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Chapitre 74

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Les joues fardées de fond de teint, Tsuchida laisse les deux autres étudiantes se battre sur ce qu'elle va mettre ou pas pour leur soirée improvisée, sans que l'intéressée ne se donne envie de participer à la bataille. Sous la lumière des lampes au soir, on ne verra sans doute pas les ombres verdâtres qui lui marquent le visage. L'idée de lever les bras pour se fondre dans une robe de soirée empruntée lui plait en revanche tout de suite moins.

- Je vais juste mettre une chemise et une jupe, dit-elle avec un début de fatigue grandissant.

Bulle secoue la tête, et Momoï la regarde sans un mot, gênée. Si Awa sait garder une forme de composition faciale, l'apprentie journaliste ne parvient pas à masquer son inquiétude.

- Tu ne te sens pas bien ?

La musicienne retient un bâillement.

- Je veux juste partir rapidement. Et je ne peux pas enfiler quoi que ce soit par les hanches ou la tête, alors...

La troisième étudiante frappe des mains :

- Oh, je sais ce que je vais te passer !

Tsuchida lui laisse le bénéfice du doute, parce qu'elle les a fait venir toutes les trois ici, dans son appartement à elle, précisant que l'ascenseur avait été réparé comme premier argument. Les basketteurs sont encore chez Aomine, et Awa les soupçonne d'avoir besoin de ce moment, autant que leur blessée, pour être un peu tranquilles.

Alors quand elle revient avec un haut s'enfilant comme un gilet, et à manches bouffantes, facile à mettre, elle se satisfait secrètement de son choix. Cette fille lui semble être définitivement quelqu'un de bien. Momoï siffle d'admiration :

- Il est superbe ! Et il est vraiment délicat, il n'est pas compliqué à laver ?

Bulle rit :

- Pas du tout ! C'est du coton, tu le jette dans la machine avec le reste, et tu n'as pas à craindre qu'il rétrécisse au lavage. Facile à enfiler, et en plus, il va vraiment bien avec cette jupe, dit-elle en levant une jupe longue noire.

Tsuchida acquiesce.

- Si c'est bon pour toi, je veux bien essayer.

Les garçons les appellent une vingtaine de minutes plus tard, et elles sont déjà dans le couloir, en train d'attendre l'ascenseur. La petite rose râle au téléphone, et elles montent dans la cage de métal. Bien qu'elle soit largement plus grande que Momoï, et à peine plus petite que Tsuchida, les vêtements qu'elle leur a prêtés leur vont parfaitement, et elles sortent avec confiance, amusées par la dernière remarque de la musicienne.

- Alors, les filles, c'est bon ? demande Obata en se tournant vers elles.

Les hochent la tête, et si Tsuchida ne se gêne pas pour s'accrocher à Aomine pour marcher, lui passe sans problèmes sa main sur la sienne, qu'elle a agrippé à son coude, pour lui dire à mi-voix :

- Tu devrais peut-être aller faire les boutiques avec elle, ça te va super bien.

Elle ricane.

- On n'a pas les mêmes compétences stylistiques, on va dire.

Il hausse les sourcils :

- Ah oui ?

- C'est parce que je n'ai pas eu l'occasion de te montrer ce que je me suis trouvé l'autre jour... mais en ce moment, l'occasion ne s'y prête pas.

Il esquisse un sourire en coin.

- Oh, comme ce que tu avais trouvé la dernière fois ?

Il se visualise sans peine l'ensemble qu'elle avait porté ce jour-là, en se gardant de trop s'y attarder, attendant toujours une réponse. Elle regarde devant elle, et il se souvient que ses cervicales ne lui permettent pas encore tout à fait de tourner la tête vers le haut. Il se penche pour lui répéter, des fois qu'elle ne l'ai pas entendu, mais elle en profite pour lui répondre, à porté d'oreilles :

- Oui, c'est ça. Mais je ne te donne pas d'indices, cette fois, tu verras bien.

Il ricane, et dit soudain :

- Ah, ferme les yeux !

Ce n'est pas parce que l'occasion d'y aller n'est pas celle qu'il avait en tête en cherchant l'endroit sur internet, qu'il va gâcher l'opportunité de lui en faire la surprise. Les autres membres du groupe les regardent en riant doucement. Les garçons lui avaient dit que c'était un peu étrange, comme endroit, pour emmener sa copine à dîner, et que ça n'aurait peut-être pas plu.

Cependant, Obata comprend ce qu'Aomine lui avait dit lorsque le visage aveugle de Tsuchida s'illumine : la musique est la musique.

- Un cabaret, sourit-elle.

Ils se sont arrêtés devant la porte, et la musique qui leur parvient de l'intérieur la fait rêver jusque dans la rue. Sa tenue lui avait semblé un peu fade, bien que très bonne pour une sortie. Tsuchida comprend lorsqu'ils sont reçus à l'intérieur, qu'Awa avait essayé de lui faire mettre un ensemble sophistiqué, et ça lui plait.

Par rapport à ce que son compagnon lui avait dit sur elle, la musicienne s'attendait à tomber sur une personne sympathique, mais pas aussi amicale.

Ils ont réservé une table avant de rentrer après les cours, et le serveur en costume noir et blanc les emmène près d'un balcon en hauteur, sans pour autant leur faire passer par des escaliers, puisque la salle est en contrebas. Le groupe la fait asseoir au plus proche de la barrière, côté orchestre, et elle peut profiter pleinement du spectacle et de la musique, sans entendre les bruits de la salle.

- Est-ce-que ça te plait ? lui chuchote Aomine.

Elle se tourne vers lui en entier pour l'embrasser, lui soufflant un « oui » discret, pour regarder à nouveau la scène.

Après des semaines de solitude musicale, elle s'attendait à devoir se rendre à son école, dans une des salles de répétitions, juste pour entendre une mélodie, en dehors d'un haut parleur de téléphone, ou d'un écouteur.

On vient chercher leur commande, et une pause est faite dans le spectacle.

- On a pris un créneau assez tôt, mais du coup, on vient de voir la fin du spectacle, et le suivant va commencer dans une dizaine de minutes, explique Aburaya.

Elle acquiesce :

- C'est pas grave.

Et elle ajoute, joyeuse :

- J'ai hâte de voir les costumes !

Obata et Bulle éclatent de rire, accompagnant Aomine, tandis que le dernier se contente de sourire, et que Momoï demande, perdue :

- Qu'est ce qu'ils ont de particulier, les costumes de cabaret ?


Les larmes en gouttes de pluieDes histoires addictives. Découvrez maintenant