Nous avons mis à jour nos Directives de Contenu.
Consultez les dernières directives pour continuer à partager des histoires en toute sécurité.

Chapitre 55

97 8 0
                                        

Lorsque la musique prend place dans l'espace, Aomine peut voir toute l'attention de sa partenaire, bien qu'elle se concentre pour ne pas en avoir l'air. Ce n'est pas grand-chose, mais elle se donne du mal, et il essaie de donner au change. Même si elle tourne le dos à la scène, elle écoute les trois premiers groupes d'intervenants, et soupire à la courte pause avant le prochain.

- Est-ce-que ça va ? demande-t-il en lui attrapant doucement la nuque.

Il la frotte du pouce en se penchant vers elle et elle acquiesce.

- Je suis complètement claquée, mais j'imagine que ça peut aller.

- Tu dors mal ?

- Peu, répond-elle avant de se taire : le prochain groupe se lance.

Le chanteur ouvre la bouche et elle se retourne vivement, reconnaissant le timbre particulier du musicien qu'elle a croisé plusieurs minutes plus tôt. En chemise, il tient le micro d'une main, la guitare en bandoulière, manche dans l'autre. Aucun membre n'a sa veste, et elle trouve que les regarder jouer comme ça leur donne un air de mauvais garçons. Ce n'est pas ce qui l'intrigue, en fait. C'est d'avoir reconnu sa voix, sans jamais l'avoir entendu chanter.

- On a un gagnant ? demande Aomine en se penchant par-dessus son épaule en souriant.

Elle acquiesce. Oui, elle veut travailler avec eux. Et leur style n'y est pour rien. C'est de la pure curiosité. Elle n'a jamais rien fait d'autre que travailler sur les compositions musicales, elle n'a pas jamais écrit de paroles qui aient été chantées, ni travaillé sur le chant en lui-même. Et c'est quelque chose qui l'intrigue, maintenant.

Ils finissent, saluent au micro, et elle se rend même compte que celui qui a chanté, n'est pas le chanteur principal. Elle avouera volontiers qu'elle n'a pas réellement écouté le morceau en lui-même, elle était plutôt occupée par ses pensées, tout en ayant presque ce besoin de travailler avec eux.

- Une impression... je travaille sur des impressions. Ça devient vraiment n'importe quoi.

Elle s'approche, pourtant. Et celui qui a discuté avec elle lui sert un sourire ravi.

- Alors ? demande-t-il.

Si ça avait exceptionnel, elle n'aurait pas pu s'enfoncer dans ses pensées. Et s'il avait été excellent, elle en aurait eu des frissons.

- C'était pas mal, répond-elle en croisant les bras. Mais lequel d'entre vous est réellement le chanteur ? Vous ? demande-t-elle en pointant le plus en retrait.

Celui-ci sort la tête de ses épaules.

- Oui ?

C'est un groupe de quatre, un batteur, deux guitaristes, et un pianiste sur synthétiseur. Ils sont plusieurs à chanter. Elle n'a pas d'autre détail à noter, elle ne les a que très observés, finalement.

- Oui, c'est moi, répond-il avec un peu plus d'aplomb.

Il a la voix cassé. Ceci explique cela.

- Est-ce-que ça vous tente de parler au calme ? demande-t-elle quand la musique reprend.

Elle n'a plus aucun autre intérêt pour cette soirée. Et s'ils n'accrochent pas... eh bien, elle leur montrera ce qu'elle sait faire, ça devrait les aider.

Ils se concertent rapidement avant d'hocher la tête, et les six invités se déplacent vers l'une des salles mises à disposition. Un écriteau devant les portes leur indique qu'elles sont presque toutes vides, et ce n'est que lorsque la porte est refermée qu'elle soupire, et qu'ils la regardent, effarés, retirer de la gomme malléable de ses oreilles.

- C'est insonorisé, quel soulagement.

Elle supporte de moins en moins le brouhaha. Au-delà d'un certain niveau sonore. Ses boules quies ont limité l'agression des bavardages par-dessus la musique amplifiée par les enceintes placées dans la pièce. Elle les roule dans sa paume avant de les ranger dans une boite en métal gardée dans son petit sac à main.

- Je m'appelle Koike Tsuchida, enchantée, dit-elle en s'inclinant sans relever la tête.

Quand elle les fixe enfin, Aomine frissonne. Elle n'a pas beaucoup changé par rapport au lycée, dans son rapport aux musiciens. C'est franchement réconfortant pour lui. Il attrape un des blocs notes mis en libre service et un crayon, pour les poser l'un sur l'autre, sur la table. Elle prend place en les encourageant à faire pareil, et le basketteur s'assoit à côté d'elle en les faisant glisser vers elle.

- Et vous ? demande le batteur à Aomine. Vous êtes musicien aussi ?

Il secoue la tête.

- Basketteur.

- Oh, alors vous êtes juste son cavalier ?

- Oui.

- Dans ce cas, est-ce-que vous pourriez nous laisser, s'il-vous-plaît ?

Tsuchida se redresse un peu et passe son pied près du sien. Elle ne lui demande pas de s'en aller, elle le retient en le passant derrière le sien, le rapprochant d'elle.

- Je vais rester, répond-il avec un sourire.

Il passe sa main autour de sa hanche et se rapproche d'elle sur la banquette. L'assurance qu'elle affiche n'a pas encore de bases solides, et si elle ne veut pas le montrer, mais qu'elle a encore besoin de lui, il ne va pas se priver de sa compagnie.

Avec un soupir résigné, le musicien s'assoit.

- Je dois vous prévenir que votre cavalière a signé un contrat en arrivant stipulant qu'elle gardera secret le contenu de ses conversations avec les intervenants. Je vous demanderais donc de respecter cette clause de confidentialité aussi.

- Il l'a signée également, répond-elle. Et ce n'était pas en arrivant, c'était à rendre il y a plusieurs jours. Il m'a semblé important, dans la mesure où il allait rester avec moi, qu'il la signe aussi.

- Le papier de trois pages qu'on a été photocopier, se souvient-il. Je m'appelle Daiki Aomine. Je n'ai pas prévu d'intervenir dans cette rencontre sauf si c'est nécessaire.

Un autre des musiciens rit doucement :

- Vous êtes musicienne dans l'une des plus grandes écoles de musique, et vous sortez avec un basketteur ? C'est assez incroyable.

- Il est lui aussi dans l'une des meilleures écoles de basket du Japon, alors je n'ai pas de soucis avec ça, réplique-t-elle un peu moins tendue.

Celui qu'elle avait rencontré au buffet met les mains à plat sur la table :

- Bon, eh bien, on peut commencer, alors ?

Elle commence à prendre des notes, mais elle les délaisse rapidement, et c'est Aomine qui prend le rôle de sténographe, sans la lâcher, caressant doucement ses côtes quand elle se raidit, et la laissant faire quand elle s'enflamme.

La rencontre est un franc succès, elle a rendez-vous moins d'une semaine plus tard avec eux pour signer un contrat pour une chanson.

Ils sortent de là à minuit passées, et le bloc serré dans ses bras, elle se retourne pour lui dire avec un immense sourire :

- Merci pour tout ce que tu as fait pour moi jusqu'à maintenant.

Il lui rend son sourire en la prenant dans ses bras pour l'embrasser.

- Moi ?Mais je n'ai rien fait.

Les larmes en gouttes de pluieDes histoires addictives. Découvrez maintenant