Aomine pousse la porte avec le pied, les bras pleins. Il a encore quelques examens la semaine prochaine, mais pour l'essentiel, tout est passé. Qu'il se soit viandé sur l'anglais ne le perturbe plus depuis qu'il s'est rendu compte que de nombreuses personnes râlaient dessus, et il s'est plutôt concentré sur le reste, histoire de ne pas apporter ses cartons ici pour rien. Il pose la dernière boite par terre en regardant autour de lui avec un soupir satisfait. Il faudra encore amener un lit, une table, des chaises, et à peu près tout le mobilier, mis à part ce canapé, qu'Haru, l'ancien locataire lui a laissé. Il apprécie l'attention, surtout qu'il ne va pas pouvoir aller regarder les meubles avant la fin de ses examens, et que le basketteur lui a proposé de lui laisser quand il l'a su.
- T'auras un coin où dormir le temps de t'acheter ce qu'il faut. C'est normal de filer un coup de main, on galère tous les premières semaines, sans les parents, lui avait-il dit.
Il range quand même les cartons dans les bonnes pièces, les empile proprement. Tout sera à sa place quand il les cherchera. Il achève de prendre les mesures qu'il lui manquait, et devine qu'il devrait chercher un magasin d'ameublement d'occasion en priorité. Il manque tout, et ça va coûter une fortune.
Il soupire, et se laisse tomber dans le canapé. En attendant qu'il monte les cartons, sa mère est partie acheter quelques produits dont il aura définitivement besoin dès qu'il vivra là, suivant scrupuleusement les marques de gel douche, de brosses à dents, et même le nombre de vaisselle en carton réclamée. Quand elle rentrera, ils mangeront, rangeront sûrement encore un peu, ou feront un peu de ménage, l'absence de meubles contraignant le rangement au minimum, et ils rentreront.
Aomine ferme les yeux.
- Il est p#*ain de confortable, ce canapé, b#*del.
Il n'y a que les vibrations de son portable dans sa poche de pantalon qui l'empêche de s'endormir.
- Alors ? demande Tsuchida.
Elle parle tout doucement. Elle est au travail, ce matin. C'est bien pour ça qu'elle était dépitée de ne pas pouvoir aller l'aider à s'installer. Elle doit avoir réussi la plupart de ses examens, mais il s'inquiète pour elle. La future étudiante est beaucoup trop fatiguée. A ce rythme, il a peur que le début d'année prochaine soit trop dur.
- C'est parfait, répond-il en essayant d'avoir l'air trop sûr de lui. C'est vrai que sans le bazar d'Haru, y a plus de place, tout de suite.
Elle ricane.
- Tu m'étonne.
- Et toi ? Tu vas apporter tes affaires quand ?
- La veille de la rentrée. Je ne pourrais pas le faire avant. Mais j'avais visité une chambre type, la dernière fois. Elle est meublée, et je ne vais pas avoir beaucoup de place. Je crois que le pire, c'est qu'elle ne sera pas aussi bien insonorisée que je l'aurais voulu.
- Ah, fait-il théâtralement. Pas de violon le soir, alors ?
Elle soupire.
- Toujours pas. Mais j'espère bien avoir mieux l'année prochaine.
Il sourit. Qu'elle pense déjà à la suite lui fait plaisir, parce qu'elle continue encore d'avancer, quoi que son corps ne suive pas tout à fait. Il est soudainement d'autant plus inquiet qu'il sera trop loin d'elle pour l'aider à prendre soin d'elle.
- Il faudra quand même que tu lève le pied, après les examens.
Elle ne proteste pas, il en est surpris.
- Oui, je pense que je vais avoir du mal, sinon. J'ai accumulé beaucoup de fatigue. On termine jeudi. Ça te tente que je vienne t'aider à t'installer la première semaine ? Je m'installerais plus tard que toi, mais tu es celui qui reprend en premier, non ?
Il ricane.
- Comment peut-elle se souvenir d'autant de choses sans exploser ? Oui, c'est ça. Pourquoi pas. On pourrait passer quelques jours, tester le nouveau lit...
Il l'entend rire, puis la vieille derrière lui demander de faire moins de bruit.
- Entendu. On se calle ça, alors. Je vais te laisser, je dois passer au vernissage, et c'est pas pratique avec le fil du casque.
- Okay. Pas de soucis. Ma mère ne va tarder, de toute façon. Je t'embrasse.
Elle raccroche après un « bye », et il pose son téléphone sur sa cuisse. Sa mère frappe à la porte quelques minutes d'introspection plus tard, et il lui donne un coup de main rapide en attrapant les sacs.
- Tu as appelé Tsuchida ? demande-t-elle en posant des boîtes de conserve dans le fond d'un placard. Tu as l'air ailleurs, poursuit-elle pour s'expliquer.
- Ouais. Elle s'installe la veille de la reprise.
- Ah oui ? s'étonne-t-elle. Pourquoi ?
- Je ne sais pas. Mais j'aime pas trop la manière dont ils traitent leurs étudiants, et elle y est pas encore que ça me gave déjà. Ils les prennent pour des pompes à fric, et ne se préoccupent que de ceux qui tiennent jusqu'à l'année suivante.
- C'est... elle réussira à tenir, tu crois ?
- J'en doute pas une seconde. Je suis juste inquiet... qu'elle rencontre des c#*nards qui essaient de lui faire la peau parce qu'elle est douée. Sur le travail, elle saura y faire. Elle les écrasera. Elle a juste tendance à faire facilement confiance aux gens.
- Tu sais... c'est peut-être une bonne chose.
Il se tourne vers elle, son set de couverts en bois cartonné dans les mains.
- En quoi ?
- Ceux qui ont l'habitude de faire facilement confiance peuvent aussi se montrer cruels, quand on trahit cette confiance.
Il secoue la tête.
- Elle n'est pas comme ça.
- Mais comment regarde-t-elle ceux qui lui en font voir de toutes les couleurs ?
Elle ne le regarde plus. Elle n'attend pas de réponse, rangeant seulement ce qui doit être rangé. Aomine réfléchit.
- C'est assez évident. Elle ne les regarde pas. Elle se contente de les dépasser, sans les regarder.
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Les larmes en gouttes de pluie
FanfictionTome 2 Avançant sur le chemin qu'ils se sont obstinément tracé, une seule question se pose à eux : quelle est la limite d'un génie ? Si Aomine et Tsuchida se dirigent vers l'école de leurs rêves, ils ne doivent pas oublier qu'ils ne sont pas leur pa...
