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Chapitre 32

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Il y a deux heures encore, Daiki s'amusait à lui faire enlever son uniforme qu'elle peinait à remettre pour partir à l'heure. A présent, elle s'étonne de ne pas être arrivée en retard à son premier examen, qu'elle est en train de pourrir de métaphores musicales en lignes informes, à en faire pâlir un professionnel, ou donner une migraine puissante à son futur correcteur.

Ce n'est pas ce qui va l'empêcher de bleuir les cases, avec l'intention terrible d'obtenir au moins 98.

Assis dans une autre salle, le basketteur essaie quant à lui d'avoir la moyenne, dans cette matière où Tsuchida lui a pourtant donné deux ans de cours particuliers. Une grande réflexion finit par lui donner l'impression de son cerveau bout. Il se masse le passage de la nuque au commencement de ses cheveux, et soupire, les yeux grands ouverts. Ce n'est pas qu'il ne voulait pas partir, ce matin, mais cet examen est juste... assez semblable à ce qu'il s'attendait.

Il coche les cases, et essaie de répondre le plus clairement possible, profitant de l'occasion d'écrire confortablement en romanjis jusqu'à ce que la sonnerie annonce la fin de l'examen :

- Merci de rendre vos copies, et de sortir des salles en silence.

Il fiche son stylo dans sa poche, le débouchant presque, jurant en cours de route, pour retrouver Momoï et Tsuchida en grande conversation sur leur prochaine tentative culinaire, où, en dépit de cette malédiction qui poursuit la manageure, son acolyte d'expériences parvient à tout rehausser au "largement comestible". Son expression doit vraiment indiquer ce qu'il vient de lui arriver, et la musicienne pince les lèvres.

- Je ne ferais aucun commentaire, ricane Momoï pour traduire.

- Merci, Satsuki, râle-t-il en passant devant.

Elles le suivent jusqu'à la cantine, remerciant celui qui a eu l'idée de la maintenir pendant les examens, et s'installent à l'une des nombreuses tables vides. Le repas ne donne pas envie, mais ils s'y collent quand même. Aucun d'eux n'a pris de petit déjeuné, par stress ou manque de temps, et ils ont presque envie de savourer le repas. Presque.

Après qu'elle ait tiré la chasse d'eau, Tsuchida sort de la cabine en marchant en crabe, et se fait rattraper en cours de route par Aomine, qui, a beau avoir l'air plus pâle qu'il le devrait, tient encore miraculeusement sur ses pieds. Le déjeuner n'était finalement ni agréable, ni digeste. Peu habitués, les trois élèves nauséeux sortent des toilettes pour filles, décidant en silence de se rendre chez les Aomine pour récupérer de ce qui aurai dû être un repas tranquille et sans prise de tête.

Les deux adultes retrouvent donc les trois lycéens sur le canapé, enchâssés les uns sur les autres, la télévision éteinte.

- Tout va bien ? demande sa mère inquiète.

Il émet un gémissement éteint, et se redresse, faisant se plaindre sa compagne allongée sur lui.

- C'était pas frais, c'qu'on a mangé, s'midi.

Elle écarquille les yeux, et s'approche d'eux pour poser sa main sur le front de Momoï, assise par terre.

- Nan, mais c'est passé, soupire-t-elle. Là, on est juste claqués, dit-elle en fermant les yeux, se rappuyant contre le canapé.

Mais à présent réveillée, Tsuchida s'extirpe des bras d'Aomine pour les saluer correctement, et prendre ses affaires.

- En tout cas, reposez-vous bien, il faut que j'aille au travail. On se voit demain pour réviser ?

L'adolescent gémit en secouant la tête, et l'autre se redresse vivement.

- Tu t'en vas déjà ?

- Mon salaire m'attend, aujourd'hui, sourit-elle. Je ne sais pas comment je vais pouvoir en gagner l'année prochaine, alors je préfère faire mes économies maintenant !

Il le regrette vraiment. Et pourtant, il ne lui en adresse pas un mot, les lèvres collées l'une à l'autre. Ce serait égoïste de lui dire. Surtout qu'elle aussi, devra payer les billets de train pour aller le voir quand il ne peut pas aller chez elle, ou parce que son appartement à lui sera tout bonnement la meilleure option.

- Si tu peux... tu m'appelles ?

Ils le font souvent, ces derniers temps. Les écouteurs que son père lui a offert récemment ont un micro, et lorsque la vieille dame n'est pas de mauvaise humeur, ça ne la dérange pas, que la jeune fille chuchote au téléphone tout en travaillant. Elle s'en va, son sac dans les mains, et referme la porte. Avant de partir, elle prend une grande inspiration, se donne du courage, et l'estomac toujours en vrac, elle traverse la ville rapidement.

Elle arrive à la lutherie avec une demi-heure d'avance, pour voir si elle ne peut pas rentrer chez elle une demi-heure plus tôt, fatiguée par sa journée. Elle n'a pas précisé à la petite équipe quels jours elle aurait ses examens, elle sait déjà qu'ils lui auraient adressé un regard en biais. Ce qu'elle a dit au basketteur avant de partir est vrai. Elle veut économiser autant que possible. Elle ne sait pas tout de ce qui l'attend l'année suivante, et même si Akira l'a déjà rassurée sur les opportunités de composition pour des professionnels tout au long de leurs études, il a précisé que les premières années ont rarement la "célébrité" nécessaire à ce genre de faveurs, où les rendez-vous sont organisés par les enseignants.

- Bonjour.

Elle se sent plus légère à chaque fois qu'elle entre ici. Le travail manuel lui fait du bien. C'est de se dire qu'elle fabrique ou répare une source de musique qui lui plait le plus. Et bien qu'elle ne soit pas une luthière professionnelle, ou à la formation complète, elle en sait plus qu'un apprenti, à présent. Et elle a les connaissances nécessaires pour réparer dans la majeure des cas, son propre violon. Apprendre de la femme qui ponce doucement l'alto derrière le comptoir suffit à lui faire prendre conscience de la qualité de ce qu'elle lui enseigne.

Tsuchida s'assoit à son espace sans un mot, en posant son sac, retirant sa veste, pour la mettre sur le dossier de la chaise, et se remet à affuter ses instruments, comme elle s'était arrêtée de le faire deux jours plus tôt. A une époque, elle voyait les outils bouger sur son établi, ou son travail avancé par quelqu'un d'autre. Ce n'est plus le cas. C'est plaisant.

Elle se met au travail une fois qu'elle a terminé, et finalement, préfère le bruit léger des raclements à un appel d'Aomine. Ce sont ses derniers moments ici. Elle va les savourer. Lui a encore tout leur temps devant lui.


Petite illustration encore de @mariam150295, qui me l'a envoyée mi-décembre, mais que je n'avais pas encore mise... Cette fois-ci, nos deux héros sont à l'affiche ;)

 Cette fois-ci, nos deux héros sont à l'affiche ;)

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Merci beaucoup pour ton dessin ! x)

Les larmes en gouttes de pluieDes histoires addictives. Découvrez maintenant