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Chapitre 73

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Aomine tourne ne rond dans le salon depuis une demi-heure, replaçant sans cesse les objets que Tsuchida ne pourra pas attraper en son absence. Si bien que si tout ne se retrouve pas par terre parce qu'elle ne pourra pas se baisser, ils n'en sont pas loin.

- Tu vas être en retard, lui dit-elle une dernière fois. Vas-y.

Il jette un œil à sa mine déplorable, et aux cheveux qu'elle ne pourra pas démêler sans son aide.

- Je suis désolé que tu aies aussi mal dormi, lui dit-il en fronçant les sourcils.

Elle secoue la tête, et croise les bras.

- J'ai toute la journée pour dormir. Ne t'inquiète pas. Vas en cours. Je t'appelle si j'ai un problème. Je te le promets.

Il acquiesce lentement, et finit par sortir, une fois qu'il l'a embrassée sur le front. La fermeture de la porte fait trembler légèrement le mur, et elle soupire en tirant une chaise, qu'elle dirige vers le piano. Elle s'y assoit pour le regarder longuement, sans bruit. Tsuchida attend patiemment que le temps passe, profitant visuellement de chaque détail de l'instrument. Au bout d'une demi-heure, elle sait où retrouver chaque marque du temps et de l'usure sur le bois, pour en faire une liste mentale. Une heure plus tard encore, elle sait de quel matériel elle aura besoin pour réparer l'ensemble. Et finalement, elle a estimé le temps qu'il lui faudrait pour réparer tous les problèmes visibles.

Avec un peu de courage, elle se lève, va chercher son téléphone dans la chambre, et commence à regarder sur l'écran s'il y a le matériel qu'il lui faut sur le site internet qu'elle a l'habitude de lorgner. S'il est possible de lorgner sur du mastic ou pâte à bois. Entre autre.

Elle sort aussi de quoi écrire, et commence à chiffrer sa petite entreprise.

Quand Aomine revient pour le déjeuner, Tsuchida termine à peine son examen de l'intérieur de l'instrument. Pour bien faire, il faudrait aussi remplacer toutes les cordes, mais c'est une dépense dont elle peut se passer pour le moment. Alors elle ne les prendra pas. Elle a beau avoir de l'argent, elle estime devoir en garder une bonne partie. Elle n'a pas de quoi payer son année prochaine, si on avait l'idée de faire sauter sa bourse.

- Salut, championne.

Elle sourit vaguement, en relevant la tête de son petit bazar de notes.

- Dai.

Il vient l'embrasser sur le front, un sac plastique de nourriture dans les mains, et débarrasse un pan de la table, en posant le fameux barda sur le piano. Il craint une seconde qu'elle ne s'en offusque, crainte rapidement effacée, lorsqu'elle traine sa chaise avec elle pour s'installer au déjeuner.

- Je rangerais un peu après, dit-elle en s'excusant.

- Nan, dit-il en déballant les boites alimentaires. Tu ne t'occupe de rien. Tu bricoles, et tu te repose, et seulement si tu te sens de le faire, tu travailles, mais tu me laisse gérer l'appart', okay ?

Il s'assoit en face d'elle, tout en retirant sa veste qu'il place sur le dossier.

La musicienne hoche la tête.

- D'accord. Comment s'est passée ta matinée ?

Aomine sourit vaguement. C'est de cette manière qu'ils vont passer la semaine, attendant les colis que Tsuchida a commandé pour le piano, et lui, la lettre de ses sélections. Aburaya attendra son rendez-vous chez ce spécialiste, qui pourra lui dire si sa maladie lui fera arrêter le basket, Awa son premier partiel important de l'année. Obata attendra devant chez elle, et Momoï que son amie lui donne de ses nouvelles.

Et une semaine plus tard, alors que les bleus de la musicienne ont commencé à franchement virer au vert, et qu'elle a pris l'habitude de passer des journées entières toute seule, l'arrivée de tout ce monde dans l'appartement d'un seul coup à dix-huit heures la surprend vraiment. Elle voit le groupe passer la porte, animés de bonne humeur, et sourit à son tour doucement.

- Si j'avais su, j'aurais mis un peu de fond de teint, se dit-elle.

Et puis finalement, la petite étudiante aux cheveux roses sort du lot pour s'approcher d'elle, larmoyante.

- Tsu-chan !

Tsuchida lui fait un grand sourire, et tend le bras vers elle, les mains rougies par le ponçage qu'elle a amorcé en début d'après-midi. Son amie vient vers elle pour enrouler ses bras autour de son cou, restant à une distance raisonnable du reste de son corps, penchée en avant.

- Pourquoi tu ne m'as pas appelée ?

- Parce que je n'en n'avais pas besoin ? répond-elle. Et puis, tu n'avais pas besoin de stress supplémentaire, toi non-plus. Alors dis-moi ! reprend-elle plus enjouée. Ce dossier, ça donne quoi ?

Rassurée par son sourire, l'apprentie journaliste répond, se détachant d'elle :

- J'ai eu une excellente note. Mon professeur était tout surpris, en me le rendant. Il a dit qu'il ne s'attendait pas à ce que je fasse de tels miracles.

L'expression de Tsuchida s'éclaire :

- Génial ! Et toi, Awa ? Ton examen ?

C'est Obata qui répond, avec, elle le remarque, une expression qu'il semble forcer lorsqu'il la regarde :

- Eh bien justement ! Non seulement ça s'est bien passé pour elle, mais Aburaya a une super nouvelle aussi !

La musicienne rit de ce rire qu'elle a appris au cours des jours et qui ne la secoue pas, prête à entendre les bonnes nouvelles qu'on s'apprête à lui apprendre.

- Je vais pouvoir continuer le basket, lui dit le plus petit des basketteurs. Avec un examen minutieux, et tout. Je ne pourrais peut-être pas être pro longtemps, ou tout court, mais je vais pouvoir continuer à jouer, au pire dans un club amateur après. Alors...

Elle acquiesce lentement, avec un sourire léger :

- C'est une très bonne nouvelle, en effet.

Une seconde perturbé par la façon dont elle l'a dit, il doit renifler bruyamment et se retourner pour sécher le coin de ses yeux, pendant que ses deux amis l'embêtent :

- Bah alors ? Tu relâches la pression ?

Tsuchida se lève en s'appuyant sur le piano, et se frotte les mains sur son pantalon. Des traces crème de ses doigts y restent, et elle se rapproche d'Aomine pour quémander un câlin, et un baiser. Il l'attrape volontiers à la taille, rodé à l'exercice de faire attention à l'endroit où il peut saisir son corps, et lui embrasse la tempe.

- Comme on est tous là, et qu'on a des petites choses à fêter, on pensait peut-être sortir au restaurent. Ça te tente ?

- Si tu ne te sens pas, on peut juste aller manger chez moi, intervient Awa, toute habillée en Bulle bleue.

Appréciant l'attention, Tsuchida demande néanmoins :

- Et sinon, ce serait pour aller où ?


Les larmes en gouttes de pluieDes histoires addictives. Découvrez maintenant