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Chapitre 49

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Le coach regarde son cinq majeur en ruminant. Il avait parié sur le joueur Miracle, et il venait de s'en mordre les doigts sévèrement. Il voudrait lui dire quelque chose de plus, mais il n'y arrive pas. Il vient déjà de le mettre sur la touche, un sermon pourrait vraiment lui faire mal, là tout de suite.

Il ouvre la bouche pour prendre la parole, mais une silhouette l'interpelle, et s'approche d'eux à grandes enjambées. Il est à demi admiratif du culot de la fille, et est bien plus curieux de savoir qui elle vient voir que donner ses consignes, l'espace d'une minute.

Elle arrive, passe devant eux rapidement, s'agenouille devant Aomine, les mains sur ses genoux. Celui-ci sursaute presque, et elle lance tout aussi vite, sans que personne n'ait le temps de lui dire de retourner d'où elle vient :

- T'as jamais joué aussi mal. T'as pas pris de petit-déj' ? Plus de barres à la cafèt' ? Nan, parce que là, même moi je marquerais un panier contre toi. Alors debout. Votre numéro sept devrait te suivre, appuie-toi dessus, et le onze d'en face a le genou bancal, il devrait passer au banc. Satsuki attend dehors, et on dort chez toi ce soir, je t'attends dans les gradins.

Elle lève le bras avec un sourire en coin, posant son coude sur la cuisse du sportif :

- Ecrase-les.

Il lui sourit franchement, et lui serre la main. Elle se relève pour s'éclipser tout de suite, retournant derrière les barrières. Tsuchida n'avait jamais fait ça de sa vie, et elle estime rapidement s'en être bien tirée : il s'élance, tire, et le panier rentre sans même qu'il le regarde. Et elle avait raison : le numéro sept le suit de près, et parvient à lui faire des passes moins hasardeuses que les autres.


De fait, quand Obata attrape la balle, il cherche tout de suite à l'envoyer à Aomine. La fille qui a fait irruption dans le court moment de pause qu'ils ont eu l'a réveillé. Il a presque l'impression de ne pas le reconnaitre.

Au dernier moment, pourtant, cette fois, il fait la passe à un autre joueur, pour brouiller un peu les pistes, et le jeu fluide rattrape les points perdus. Au cours du quart temps suivant, le numéro onze de l'équipe adverse doit demander un remplacement, et Obata le regarde se faire masser le genou du coin de l'œil.

Dans les gradins, la fille qu'il a identifié comme Tsuchida, la petite copine de son camarade, suit le match avec attention, appuyée contre la rambarde en bois. Ils sont à égalité quand la mi-temps est sifflée. Quinze minutes avant la reprise, les joueurs entrent en fil indienne dans les vestiaires. Certains se rhabillent un peu pour ne pas attraper froid, d'autre vont se passer la tête sous l'eau, justement, ou que d'autres ne font que s'éponger en vidant leur gourde.

- Aomine.

- Oui, coach, dit-il en se rapprochant de lui.

L'homme le regarde fixement, les mains sur les hanches.

- Je peux savoir ce que tu fous là ?

L'étudiant le fixe sans comprendre, les bras ballants.

- Pourquoi tu viens dans cette école, reprend l'homme en croisant les bras.

- Pour faire du basket.

- Et comment t'as fait pour y entrer ?

- Je... suis bon au basket ?

- Alors si t'es bon au basket, c'est la dernière fois que ta nana doit te remettre les pendules à l'heure sur mon parquet, compris ?

- Oui, m'sieur.

- J'ai pas entendu, grogne-t-il.

- Oui, c'est la dernière fois, dit-il un peu plus fort.

Le coach se détourne légèrement de lui pour demander au sept :

- T'arrives vraiment à suivre ?

- Oui. Je m'en sors.

- Tu pense pouvoir courir plus vite ?

Obata tourne la tête vers Aomine.

- Je devrais.

- Alors vous accélérez, tous les deux. Le temps de rattraper le score, vous courrez plus vite, et vous m'enchainez les paniers, c'est clair ?

- Oui, répond Aomine en hochant la tête.

Il avait osé éviter le regard de Satsuki lorsqu'elle était entrée. Mais il ne s'attendait pas, quand il l'a entendue claquer la porte, à ce qu'elle envoie Tsuchida à sa place. Il ne savait même pas qu'elles venaient ensemble. Ou que Tsuchida venait tout court.

Il se fige une seconde, en se disant qu'à la fin du match, ses oreilles allaient siffler, et que le coach n'était pas celui qui en serait la cause. Il ne lui avait pas parlé du match... pour un résultat pareil, la gueulante était à venir !

Il remet sa serviette dans son casier, et tourne en rond un moment.

- Alors... comment Aburaya. C'est vraiment elle, ta copine ?

- Ouais.

- Elle a pas l'air commode.

Aomine ricane, et ses coéquipiers l'observent surpris. En parler avec les gars de temps en temps ne veut pas dire que toute sa classe est au courant, et le coach qui masse les articulations trainantes écoute d'une oreille.

- Elle gère, c'est tout. Elle est douée pour gérer le stress.

L'un d'eux lui fait un clin d'œil :

- Douée comment ?

- Comme un morceau classique parfaitement maitrisé, répond-il railleur.

- C'est vrai qu'elle fait de la musique, répond Obata en passant une bombe désodorisante dans ses baskets.

- Elle ne « fait pas » de la musique, elle la fabrique.

- Et tu ne vas pas la voir ? poursuit le sept en vérifiant l'efficacité de ladite bombe.

Le coach s'apprête à répliquer sur un ton solennel « Pas de distractions pendant le match. », mais Aomine secoue la tête avant.

- Je peux attendre un peu. Elle va pas s'envoler.

Un dernier coup d'œil au chrono leur indique que ça va être l'heure et dans un fracas à devenir sourd, les joueurs font racler les bancs en se levant, dans leurs maillots noirs et blancs. Les lacets sont refaits à la va-vite, et le cortège sort, remonté à bloc.

- « Ecrase-les ». Avec plaisir !

Les larmes en gouttes de pluieDes histoires addictives. Découvrez maintenant