Chapitre 27

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Aomine a l'impression de fondre, dans cet appartement. C'est le sixième qu'il visite avec ses parents, et l'isolation est trop mauvaise pour qu'il reste cinq minutes de plus à l'intérieur. L'été, l'endroit doit se transformer en four.

Il doit s'éponger le front en passant la porte d'entrée dans l'autre sens, sans attendre les adultes encore dedans. Il ne s'imagine dans aucun des appartements qu'ils ont visité. Et le pire, c'est qu'il ne sait pas comment faire pour se sortir de la tête...

- C'est loin de la gare, et il fait une chaleur à crever, accuse-t-il l'agent immobilier.

L'homme hausse les épaules, comme si ce n'était pas cet adolescent de dix-sept ans qui allait lui dire comment faire son travail, et le père prend les choses en mains.

- Nous avions précisé que ce devait être proche à la fois de l'école, et de la gare. Dans un quartier sûr. On ne demande pas la lune, il y a plein d'annonces, sur internet. Tous les appartements sont disponibles en ce moment.

C'était sûr, tous les étudiants avaient passé leurs examens, ou n'allaient pas tarder à le faire. ce qui veut dire que la plupart des dernières années ne seront plus là d'ici deux à trois semaines.

- J'ai, finit par dire le commercial, mais ce sera plus petit encore.

L'adolescent songea avec ressentiment que s'il pouvait l'enfermer dans un mouchoir de poche, il le ferait, mais n'ouvre pas la bouche. Il y a ses parents, quand même. Et puis... il ne faudrait pas que le petit homme en vienne à dire qu'il l'avait agressé. C'est facile de passer pour un méchant quand on a le regard noir, près de deux mètres de haut et quatre-vingt-quinze kilos de muscles visibles.

- Je vous emmène, dit-il d'une voix morne.

Ils passent devant l'école pour une énième fois dans le sens inverse, quand un étudiant les hèle de l'autre bout de la rue. Il sort par la grande porte, encore en survêtement, il transpire. Aomine songe avec satisfaction que ce grand type sort de l'entrainement. Enfin, grand, le mot est fort, parce que le gars est plus petit que lui de plusieurs centimètres.

- Vous cherchez un appart' ? demande-t-il en arrivant.

L'agent immobilier carre les épaules.

- Je vais vous laisser, j'ai d'autres rendez-vous cette après-midi. Rappelez-moi si vous vous décidez...

Les trois Aomine le regardent partir, avant de s'intéresser au basketteur.

- Moi, c'est Haru. Enchanté, dit-il en s'inclinant légèrement. Tu vas étudier là, pas vrai ? demande-t-il avec un sourire en coin.

L'adolescent acquiesce.

- Ouais.

- Génial, je ne serais pas là pour le voir, je termine, mais je te présenterais quelques personnes, si tu veux. Vous ne devez pas savoir comment ça marche ici, mais dans le quartier, on n'aime pas trop les agents immobiliers. Ils sont chers. Alors ça se fait entre les proprios et les locataires. C'est entièrement légal, ne vous en faites pas. Mais les agences ne fourrent pas leur nez dans les apparts'.

- Alors comment on fait ? demande la mère intriguée.

- C'est simple, les anciens locataires trouvent leur successeur. Et comme ça marche tout le temps comme ça, les meilleurs appartements, c'est nous qui les avons. J'ai pas encore refilé le mien, et j'ai deux potes qui n'ont pas encore trouvé quelqu'un non plus. Ça vous fait trois endroits à visiter, et à moins d'une rue d'ici à chaque fois.

- Et c'est loin de la gare ? demande Aomine.

Le gars sourit en secouant la tête.

- Nan.

Il n'a pas eu besoin d'expliquer son obsession pour la gare ferroviaire à ses parents. C'était évident qu'il ne voulait pas que Tsuchida marche trop longtemps jusqu'à chez lui, ou que ce soit difficile d'accès. D'un autre côté, c'était son seul caprice pour l'appartement. Ses parents l'avaient donc laissé faire sans s'en plaindre.

- On peut manger avant ? demande-t-il. J'ai la dalle.

Haru éclate de rire.

- Tu me plais, toi. Venez, je connais pas mal de coins sympa. Vous voulez manger quoi ? demande-t-il en prenant la tête du groupe.

L'étudiant les emmène au restaurent, puis dans les appartements. Il ne cache pas les détails ennuyants : le chauffe-eau souvent en panne, les problèmes de moisissures, les propriétaires inattentifs, mais en arrivant chez lui, dans le dernier, Aomine sent brusquement que ce sera celui là.

Il y a une chambre, la salle de bain est assez grande pour qu'il ne se cogne nulle-part, une machine à laver et un petit sèche linge sont dans un placard en dur, et la cuisine-salon-salle à manger lui semble plus que correcte. Le seul souci, c'est que tous les meubles seront à remplacer, sauf l'électroménager de base : plaques de cuisson, mini-four. Le reste est à Haru.

- Une fois mon bordel viré, je te jure qu'il y a de la place.

Il sourit. C'est ce qu'il se dit, lui aussi.

- Je te crois.

- Et viens voir, ça va te plaire, sourit l'étudiant de plus belle.

Il le fait s'approcher de la fenêtre.

- Regarde. Sur le côté, la ruelle.

Il se penche un peu, et ouvre les yeux de surprise. De sa fenêtre, de l'autre côté d'une courte ruelle, il peut voir la gare sur le trottoir suivant.

- C'est parfait, ça... soupire-t-il ravi.

Comme un enfant, Haru éclate de rire :

- Pas vrai ? J'te laisse mon numéro ? Et si l'un des apparts' te plait, tu m'appelles ? Je te filerais leurs coordonnées.

- Ça m'va.

Ils se serrent la main. Et l'autre dit soudain :

- Je suis sûr de t'avoir déjà vu quelque part. Mais ton lycée, ça me dit à peine quelque chose. T'étais dans quel collège ?

- Teiko.

Haru se fige.

- Aomine, répète-t-il. De Teiko.

Son sourire se fait immense.

- Ben ravi d'avoir rencontré un p'tit d'la GM, mon gars. J'espère pouvoir te voir sur le terrain un de ses quatre. Pour discuter.

Aomine ricane.

- C'est ça, je t'appellerais.

Les larmes en gouttes de pluieDes histoires addictives. Découvrez maintenant