Aomine est passé voir son amie d'enfance avant de monter ces escaliers. Il a prétexté avoir oublié ses clefs, et le premier résident passant par là lui a tout simplement ouvert. Il avait prévu de lui faire une surprise, et le voilà avec un bouquet de tournesols dans les mains, sans savoir si c'était réellement une bonne idée. Est-ce-qu'elle est malade ? Est-ce-qu'elle est malade ? A-t-elle dormi ces trois derniers jours ? Et ses cours ? Peut-elle réellement ne pas s'y rendre sur une durée indéterminée ?
La bouche pâteuse, il choisit de l'appeler. Il s'attend à tomber sur sa messagerie quand au dernier moment, elle décroche.
- Daiki ? demande-t-elle.
- Ouais, salut... ! se force-t-il à sourire.
Elle vient de se lever. Elle a encore sa voix enrouée de la nuit, alors qu'il est quinze heures passées. Et il sait différencier son état après une courte sieste, et celui dans lequel elle est actuellement.
- Elle a dormi au moins six heures pour avoir la gorge aussi sèche. Comment tu vas ? demande-il en s'adossant au mur.
Il n'a pas besoin de grand-chose, juste d'un peu de force. Cette force qui lui manque de plus en plus. Est-elle seulement chez elle... ?
- ... je dirais que ça peut aller, et toi ?
- Je vais bien.
- Arrête, tu sens la nervosité de là.
Il rit. Pas assez franchement pour faire du bruit dans le couloir, mais assez pour qu'elle l'entende. Il peut la sentir sourire.
- Ouais, je suis un peu nerveux, répond-il en appuyant sur la sonnette.
Le fait de l'entendre dans le micro de l'étudiante le rassure un peu, même s'il se sent de plus en plus mal à l'aise. Elle semble attendre qu'il lui explique pourquoi, et il tente :
- Tu ne vas pas ouvrir ?
- Je ne vois pas qui ça pourrait être, je n'attends personne. Je fais mes valises, en fait.
Il fronce les sourcils, et arrête son doigt avant le bouton qu'il allait presser une seconde fois.
- Tu vas où ?
- Je vais aller voir mon père. Quelques jours. Je suis presque prête à partir. Tu veux que je te prévienne quand je suis arrivée ?
Il soupire sans répondre, collant son front à la porte.
- Daiki ?
Toute cette situation le met mal à l'aise. Il voudrait tellement comprendre pourquoi... mais n'en n'a pas la force. A la place, il presse à nouveau la sonnette.
- Koike...
- J'ai compris, soupire-t-elle, je vais ouvrir, ça te va ? Tu reste en ligne, ou tu rappelles ?
Il prend une grande inspiration.
- Je préfère rester en ligne.
Elle fronce le nez. Il en est certain. Elle est contrariée qu'il la surveille comme ça, mais il espère simplement qu'elle ne raccroche pas pour lui faire croire ensuite qu'elle a ouvert la porte. Parce qu'il serait sur le devant de la scène pour savoir qu'elle ne l'a pas fait.
Elle met un temps à arriver. Un long moment pendant lequel aucun d'eux ne parle. Et quand la porte se déverrouille, il s'attend à la voir habillée de la tête aux pieds, prête à partir comme elle vient de lui dire, alors qu'il sait qu'elle ne partirait pas dès le réveil. Qu'elle attendrait. Son bras retombe en manquant de lâcher l'appareil dès qu'il voit sa main sur la tranche de la porte qui s'ouvre.
VOUS LISEZ
Les larmes en gouttes de pluie
FanfictionTome 2 Avançant sur le chemin qu'ils se sont obstinément tracé, une seule question se pose à eux : quelle est la limite d'un génie ? Si Aomine et Tsuchida se dirigent vers l'école de leurs rêves, ils ne doivent pas oublier qu'ils ne sont pas leur pa...
