veut les voir finalement disparaitre de sa peau foncée.

Aomine ne la laisse pas faire, la même idée en tête. Ils se débattent un moment, entre leurs membres et les tissus, jusqu'à ne plus être gênés par rien, et s'écraser sur le matelas. Il lui dépose baisers après baisers sur le visage, le cou, l'épaule, et la sentir aussi chaude sous sa peau le satisfait à un point qu'il n'aurait jamais pu imaginer.

Les gants qu'Akashi a trouvé à la dernière minute à la musicienne pour camoufler ses doigts pensés, lui viennent à l'esprit, se disant vaguement que le sol devait être assez propre pour ne pas trop les salir, et puis finalement, ils disparaissent de sa conception du monde, effacés par d'autres doigts bien plus intéressants. Elle se déplace sous lui, se rapproche encore, jusqu'à ce les doigts passent de la caresse à la profondeur de son sexe. Tsuchida soupire, et grogne en même temps, mais l'embrasse tout de même. Il en déduit avec plaisir qu'elle n'est pas satisfaite, mais qu'il est sur la bonne voie.

Il poursuit lentement sa découverte jusqu'à ce qu'elle lui tire doucement les cheveux, les muscles crispés. Ce n'est qu'à ce moment là qu'il déchire le petit sachet, et enfile le préservatif. A une époque, elle se plaignait, quand il la lâchait pour le faire. La jeune fille le regarde à présent avec envie, les cheveux en bataille et l'air fiévreux. Ce côté-là lui plait beaucoup, et dans tous les domaines. Qu'elle assume son envie de plaisir.

Aomine se rapproche d'elle et elle tend les bras d'autorité pour le serrer contre elle.

- Là, tu as vraiment envie, ou...

Elle hoche vivement la tête avant de l'embrasser.

- Vraiment envie.

Il perd ses mains dans ses cheveux, et quand ils redescendent tous les deux une vingtaine de minutes plus tard, le couple se fait intercepter par Akashi.

- Tout va bien ? leur demande-t-il soucieux.

Aomine sourit.

- Oui, pourquoi ?

- Comme tu es parti chercher Tsuchida et que je ne t'ai pas vu revenir...

- J'ai eu un souci avec ma robe, explique-t-elle. La fermeture a fait des siennes.

Le basketteur basané sourit de plus belle. La question de la fermeture avait en effet posé problème... dès l'instant où la robe avait insisté pour se remettre entre eux.

- Excusez-moi, quelqu'un a besoin de moi, dit-elle après l'avoir embrassé. Essaie de profiter de ta soirée, Akashi, elle est réussie.

Elle s'éloigne, remettant ses gants définitivement en place.

- Sa robe, hein, soupire l'héritier plus par dépit que par jeu.

- Tu t'es fait prendre en embuscade.

- Si tu savais combien de personne m'ont parlé de mariage, tu n'en rirais pas, répond-il sérieusement.

- Je reste avec toi, si tu veux, j'ai eu ma pause.

Il suit du regard Tsuchida rejoindre Arata, et lui faire signe de la suivre jusqu'à l'orchestre, au centre de la pièce. Devant l'air paniqué qu'il tente de cacher, il suppose qu'elle lui a demandé de faire quelque chose, pour laquelle il n'a pas la moindre envie de se mouiller.

Elle prend les devants, le petit rouleau de papier qu'il avait dans les mains, et s'approche des musiciens.

- Excusez-moi, je voudrais jouer cette partition pour un ami qui n'ose pas jouer, ce serait possible après ce morceau-ci ?

Les musiciens acquiescent tranquillement, et elle attend patiemment son tour. Quand celui-ci vient, l'esprit embrumé de sa partie d'amour a achevé de s'envoler, et elle peut dire, se penchant sur le micro :

- Bonsoir.

Elle sourit, et dit doucement, avec un timbre de voix calme :

- Je vais vous jouer une partition réalisée par Arata-san, pour l'anniversaire d'Akashi-san. Le morceau s'intitule : « La fenêtre ouverte ».

Il n'avait pas trouvé le titre avant de la rencontrer, et le compositeur en rougit, d'ailleurs, quand il aperçoit le grand compagnon de son acolyte. Mais loin de s'en préoccuper, celui regarde la scène, Tsuchida, et dès la première note, l'air se met à vibrer.

Le silence qui a inondé la pièce ne surprend pas Aomine. Ça ne peut pas. Il n'y a que la tranquillité elle-même, qui peut être surprise. Parce que Tsuchida a beaucoup aimé ce morceau dès ses premiers sons, et qu'elle prend un plaisir intense à le jouer. Dans la pièce, il n'y a plus que le piano, elle, la musique, et lui.

Les larmes en gouttes de pluieDes histoires addictives. Découvrez maintenant