Les fêtes de fin d'année ont été d'une longueur que quatre jours ne devraient pas permettre habituellement. Et maintenant qu'il a repris les cours, ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne commence à se faire à cette nouvelle sensation.
Tsuchida est passée chez lui avant qu'il n'arrive, et c'était la catastrophe à la maison. Sa mère lui demandait comment il allait à la moindre occasion, tandis que son père semblait tout aussi confus que lui. Quant à Momoï... les quelques jours ont été longs. Et pourtant, il ne se réveille plus la nuit, en cherchant la présence de la musicienne dans son lit. Il est conscient qu'elle n'y viendra plus.
Et maintenant, réveillé en vrac par le son insistant de son téléphone portable, Aomine ne se décide à décrocher que lorsque ses yeux parviennent à lire les kanjis du nom de l'appelant. Il grogne, la gorge encore enrouée, et un flot d'informations lui répond :
- Elle prendra le vol 8726, pour Milan à seize heures. Si je ne me trompe pas, tu as le temps d'y aller. Non ?
Aomine soupire, et sort de son lit péniblement.
- Ecoute, Akashi, c'est sympa, mais je n'arriverais pas à la retenir. C'est trop tard.
Le rire qui retentit de l'autre côté du fil, animé par le son des voitures qui s'arrêtent à un feu passé au rouge trop vite, le fait frissonner. De là où il est, il peut clairement sentir le froid extérieur. Ou peut-être, le froid de son interlocuteur.
- Tu sais ce que c'est, ton problème, Aomine ? Tu ne t'es jamais battu pour elle. Elle t'est tombée dans les bras, plutôt facilement, et tu t'es dit qu'elle serait dans ta vie pour toujours. Mais c'est pas Tsuchida, ça. C'est l'idée que tu te fais d'elle. La fille qui t'a tenu la main tout ce temps n'est pas le genre à le faire sans raisons. Elle ne va pas rester plantée là à t'attendre. Elle te les a donné, il y a un moment, j'en suis sûr, soupire Akashi. Mais maintenant, c'est à toi de le faire. Je t'ai aidé comme je le pouvais. A toi de jouer.
Il raccroche avant que son ancien partenaire n'ai le temps de rouvrir la bouche, les yeux fixés sur son réveil. Il n'est pas encore sept heures du matin. Ce n'est pas grand-chose, si on part du principe que l'ancien capitaine a toujours été matinal. Mais tout de même.
- Il le savait depuis longtemps. Pour l'avion. Il le savait.
Il ravale son amertume, et pince les lèvres.
- Il faut que je tente, une dernière fois.
Enfiler ses vêtements n'est qu'une formalité qu'il expédie aussi sec. Ce qui lui prend le plus de temps, c'est de chercher un train pour aller chez elle, et ensuite, d'attendre que ce train entre en gare. Une fois dedans, c'est l'attente, pour arriver, et quand il est sur le pas de la porte, c'est qu'elle réponde à la sonnette.
- Elle est quand même pas déjà partie ? grogne-t-il en sonnant encore une fois.
Il fixe son téléphone, et tente de l'appeler.
- Tu cherches Tsu-chan ? demande une voix derrière lui.
Il se retourne, perplexe, le téléphone collé assez à l'oreille pour entendre le répondeur.
- Satsuki ?
- Elle est partie il y a cinq minutes. Elle a pris un taxi. L'aéroport est en dehors de la ville, tu devrais y être en vingt minutes.
Il raccroche, les sourcils froncés.
- Vous vous êtes passé le mot, ou quoi ? grommelle-t-il en descendant du perron.
Elle hausse les épaules, l'air triste :
- Vous avez peut-être encore des choses à vous dire, Daiki. On fait juste en sorte que vous ne regrettiez pas une occasion manquée.
Il lui répond quelque chose qu'elle n'entend pas, et se remet à courir vers la gare. Il y a une ligne rapide pour aller jusqu'à l'aéroport, et c'est tout ce qui pourrait le sauver, parce qu'attendre un taxi serait trop long.
Il s'approche du comptoir, et patiente le temps qu'il faut, trépignant sur place en silence. Lorsque c'est à lui, il apprend avec soulagement que le prochain passera dans quelques minutes, et la gare étant petite, il n'a aucune chance de se perdre en cours de route.
Le train est annoncé, arrive en gare, et il monte. Les portes se referment, et il soupire en le regardant démarrer. D'ici un quart d'heure, il sera arrivé. A partir de là, il n'aura plus qu'à la retrouver.
- Mes raisons... j'en ai pas, relève-t-il nerveusement. J'ai pas de raisons. Je n'en veux pas. Les raisons, c'est comme des excuses. Je ne veux pas que tu partes. Je t'en prie.
Le train ralentit, et il se redresse de la barre contre laquelle il s'est appuyé, trop angoissé pour s'asseoir. Il peste contre lui-même, et s'en agace. Parce que ce matin tout allait bien, et il dormait. Maintenant, il est stressé pour une chose contre laquelle il avait pourtant renoncé à se battre.
Et soudain, il réalise ce qu'il est en train de faire. La raison qui l'a poussé en dehors de son lit, séchant les cours du matin, et risquant son voyage pour la voir elle.
- Je voulais juste lui dire au revoir. Et en même temps je ne veux pas. J'en ai besoin, mais je ne sais pas si je serais capable de lui dire correctement.
Les stations passent les unes après les autres. Et sa jambe bat la mesure d'un morceau chaotique que son rythme cardiaque lui dicte.
- Merde. Je suis presque arrivé, et je sais pas quoi faire !
Le train s'arrête encore, et il met un temps à réaliser que cet arrêt est le sien. Il bondit de son siège pour sortir du tube, au moment où le signal sonore ne prévienne de la fermeture imminente des portes.
Une fois sur le quai, c'est plus facile que prévu, l'escalier pour l'aéroport est éclairé en bleu, juste en face de lui. Il prend les marches mobiles, pour en enjamber plusieurs tandis qu'elles avancent vers le hall supérieur.
Les immenses panneaux mouvants apparaissent dans son champs de vision, et il souffle longuement pour se calmer. Si elle ne s'est pas encore enregistrée, Tsuchida ne doit pas être loin.
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Les larmes en gouttes de pluie
FanfictionTome 2 Avançant sur le chemin qu'ils se sont obstinément tracé, une seule question se pose à eux : quelle est la limite d'un génie ? Si Aomine et Tsuchida se dirigent vers l'école de leurs rêves, ils ne doivent pas oublier qu'ils ne sont pas leur pa...
