CHAPITRE 89

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Je me déteste moi-même, mais je ne peux pas me séparer de moi





















Il vous est déjà arrivé…De confondre un mot avec une caresse ? Un paragraphe de cours avec un préliminaire ? De lire “glucose” et d’avoir le clitoris qui s’échauffe ?

Non ?

Alors félicitations, vous êtes encore mentalement stable.

Parce que moi, il me suffit d’un stylo quatre couleurs, d’un schéma sur la digestion ou d’une citation de Spinoza pour perdre toute dignité.

Parfois je me demande, Où finit l’étude et où commence le fantasme ?Est-ce qu’une table de travail peut devenir un autel sacrificiel où je pose mon esprit pour qu’il se fasse baiser par mes pensées ?.Est-ce que vous avez déjà eu envie de jouir entre deux formules de physique appliquée ?
Est-ce que ça vous est déjà arrivé de mouiller pour un devoir maison ?

Moi, oui.

Et ce soir, je suis exactement là-dedans. Entre le réel et l’imaginaire. Entre mes fiches de révision et mes pulsions sexuelles. Entre la honte et l’envie de recommencer.

Je suis dans ma chambre. Fenêtre légèrement ouverte, laissant un courant d'air frais se diffuser dans toute la pièce. Livre de SVT grand ouvert sur le bureau. Et jambes croisées dans l’espoir naïf de museler mon clitoris.

Spoiler : ça ne marche pas.

Je lis la consigne.

Expliquez le rôle des glandes surrénales dans la régulation du stress.”

Mon stress, il s’appelle Divanos.

Son prénom m’agresse le cerveau à chaque page tournée. Je ferme les yeux une seconde, question de l'effacer de ma mémoire et de me concentrer à plein temps sur cette épreuve.

Erreur fatale.

Je me revois, dans mon fantasme numéro 28 : dos contre un mur, sa main sous ma jupe, son souffle au creux de mon oreille. Je supplie sans parler. Mon cœur cogne comme s’il était lui aussi excité. Mon corps entier, en sueur, tendu, prêt.

Puis je rouvre les yeux. Je suis juste seule. Avec une putain de leçon sur le cortisol. Et une culotte que je pourrais essorer.

Est-ce que je suis normale ?

Genre, il existe des stats officielles sur le nombre de filles qui mouillent en lisant des sujets de bac blanc ? Parce que perso, j’atteins un niveau où la simple phrase "cycle cellulaire et mitose” devient l’introduction d’une scène de baise mentale.

Et le pire, c’est que j’ai jamais couché avec qui que ce soit. Même pas un doigt timide, un doigter qui vous fait crier au clair de lune, rien. Tout est imagination. Un porno interne sponsorisé par mon manque de dignité.

Mais plus gros problème, c’est que ce mec-là, il est réel.

Il existe.

Il respire.

Juste l'effet de savoir que ce n'est pas l'un de ses acteurs intouchables physiquement, me tué, parce que oui, lui et moi sont dans le même espace temps, ce qui veut dire qu'un fantasmes n'est pas une mine à boire.

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