Aomine la cherche dans le gymnase, après le match. Elle avait dit qu'elle l'attendait dans les gradins, mais l'endroit est vide, il comprend qu'elle a été obligée de sortir. Il fronce le nez et sort sans attendre personne. Les invités les attendent dehors, et sifflent lorsqu'ils le voient descendre. Momoï qui était adossée à la barrière lui saute dans les bras avant même qu'il ne la voie, et elle le félicite :
- Apparemment, c'était une belle victoire ! Bravo ! Je ne m'y attendais pas, avec le bazar que c'était quand je suis arrivée !
Tsuchida les regarde faire, les mains dans les poches, à demi-souriante, elle se retient. Ça va être l'heure des représailles, mais elle est presque trop contente de le voir pour pouvoir le faire correctement.
Les membres de l'équipe sortent un par un, pour tout de suite regarder l'étrange petit groupe. Aomine desserre un peu sa prise sur son amie, pour enlacer Tsuchida d'un bras. Elle lui rend en posant son front contre son épaule en soupirant. Il se détend, mais elle l'attrape brusquement au col de sa veste pour le tirer à sa hauteur, les sourcils froncés :
- J'ai beau être contente pour toi, c'est la dernière fois que tu me fais courir comme ça un jour de semaine juste parce que tu ne m'en n'as pas parlé, c'est clair ?
- Limpide.
Elle le lâche et l'embrasse sur la joue.
- Alors on peut aller manger.
Elle les devance de plusieurs pas avant de se retourner :
- Vous venez ?
- Elle était furieuse, lui chuchote Momoï. Tu as de la chance de t'en sortir aussi bien. Elle aurait pu tuer tout le monde dans le train d'un seul regard.
Il hoche la tête sans répondre. Il l'imagine bien. Sauf qu'il hésite encore. Il se demande, en y réfléchissant, s'il ne le referait pas. Si encore une fois, il ne lui dirait pas qu'il est angoissé à l'idée de faire une chose pour laquelle on l'a toujours dit doué, mais où il se sent brusquement médiocre.
Elle qui lui parle pourtant de ses doutes... Est-ce-que c'est une question de caractère, ou d'habitude ? Parce qu'elle l'a toujours fait, alors ça ne la dérange pas ? Mais lui n'avait jamais douté de ses capacités avant. Pas même après avoir été défait par Kagami, ou Akashi.
« Debout. »
Il secoue lentement la tête et son amie se détache de lui dans le même mouvement.
- Il sort avec les deux ? s'étonne Aburaya.
Son camarade secoue la tête.
- Je crois pas, non. C'est la brune, Tsuchida. L'autre doit être sa pote d'enfance, non ?
- Mais quelle fille saine d'esprit laisserait un canon pareil s'approcher de son mec ?
- Pas moi ! glisse Awa en levant son bras pour se mettre en dessous. Alors, ce match ? Vraiment désolée de ne pas avoir été là...
Le grand joueur baisse les yeux dans le décolleté léger mais imposant de sa Bulle, et sourit doucement.
- Eh ben, t'as raté Aomine qui se fait remonter les bretelles en plein match ! Et la tête du coach ! Epique !
- Vous venez, ou vous prenez le thé ? réclame Aomine plus loin.
Le trio se regarde, surpris, avant de le rejoindre. Ils n'avaient pas compris qu'ils les attendaient pour manger.
- On arrive, soupire Obata en fermant sa veste.
Il observe de loin l'étrange groupe, alors que Tsuchida semble se restreindre pour ne pas trop parler, visiblement encore euphorique du match. Elle s'arrête pourtant à un moment donné pour placer la petite étudiante aux cheveux roses entre elle et son compagnon pour qu'elle discute un peu avec eux.
- Mais j'ai vraiment rien à dire... fait-elle mal à l'aise.
Tsuchida lui donne un léger coup d'épaule en roulant des yeux :
- Je l'ai au téléphone à chaque fois qu'il est disponible. Tu ne me feras pas croire que tu as eu le temps de lui raconter toutes tes dernières aventures !
Le basketteur comprend le message, et passe un bras sur les épaules de l'apprentie journaliste :
- Ah ? Et j'ai manqué quoi ?
- Eh ben, la semaine dernière, elle m'a parlé pendant une heure du cours qu'elle avait eu sur l'écriture des articles d'un magasine, dont elle a adoré la conférence. Elle me l'a presque refaite !
- C'était vraiment génial, se lance Momoï soudainement, le gars est monté sur l'estrade sans aucune note, et nous a fait un cours de trois heures sans perdre le fil une seule fois !
A présent silencieuse, la musicienne se contente de mettre ses mains dans ses poches, le nez en l'air. Aburaya et Awa qui sont restés un peu plus en retrait ne font que jeter un œil perturbé au groupe devant eux, alors Obata fixe longuement la troisième étudiante.
Il ne la trouve pas particulièrement jolie. En fait, Tsuchida est presque tellement quelconque qu'il s'est demandé comment un type aussi bien monté qu'Aomine a pu tomber amoureux d'elle. et ensuite, il s'est dit qu'elle devait avoir des compétences et un caractère vraiment spécial, pour qu'il en parle comme il le fait avec eux deux.
Maintenant, il ne sait pas quoi en penser du tout. Lui qui arrive à facilement lire les gens habituellement ne voit pas du tout quel genre de personne elle est.
A chaque fois qu'elle ouvre la bouche, elle attire l'attention, et si on accroche deux secondes à ce qu'elle dit, c'est impossible de s'en défaire, on l'écoute jusqu'au bout. Lorsqu'elle se sent de trop, elle s'efface, comme si elle ne faisait que se promener à côté d'eux, et pourtant, les sourires qu'elle adresse et les regards qu'elle coule sont chaleureux. C'est comme être en présence d'un être magnétique, qui est entre deux univers : là, mais aussi simplement à côté, comme dans une autre dimension.
Il finit par demander bien malgré lui, quand les deux amis sont à la borne pour commander :
- Mais ça ne te dérange vraiment pas ?
- De ?
- Qu'ils soient aussi proches.
- Tu sais, Obata, quand tu arrives dans la vie de quelqu'un, il faut accepter que si tu es le centre de ton propre univers, tu n'es pas nécessairement le centre du sien. Et plus facilement tu l'accepte, et plus facilement tu prends du plaisir à voir tout simplement ce quelqu'un heureux. Je suis avec lui depuis bien moins longtemps qu'elle. Mais je peux t'affirmer qu'à la façon qu'il a de la regarder que ça n'a aucune raison de me déranger.
Elle commence à taper sa commande sur la borne, et se retourne pour lui demander :
- Tu vas prendre quoi ?
Il ouvre la bouche pour répondre quand il pense soudain :
- Je lui avais donné mon nom ?
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Les larmes en gouttes de pluie
Fiksi PenggemarTome 2 Avançant sur le chemin qu'ils se sont obstinément tracé, une seule question se pose à eux : quelle est la limite d'un génie ? Si Aomine et Tsuchida se dirigent vers l'école de leurs rêves, ils ne doivent pas oublier qu'ils ne sont pas leur pa...
