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Chapitre 47

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Aomine lace ses chaussures avec un reniflement. Il n'a pas dit à Tsuchida pour le match du jour. Et finalement, il en bave tellement pour faire des passes propres qu'il vaut peut-être mieux qu'elle ne voit pas ça. Lui qui pensait s'être amélioré dans le domaine se rend compte que non-seulement c'est pas vraiment ça, mais qu'en plus, certains joueurs parviennent à faire des passes assez fluides pour donner l'impression lors des rebonds que la balle ne ralentit pas : elles passent de main en main sans quitter le parquet.

Il se redresse, enfile le t-shirt de son uniforme de classe, dont les couleurs ont été décidées à la rentrée.

Aburaya lui donne une grande tape dans le dos :

- Allez champion ! On va tout déchirer ! Tout le monde sait que tu es celui qui a fait le plus d'efforts depuis deux semaines.

Il ricanerait presque. Ce n'est pas ce qui l'a empêché d'avoir sa place dans le majeur à la dernière minute : ils ne le savent que depuis la veille, preuve que le coach a longuement hésité. Et même si le monde ne tourne pas autour de lui, il sait qu'il est celui sur lequel ça s'est le plus joué à rien.

- Ta copine te dirait quoi, si elle était là ? demande-t-il avec l'espoir de lui remonter le moral.

Aomine fronce le nez en se relevant.

- J'en sais rien. Je ne suis même pas sûr qu'elle m'ait déjà encouragé en mots.

- Ah...

C'est vrai que la jeune fille n'a jamais fait un truc pareil. Elle l'aurait embrassé, salué de loin, ou enlacé à la fin, mais il ne l'a jamais entendue l'encourager. D'ailleurs, ça lui met un coup au moral, parce qu'il l'a déjà entendue encourager ses équipes, mais pas lui.

Aburaya s'approche du coach en personne pour s'excuser d'avoir secoué l'un de ses joueurs dès qu'ils sortent, et alors que les proches, seuls personnes habilitées à venir et sur invitation, avec les autres étudiants de l'école, sont encore en train de rentrer, il commence à s'échauffer, sans regarder l'assistance.

Momoï a dit qu'elle viendrait peut-être, mais elle n'avait pas l'air sûr. Le match se passe presque en même temps que l'un de ses examens, il n'a pas du tout insisté, il n'a fait que lui donner l'invitation au cas où qu'elle ait le temps de passer après son examen... et une heure et demie de train.

Il enchaine les paniers avec mécanisme.

Obata s'approche de lui à grandes enjambées, et pose une main sur son épaule.

- Je te couvre, mais fais attention au faux-blond, là-bas. Il m'intrigue.

Il lui désigne d'un signe de tête et le basketteur acquiesce.

- D'accord. Un dernier conseil ? demande-t-il lorsque le coach siffle le rapprochement de ses troupes autour de lui.

- Ouais. Pense basket, joue basket, et respire basket. C'est le moment où t'es le plus efficace.

Il parvient à en rire en suivant son camarade de classe jusqu'au banc, où l'homme aux bras croisés le regarde faire, tentant de déterminer une dernière fois si c'est une bonne idée ou pas. Ce n'est pas comme s'il jouait un match important. Mais ça pourrait motiver quelqu'un d'autre à se dépasser, s'il cédait sa place. D'un autre côté, le dégager maintenant lui ruinerait le moral à lui.

- Ouais, on va essayer comme ça pour aujourd'hui, gamin. On fait comme à l'entrainement, dit-il en préambule. Les gars d'en face sont pas trop mal, c'est pas moi qui les entraine, mais l'autre prof' ne vous fera pas plus de fleurs que moi. Alors en pense équipe, on joue équipe et on respire équipe !

Obata fait un clin d'œil au basané qui retient un rire :

- T'aurais pu être coach, que ça ne se serait pas vu, lui chuchote-t-il.

L'autre lui donne un coup de coude, et les dernières instructions sont lancées. Aomine en profite pour se secouer une dernière fois :

- Depuis quand j'ai peur d'un match ?


Momoï arrive en gare complètement à bout de souffle. Le train siffle le départ, et elle monte dedans au dernier moment. L'ï arrive en gare complètement à bout de souffle. Le train siffle le départ, et elle monte dedans au dernier moment. L'accompagnatrice qui l'attendait dans la porte encore ouverte se faufile derrière elle, et elles cherchent des places libres sans un mot.

D'habitude bien plus bavarde l'apprentie journaliste se contente de regarder le paysage défiler, sans même la regarder. Elle fixe son appareil photo, ou plutôt son étui, nerveusement, triturant la hanse, la défaisant, la remettant.

Elles ne parlent pas pendant les une heure trente deux de voyage. Et Momoï se sent de plus en plus mal à l'aise, tout en essayant de rester immobile, ou de lire sur son téléphone. Sa voisine ne lui donne pas le loisir de respirer plus tranquillement que ça.

Quand elles arrivent, elles descendent rapidement, remettent leur sac sur leur dos, et s'élancent jusqu'à l'académie Kanshou, râlant entre les passants qui froncent les sourcils alors qu'elles ne courent même pas vraiment, et dans le cas de Momoï, la main fermement posée sur son précieux appareil.

Faire des photos aujourd'hui lui permettrait de faire un article comme personne n'aurait pu en faire ce mois-ci, et lui permettrait de se démarquer de ses camarades masculins qui ont facilement les meilleures entrevues avec les sportifs.

C'est plus difficile, quand on ne connait personne, et quand en plus, on est une fille. Parce que pour pas mal de monde, elle n'est que la secrétaire de quelqu'un, une personne qui leur ferait perdre du temps, ou pire. « Une minette ».

Et même si son article sera le plus neutre possible, parce que sinon, elle aura des soucis avec Kanshou, qu'elle ne donnera ni les résultats du match, ni les noms, et qu'elle ne se concentrera que sur Aomine, c'est la perle qu'elle attendait.

- Je vais photographier le premier match interne de Kanshou.

Elle sourit.

- C'est trop génial !

Les larmes en gouttes de pluieDes histoires addictives. Découvrez maintenant