- Tu ne rentre pas chez toi pour les fêtes ? demande Iwabuchi avec un sourire forcé.
La musicienne se tourne vers elle, tentant une approche diplomatique :
- Si, mais j'ai beaucoup de choses à faire avant. Et ça passe par aller chez les Aomine avant d'arriver chez mon père. Ça ne se fait pas, de partir sans leur dire aurevoir.
- Tu veux dire, après avoir mis un râteau magistral à leur fils ?
La danseuse revient sur ses mots tout de suite :
- Je suis désolée, je ne voulais pas...
- Tu connais cette phrase clichée qui dit qu'on ne devrait pas compromettre son avenir pour une fille ? Ben c'est ce que je fais, ajoute-t-elle sans transition.
Son amie la regarde, un peu déboussolée, un pull de Tsuchida dans les mains. Quand elle avait proposé de l'aider à faire ses bagages en riant un mois plus tôt, elle ne pensait pas du tout à ça.
- Enfin, pas dans ces conditions là... songe-t-elle en pliant le pull en quatre.
Elle soupire :
- Est-ce-que ça va aller, toute seule là-bas, au moins ?
- Je ne parle pas très bien Italien, je te l'accorde, tout ce que je sais, je l'ai appris en écoutant des opéras.
- Parce que tu comprends ce qu'ils disent, toi, dans les paroles d'opéra ? pouffe la danseuse en s'attaquant au gilet suivant.
Tsuchida hausse les épaules.
- Je suis bonne pour comprendre le charabia.
Iwabuchi se laisse tomber sur le lit, en secouant la tête.
- Tu te rends compte à quel point tu as changé ? Quand je t'ai rencontrée, tu faisais des blagues qui ne faisaient rire personne, et maintenant, même moi, je les trouve drôles.
- Ce n'est pas plutôt que tu t'es habituée à moi ? réplique-t-elle en vérifiant que le premier tiroir de sa commode est bien vide.
Son amie hausse les épaules.
- Je ne sais pas. Tu ne reviens pas ici, avant de partir ? Je croyais que tu restais jusqu'au bout des cours ?
- Oui, c'est ce que je vais faire. Sauf que je ne repasse pas par chez moi pour prendre l'avion. Je pars d'ici. Et je rends l'appartement dans la foulée. Je préfère savoir mes vêtements chez mon père pour une partie, et... pour le reste, il faudra peut-être me l'envoyer, ou je rachèterais ce qu'il faut.
D'un coup d'œil par la porte de la chambre ouverte, l'étudiante demande :
- Pour le piano aussi ? Je croyais qu'il était à toi.
Tsuchida se tourne vers l'instrument avec un soupir, et referme la porte.
- Lui... c'est différent.
- Tu l'emmène ?!
- Non, répond-elle tout de suite. Je vais voir comment je vais faire. Franchement, ça n'a rien à voir avec deux valises d'affaires et une de bazar. Et je ne vais pas encombrer mon père avec.
La carte de visite dans sa poche est la seule solution qu'elle a trouvé, qui lui permettrait de partir l'esprit tranquille, même si ça lui brise le cœur de partir sans.
- Ne sois pas aussi sentimentale, ça te perdra, se dit-elle en secouant la tête.
Il y a des choses plus importantes pour elle pour le moment que de se préoccuper de l'avenir de l'instrument. Reste à savoir si elle a le temps de faire tout ce qu'elle a à préparer.
- Awa, tu as tout ? demande Obata dans la cage d'escaliers.
Elle répond tout aussi fort, sans soucis aucun de ses voisins :
- Oui ! Va dans la voiture, j'arrive !
Il descend la dernière floppée de marches, aussi excité qu'anxieux, et elle le rejoint rapidement, sautillant étape par étape.
- Je suis vraiment contente d'aller chez toi, dit-elle en lui embrassant la joue. Je ne m'attendais pas à ce que tu proposes aussi vite !
Il détourne les yeux en ouvrant la porte de l'immeuble.
- On se connait depuis un moment, maintenant... même si...
Il ne termine pas sa phrase et elle se retourne pour le regarder, son manteau fermé jusqu'au bout de son nez qui commence à rougir de froid.
- Oui... c'est vrai. Et euh... tu présentes toujours tes copines, à tes parents ?
- Quoi ? Non ! Jamais, tu es la première. D'un autre côté, je n'en n'ai pas eu beaucoup des sérieuses, et tu... tu dois être la première. Mais ne te mets pas la pression, hein, ajoute-t-il en s'approchant pour la serrer contre lui, ses mains autour de sa taille.
Cet ensemble de petits gestes qu'ils ont envie de faire depuis un moment, mais qu'ils ne s'autorisent que maintenant parce qu'ils avaient peur de gêner l'autre... ils se les partagent à chaque occasion, à présent.
- On peut partir ? demande-t-elle en frottant le bout de son nez contre le sien.
Il lui embrasse avant de sourire :
- Je te suis.
Elle monte côté conducteur, et il s'installe de l'autre côté, ouvrant sa veste, pour la retirer. Il met un moment à s'en défaire, mais une fois que c'est fait, ils sont prêts à partir.
- On va avoir trois heures de route, alors sache que ma conduite n'est pas dangereuse, tant qu'on ne me met pas en colère, prévient-elle en démarrant.
Il s'installe dans le fond de son siège, prêt à ne pas ouvrir la bouche du trajet. Il se détend en l'entendant rire :
- Ne t'inquiète pas. La route va passer vite, tu verras.
Elle sort de sa place, et il la regarde faire, conscient que le sens de ce qu'elle a dit l'a touché d'une autre façon.
- Oui, la route n'est pas si longue que ça, finalement. Enfin... je crois.
VOUS LISEZ
Les larmes en gouttes de pluie
FanfictionTome 2 Avançant sur le chemin qu'ils se sont obstinément tracé, une seule question se pose à eux : quelle est la limite d'un génie ? Si Aomine et Tsuchida se dirigent vers l'école de leurs rêves, ils ne doivent pas oublier qu'ils ne sont pas leur pa...
